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L’urgence palliative

Publié le par Bernard Pradines

Nous n’avons que très peu la pratique de l’urgence palliative. Celle-ci survient généralement lors d’une asphyxie ou d’une hémorragie qui sont brutales dans un contexte de maladie mortelle.

Face au Covid-19 et à ses dégâts considérables qui sont à même de bloquer tout recours à la réanimation, nous devons nous préparer au mieux à une situation nouvelle pour notre génération : l’urgence palliative.

 

Elle consiste en pratique dans une présence humaine compétente et dans l’administration de médicaments qui visent à soulager rapidement un ou des symptômes inconfortables dans un contexte gravissime. Ici, c’est la difficulté à respirer que nous appelons la dyspnée. Une sédation s’impose  lorsque celle -ci devient très grave chez un patient qui ne doit pas ou ne peut pas bénéficier de la réanimation.

Il convient donc rapidement que des protocoles soient établis, que les stocks de médicaments soient vérifiés et/ou complétés et que l’organisation de nos soins y soit prête.

C’est une urgence.

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Prendre en compte la fragilité des seniors

Publié le par Louis Lacaze

Les premiers mots du médecin épidémiologiste ont été : « Lavez-vous les mains pendant au moins 20 secondes ! » avant d’expliquer le mécanisme de diffusion du virus. La période d’incubation varie de 2 à 15 jours, le virus s’attaque au nasopharynx, le porteur est fortement contaminant alors qu’il peut ne présenter que de légers signes de maladie. Comme il n’existe pas d’immunité naturelle ni de vaccin, on estime qu’une personne porteuse du virus va en contaminer de 2,2 à 2,8. Si cette chaîne n’est pas brisée, l’afflux de malades dans les hôpitaux dépassera leur capacité d’où l’intérêt d’aplatir la courbe de progression.

Le taux de mortalité de la grippe est d’environ 0.1% à 0.2% le taux est ici de 2%. La différence est énorme ! Il est impératif d’exposer à la population le bien fondé des mesures visant à diminuer l’impact du virus, lavage des mains, restriction draconienne du nombre de sorties, distances à respecter entre les personnes, isolation des malades.

Les personnes âgées courent le risque de se retrouver socialement isolées. La société devra veiller à ce qu’elles reçoivent de la nourriture, des soins, se lavent fréquemment les mains, puissent communiquer en cas de besoin. Les médecins recommandent à la population de vérifier les conditions de vie de leurs voisins âgés, aux aidants et aux professionnels de la santé de suivre les plus fragiles par téléphone ou par télémédecine

Les résidents des EHPAD sont souvent atteints de comorbidités. Ils sont particulièrement vulnérables. Leur personnel est en sous-effectif, dépourvu matériel de protection suffisant, masques, lunettes, gants. Au cours de leurs visites les médecins cités ont pu être choqués de constater que seulement de 27 à 30% des soignants se lavaient les mains en entrant dans une salle et environ 50% en sortant. Ils reprennent leur exhortation de départ : lavez-vous les mains !

Commentaires de Bernard Pradines.

Les données exposées ci-dessus correspondent aux connaissances actuelles évolutives. L’objectif affiché par cette publication et par les autorités sanitaires et politiques est bien de diminuer l’afflux dans les hôpitaux, aux USA comme en France.

Il convient toutefois de préciser que les attitudes thérapeutiques vont dépendre de ce que nous, soignants, appelons dans notre jargon « le terrain ». Il s’agit en pratique de prendre en compte les facteurs de risque, en particulier ceux qui sont liés à la mortalité en réanimation, quelles que soient les mesures thérapeutiques et de surveillance qui seront entreprises. Cette situation, contrairement aux idées reçues, est habituelle en temps ordinaire. Elle est souvent faussement qualifiée d’éthique alors qu’il s’agit d’abord de peser le rapport bénéfice / risque en évitant en particulier l’acharnement thérapeutique désormais qualifié d’obstination déraisonnable.

L’aspect particulier aux catastrophes dans le sens anglo-saxon de « disaster » est justement de submerger les moyens habituels qui sont opposés à une agression, quelle que soit sa nature. Par  cette définition,  on comprend que la situation actuelle de notre pays implique l’insuffisance des moyens par rapport à ceux qui sont raisonnablement  mobilisables en période habituelle. Cette distinction sera de première importance lorsque le bilan de cette crise sera établi.

Source : 

Publié dans Covid-19, prévention

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