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infirmiers

Errare humanum est

Publié le par Bernard Pradines

Annonce d'une formation trouvée sue web, pas forcément d'actualité

Annonce d'une formation trouvée sue web, pas forcément d'actualité

Après une carrière médicale, qui peut prétendre n’avoir toujours posé que des bons diagnostics, proposé et appliqué que des bonnes thérapeutiques ?

Qui n’a jamais constaté, chez soi-même et chez ses collègues et collaborateurs, la moindre erreur, de la plus légère à la plus préoccupante ? Concrètement, dans mes spécialités d’anesthésie-réanimation et de gériatrie, n’ai-je jamais eu rien à me reprocher ?  N’ai-je que de bons souvenirs des moments partagés avec les chirurgiens avec qui j’ai exercé ou encore avec les infirmiers et les infirmières ?  Toutes et tous parfaits en tous lieux et en tout temps ? Certes les effets indésirables graves sont rares à l’échelle d’une carrière. Mais ils n’en existent pas moins !  

Désormais, ces événements sont officiellement qualifiés d’effets indésirables médicaux graves, encore appelés évènements indésirables graves associés aux soins (EIGS). Ils font l’objet d’un rapport annuel de la Haute Autorité en Santé (HAS), le dernier portant sur l’année 2024. Ce huitième rapport annuel porte sur 16 060 déclarations d’EIGS reçues à la HAS de mars 2017 au 31 décembre 2024.  

Bien que les EIGS fassent encore l’objet d’une sous-déclaration importante, l’augmentation des cas rapportés auprès des ARS et de l’HAS ne fait heureusement que croitre (voir figures ci-dessous) issues du rapport abrégé.

Il me semble important d’insister sur la qualité des déclarations d’EIGS qui est détaillée dans le document cité et en lien ci-dessus. Surtout, la diffusion de tels événements, peu pratiquée au vingtième siècle par crainte de susciter la peur des patients, devrait faire l’objet de toutes les attentions. En effet, au-delà des aspects de contestation menant à des compensations financières des victimes, c’est la prévention du renouvellement de tels événements qui est en jeu. A contrario, si le silence et la discrétion l’emportent, les mesures adéquates ne seront pas prises et diffusées.

Pour résumer mon propos, le problème des EIGS est certes celui de leur survenue. La recherche des responsabilités demeure d’actualité. Mais c’est de la manière de considérer ces événements, avec réalisme et courage, sans la stigmatisation pour seul horizon, que l’avenir désirable dépend.

Commentaires de Marie-Christine Montandon :

En diffusant une culture positive de la déclaration et en ne stigmatisant pas d'emblée les personnes responsables, on vise l'amélioration des pratiques. Trop longtemps a été prônée la culture de la délation, de la honte, de la punition.

Le problème, actuellement, c'est tout de même la dégradation des conditions d'exercice (déficit en personnels, travail sous tension ...) avec parallèlement, une avancée et peut-être, une complexité accrue de certaines pratiques, sans forcément assez de temps d'apprentissage et d'encadrement nécessaires à leur maîtrise.

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L’engouement pour la mort assistée (23) : les causes des euthanasies, illégales avant 2024

Publié le par Bernard Pradines

Source : https://www.doctissimo.fr/html/dossiers/euthanasie.htm

Source : https://www.doctissimo.fr/html/dossiers/euthanasie.htm

Difficile, voire impossible par définition, de trouver des données relatives aux facteurs qui contribuent aux euthanasies humaines, illégales jusqu’à présent dans notre pays. Même en Belgique, pays les ayant légalisées en 2002, cette problématique persiste.

Je me fonderai donc seulement sur des témoignages entendus ici ou là dans le monde médical qui est le mien.

La demande du patient ou de sa famille constitue le premier motif afin d’en finir avec une situation jugée insupportable. Difficile toutefois, dans ces cas, d’apprécier l’impossibilité de procurer un soulagement de la douleur et des autres symptômes pénibles de la fin de vie.

Cette même incapacité à soulager peut trouver son origine dans des facteurs isolés ou imbriqués :

-l’absence de formation des soignants, médecins ou non, en soins palliatifs. Longtemps, nos pratiques soignantes en fin de vie demeurèrent sommaires, voire ne concernaient pas forcément les médecins. La réputation de simplement « tenir la main » servait trop souvent d’alibi pour un désengagement au profit des « malades qui en valent la peine ».

-l’absence de disponibilité des soignants du fait du caractère réputé « chronophage » de l’accompagnement en fin de vie.

-la volonté du patient de finir ses jours à domicile, revendication nettement majoritaire si l’on se fonde sur les enquêtes d’opinion, lieu où la disponibilité soignante et de certains dispositifs peut être rédhibitoire. Il en va de la difficulté voire l’impossibilité de mettre en œuvre une sédation profonde et continue maintenue jusqu’au décès dans ce cadre. Seuls des soignants formés et disponibles, très motivés, peuvent assurer une telle prestation, surtout si l’environnement humain du patient est défaillant. Cette fin de vie devient alors rapidement « trop longue » pour une famille épuisée.

-la nécessité de « faire de la place » dans des établissements de soins de plus en plus contraints. Je retransmets intégralement l’ordre donné à une infirmière de nuit : « demain, je ne veux plus le voir ».

- une émotivité, une compassion, un isolement soignant, ont pu mener à franchir le Rubicon. Exemple : la tentation est grande si une infirmière travaillant de nuit, sans possibilité de recours, assiste sans prescription anticipée à une souffrance jugée insupportable.

Saurons-nous un jour sortir « par le haut » de cette exigence croissante d’accompagnement de qualité ? Sans recourir aux mesures radicales annoncées ?

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