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Sommes-nous égaux face à la douleur de nos semblables ?

Publié le par Bernard Pradines

Images extraites de la publications : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6870998/ (Han et al, 2020)
Images extraites de la publications : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6870998/ (Han et al, 2020)

Images extraites de la publications : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6870998/ (Han et al, 2020)

L’étude de l’empathie à la douleur passe désormais par l’imagerie cérébrale de ceux à qui on présente l’image d’une personne souffrante. Pour les soignants, ces résultats doivent encourager à l’écoute et à l’interdisciplinarité lors la détection et de l’évaluation de la douleur.

C'est ce que nous suggère déjà l'étude d’Osborn publiée en 2009 (Osborn et al, 2009). Des images ou de courts clips montrant des situations douloureuses sont présentés à des sujets non douloureux. Approximativement un tiers d'entre eux font état d'une authentique expérience douloureuse lors du visionnement de ces scènes. Parmi les « répondeurs », dix d'entre eux sont comparés à dix « non-répondeurs » dans une étude avec IRM encéphalique. On présente alors à tous les sujets des images fixes de situations douloureuses. Les répondeurs activent des aires cérébrales en relation avec les sensations et les émotions éprouvées lors d'une expérience douloureuse. Ceci contraste avec les non-répondeurs qui activent très peu ces zones.

Cette étude est fort instructive quant aux disparités observées lors de l'hétéroévaluation de la douleur chez la personne âgée non verbalisante. 

La subjectivité de l'observateur est un élément majeur de l'appréciation clinique. Ces constats demandent encore à être précisés. Mais il est troublant de constater que des marqueurs d’imagerie encéphalique d’empathie à la douleur peuvent être différents selon un critère aussi trivial que l’attractivité du visage (Kopis et al, 2020). Tremblay retrouve aussi des variations interindividuelles face à des représentations faciales de douleur (Tremblay et al, 2020). Autre exemple, une relation entre empathie à la douleur d’autrui et le fait d’être un consommateur excessif d’alcool a été mise en évidence par Rae (Rae et al, 2020). L’épilepsie essentielle pourrait aussi jouer un rôle (Jiang et al, 2020) négatif sur l’empathie à la douleur.

Ainsi, les résultats de diverses études récentes sont troublants et pourraient nous aider, encore timidement, à comprendre pourquoi nous n’avons pas tous la même aptitude à ressentir la douleur d’autrui. Ceci aura des conséquences philosophiques, anthropologiques  et psychologiques considérables. Pour les soignants, c’est la modestie individuelle qui est au rendez-vous du travail en équipe et de l’écoute des autres témoins de la personne douloureuse.

Références :

  • Osborn J, Derbyshire SW. Pain sensation evoked by observing injury in others. Pain. 2010;148(2):268-274. doi:10.1016/j.pain.2009.11.007
  • Kopiś N, Francuz P, Zabielska-Mendyk E, Augustynowicz P. Feeling Other People's Pain: An Event-Related Potential Study on Facial Attractiveness and Emotional Empathy. Adv Cogn Psychol. 2020;16(2):169-175. Published 2020 May 29. doi:10.5709/acp-0294-8
  • Tremblay MB, Marcoux A, Turcotte V, et al. I Can But I Shall Not Always Be Empathic [published online ahead of print, 2020 Aug 5]. Psychol Rep. 2020;33294120945180. doi:10.1177/0033294120945180
  • Rae CL, Gierski F, Smith KW, et al. Differential brain responses for perception of pain during empathic response in binge drinkers compared to non-binge drinkers. Neuroimage Clin. 2020;27:102322. doi:10.1016/j.nicl.2020.102322
  • Jiang Y, Zhu M, Yu F, Wang K. Impaired empathy in patients with idiopathic generalized epilepsy: An event-related potentials study [published online ahead of print, 2020 Jul 18]. Epilepsy Behav. 2020;111:107274. doi:10.1016/j.yebeh.2020.107274
  • Images :  Han S, Fan Y, Xu X, et al. Empathic neural responses to others' pain are modulated by emotional contexts. Hum Brain Mapp. 2009;30(10):3227-3237. doi:10.1002/hbm.20742

 

 

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Distance un mètre : sécurité très relative

Publié le par Louis Lacaze

Distance un mètre : sécurité très relative

Les distances de sécurité pour se protéger du SARS-CoV-2 ne sont pas aussi faciles à définir que pour les autoroutes. L’OMS recommande 1 mètre, certains pays 2 mètres. L’institut de technologie de Kyoto et des universitaires américains ont travaillé sur des simulations de diffusion de particules aux dimensions d’un virus dans un espace fermé. Dans d’autres conditions les observations sont différentes.

Les phrases qui suivent sont inspirées des légendes des images illustrant le texte cité dans les sources

Une forte toux peut évacuer un quart de cuillère à café de fluide qui dans cette étude va se diffuser dans un espace clos de 180 m2.

Les gouttelettes les plus grosses peuvent être projetées au-delà de 2 mètres puis se déposer. Les gouttelettes plus fines, sous forme d’aérosols, vont se disperser plus loin pendant 20 minutes. Une toux va projeter des particules à 5 m et un éternuement à 8 m.

Il serait dangereux de ne s’intéresser qu’à la toux et à l’éternuement : les études portant sur la grippe ont montré qu’il était possible de transmettre des contaminants simplement par la parole et la respiration. Une personne qui parle pendant 10 minutes dans un espace confiné peut émettre autant de particules contaminantes qu’une toux.

Il serait donc très risqué de penser qu’un ou deux mètres représentent une distance de sécurité suffisante, il est impératif de porter un masque hors de chez soi. Même s’il ne protège pas contre les aérosols un modèle simple arrêtera les grosses gouttelettes. Si le porteur est contaminé son masque fait maison va arrêter les grosses gouttelettes et en ralentissant la vitesse de diffusion de l’aérosol il va aussi protéger les autres.

VOUS NE RESTEZ PAS CHEZ VOUS ? MASQUEZ-VOUS !

Commentaires de Bernard Pradines

Ainsi, la projection à distance est difficile à évaluer dans la vie de tous les jours. La persistance éventuelle de la contagiosité des particules projetées renforce, après les recommandations concernant le masque, la distance et le milieu clos à éviter ou à ventiler, la nécessité du lavage des mains ou de leur désinfection régulière, par exemple toutes les heures en  cas d’absence de point d’eau.

 Source :

Yuliya Parshina-Kottas, Bedel Saget, Karthik Patanjali, Or Fleisher and Gabriel Gianordoli The New-York Times

Publié dans Covid-19

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