Errare humanum est
Après une carrière médicale, qui peut prétendre n’avoir toujours posé que des bons diagnostics, proposé et appliqué que des bonnes thérapeutiques ?
Qui n’a jamais constaté, chez soi-même et chez ses collègues et collaborateurs, la moindre erreur, de la plus légère à la plus préoccupante ? Concrètement, dans mes spécialités d’anesthésie-réanimation et de gériatrie, n’ai-je jamais eu rien à me reprocher ? N’ai-je que de bons souvenirs des moments partagés avec les chirurgiens avec qui j’ai exercé ou encore avec les infirmiers et les infirmières ? Toutes et tous parfaits en tous lieux et en tout temps ? Certes les effets indésirables graves sont rares à l’échelle d’une carrière. Mais ils n’en existent pas moins !
Désormais, ces événements sont officiellement qualifiés d’effets indésirables médicaux graves, encore appelés évènements indésirables graves associés aux soins (EIGS). Ils font l’objet d’un rapport annuel de la Haute Autorité en Santé (HAS), le dernier portant sur l’année 2024. Ce huitième rapport annuel porte sur 16 060 déclarations d’EIGS reçues à la HAS de mars 2017 au 31 décembre 2024.
Bien que les EIGS fassent encore l’objet d’une sous-déclaration importante, l’augmentation des cas rapportés auprès des ARS et de l’HAS ne fait heureusement que croitre (voir figures ci-dessous) issues du rapport abrégé.
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Il me semble important d’insister sur la qualité des déclarations d’EIGS qui est détaillée dans le document cité et en lien ci-dessus. Surtout, la diffusion de tels événements, peu pratiquée au vingtième siècle par crainte de susciter la peur des patients, devrait faire l’objet de toutes les attentions. En effet, au-delà des aspects de contestation menant à des compensations financières des victimes, c’est la prévention du renouvellement de tels événements qui est en jeu. A contrario, si le silence et la discrétion l’emportent, les mesures adéquates ne seront pas prises et diffusées.
Pour résumer mon propos, le problème des EIGS est certes celui de leur survenue. La recherche des responsabilités demeure d’actualité. Mais c’est de la manière de considérer ces événements, avec réalisme et courage, sans la stigmatisation pour seul horizon, que l’avenir désirable dépend.
Commentaires de Marie-Christine Montandon :
En diffusant une culture positive de la déclaration et en ne stigmatisant pas d'emblée les personnes responsables, on vise l'amélioration des pratiques. Trop longtemps a été prônée la culture de la délation, de la honte, de la punition.
Le problème, actuellement, c'est tout de même la dégradation des conditions d'exercice (déficit en personnels, travail sous tension ...) avec parallèlement, une avancée et peut-être, une complexité accrue de certaines pratiques, sans forcément assez de temps d'apprentissage et d'encadrement nécessaires à leur maîtrise.
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