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Un an de Covid

Publié le par Bernard Pradines

Un an de Covid

Article paru dans AgeVillagePro le 24 mars 2021

Une année, une éternité. Tirer des leçons définitives ? Présomptueux !

Beaucoup ne sont plus parmi nous. Une catastrophe, au sens anglophone du mot « disaster », c’est le débordement des moyens disponibles pour la contrer. Se révèlent leurs forces et leurs faiblesses.

Confirmations et démentis sont au rendez-vous. Est-ce la démonstration de notre savoir et de nos croyances ? Avec plus ou moins de félicité.

D’abord quelques confirmations de nos pressentiments.

Qui savait les débats scientifiques forcément contradictoires voit le triomphe du doute chez des néophytes ébahis.

Qui connaissait la recherche scientifique d’abord étique avant d’être éthique est conforté ; tiens, la concurrence y est délétère, là aussi !

Qui prêchait pour des médecines « alternatives », bien sûr désintéressées, est sanctifié par le succès de perlimpinpin et autres solutions miracles ; sans parler de ceux pour qui le karma est de mourir et que les karmas doivent s'assumer !

Qui pointait les injustices est gâté par les inégalités de mortalité et de morbidité selon les classes sociales.

Qui pensait que la planète se venge de notre mépris est comblé ; déforestez, petits malins !

Qui observait la société du spectacle est ravi des figures de style médiatiques.

Qui avait découvert une conspiration occulte trouve de nouveaux adeptes ; obscurantisme et hold-up sur la vérité ! Les responsables un brin coupables ne manquant pas, on se demande pourquoi il faut inventer des boucs émissaires.

Comme nous sommes ici entre défenseurs des personnes âgées vulnérables, savourons ce moment avec humilité contrite.

Qui prêchait au désert quant à la condition faite aux anciens est enfin gratifié ; à la première brise printanière soufflée par un invisible, « liberté d’aller et de venir » et « comme chez soi » se sont envolés. Revoilà le bon vieux temps quand une canicule nous avait surpris en 2003 faute de l’avoir envisagée.

Pourtant, les démentis ne sont pas en reste.

Qui doutait de la solidarité collective voit prioriser la vaccination pour les plus vulnérables.

Qui se croyait égoïste rejoint la cohorte de celles et ceux qui se dévouent bénévolement auprès des plus faibles, jeunes ou vieux, s’épuisant voire se sacrifiant dans sa profession soignante.

Qui envisageait l’externalisation des productions de médicaments comme une bénédiction de la « main invisible », ouvre les yeux sur les dégâts de la marchandisation.

Qui voyait dans l’hôpital un Moloch dévorant la société de ses féroces appétits est consterné devant des « tensions » qui sont le gentil nom des pénuries.

Qui exerçait des métiers subalternes est enfin célébré à défaut d’être honoré, telles les aides à domicile. La relation humaine s’est révélée cruciale au grand âge si souvent solitaire et plus tôt dans la vie.

Qui ne doutait de rien, toujours sûr de lui et de l’organisation du monde, doit chausser d’autres lunettes. La « prise de conscience » de la condition des âgés fragiles, tant attendue, prônée par les éternels grincheux isolés, est-elle au rendez-vous ? 

Oui, nous avons rencontré l’humanité souffrante des siècles passés et la foule de nos semblables accablés dans les pays défavorisés : celle de nos missions humanitaires.

Oui, nous avons souffert, perdu des proches et des personnes âgées devenues nos amies ; nous avons appris pour la, pardon, les prochaines fois.

Publié dans Covid-19, éthique

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Réticences devant le vaccin : comment convaincre et ne pas contraindre

Publié le par Louis Lacaze

Réticences devant le vaccin : comment convaincre et ne pas contraindre

Après avoir constaté que dans les établissements d’accueil des personne âgées le pourcentage des résidents vaccinés était supérieur à celui du personnel, des gériatres américains ont organisé des visioconférences visant à vaincre les résistances éventuelles.

Le nombre de participants à ces rencontres à distance, diffusées par Zoom, ne dépasse pas dix pour que les participants puissent poser toutes leurs questions. Aucune sélection n’est appliquée à l’inscription, les orateurs chevronnés sont les bienvenus, qu’ils soient pro ou anti vaccins : ils offrent une garantie de bonne écoute. Il n’y a pas de projections Powerpoint, l’échange démarre immédiatement par les questions, chacun exposant ses inquiétudes. Les justifications se répètent : « je l’ai entendu dire », « j’ai lu que », « un ami m’a mis au courant », « le Livre des Révélations dit que si je me fais vacciner je serai damné ».

En premier lieu, les animateurs assurent que les inquiétudes exposées sont logiques, que le but de la réunion n’est pas de convaincre les participants de se faire vacciner mais d’apporter une information solide qui aidera chacun à prendre sa décision en connaissance de cause. La technique du dialogue est bien rodée : une phrase à éviter dans une réponse : « pourquoi croyez-vous que le vaccin de Pfizer rende stérile » ? Elle est remplacée par : « je comprends que toutes les femmes en âge de procréer aient paniqué quand elles ont entendu parler de ce risque, moi aussi j’ai paniqué. J’ai fait des recherches, et si j’avais trouvé cet effet adverse, je refuserais le vaccin. Mais j’ai compris qu’il ne touchait pas à l’ADN et ne pouvait pas le modifier ». Personnaliser le discours en citant son cas personnel, celui d’un proche ou d’un membre de sa famille est un puissant moyen de retenir l’attention. 

Comme beaucoup de participants ne connaissent pas le mode d’action des vaccins, il s’agit de mettre à leur disposition une feuille de route mettant à leur portée une recherche sérieuse. Les résultats des surveillances de la pharmacovigilance permettent de désamorcer les inquiétudes quand elles révèlent par exemple qu’on ne rencontre qu’un cas de thrombose pour 158 000 vaccinés avec le vaccin AstraZeneca*, risque bien mince comparé à la protection apportée.

Une forte motivation à agir pour le bien des résidents en leur apportant un maximum de sécurité caractérise une grande majorité du personnel. La prendre en compte doit permettre d’éviter une vaccination obligatoire, vivement déconseillée. Les mesures coercitives ne créent pas un climat de confiance mais de méfiance qui peut se révéler contagieuse. L’image de la catégorie du personnel concernée se retrouverait détériorée. Pourquoi ne pas remplacer la contrainte par des messages valorisants, comme un T-shirt avec l’inscription « Je suis vacciné, je vous protège ? ».

Commentaires de Bernard Pradines : ceci dit, il serait important que les soignants soient au fait de la détection précoce et des traitements de ces effets indésirables rares mais somme toute redoutables. Voir au jour du 29 mars 2021 : https://free-geriatrics.overblog.com/2021/03/references-notables-de-bibliographie-sur-la-covid-19.html

* France, avril 2021 ANSM 20210326, lien ci-dessous.

Source :

Publié dans Covid-19

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