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Les épreuves de l’aidante peuvent avoir des compensations

Publié le par Louis Lacaze

Tous les soignants savent que s’occuper d’une personne âgée dévore du temps, de l’énergie, de l’argent, exige des efforts continuels. Il serait bon de s’interroger sur les apports positifs susceptibles d’accompagner cette situation. Des spécialistes américains en énumèrent dix.

 

1. Vous avez la satisfaction de vous détacher d’une routine quotidienne et d’enrichir votre vie.

2. Vous vous évadez de préoccupations purement matérielles - la voiture, le téléphone, internet – pour faire appel à des réactions plus nobles : générosité, compassion.

3. Si vous étiez très proche du senior, vous vous rapprocherez davantage d’elle ou de lui et pourrez atteindre un niveau d’intimité supérieur.

4. Et si vous ne vous en sentiez pas particulièrement proche, l’occasion se présente de le devenir. Vous aurez l’occasion d’aborder d’anciens points conflictuels, de clarifier des situations délicates.

5. Accompagner un senior vous permettra parfois de prendre conscience de la brièveté de la vie et de distinguer l’essentiel du secondaire.

6. Une étude (voir fichier lié ci-dessous en téléchargement) a montré que 35% des aidants qui accompagnent une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer déclaraient se sentir plus proche d’elle qu’auparavant.

7. Vous devenez réaliste et ne prétendez pas tout maîtriser. Vous reconnaissez vos limites.

8. Vous serez plus à l’aise pour aborder des sujets autrefois tabous, la vie, la mort. De plus vous vous sentirez libéré(e) pour aborder ces sujets avec vos enfants.

9. Vos enfants sont témoins de votre action. Visiter un grand-parent leur offre une perspective différente de la vie éloignée et de l’égoïsme ambiant.

10. Accompagner un senior vous permet de découvrir les étapes qui marqueront votre vie future et de réfléchir à l’organisation de votre propre vieillesse.

 

Le simple fait de voir un sourire éclairer le visage de votre mère quand vous vous approchez, de la voir se détendre pendant que vous la coiffez vous fait comprendre que vous êtes un plus. N’est-ce pas ce que la plupart des gens désirent, être un plus ?

 

Source :

Publié dans aidants

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Comment trouver le mot juste devant la fin d’une vie

Publié le par Louis Lacaze

Comment trouver le mot juste devant la fin d’une vie

Anne Smith a accompagné le lent cheminement de sa mère vers son décès

Après avoir passé cinq jours auprès de ma mère à observer sa poitrine qui se soulevait et s’abaissait lentement, à compter les doses de calmants qu’on lui administrait ainsi que les jours où elle n’avait été ni alimentée ni hydratée, j’ai demandé à l’infirmière combien de temps elle allait encore résister.

- « Ça peut durer, à 87 ans votre mère est forte, elle se bat ».

- « Elle se bat contre quoi ? Contre la mort ? Contre la vie ?».

Le mot m’a révoltée. Se battre est un verbe d’action. On se bat avec un objectif bien défini. J’aurais aimé hurler : «  mais non ! Elle ne rassemble pas ses forces, elle ne stocke pas de munitions, elle ne suit aucune stratégie. Son corps n’est qu’un piège qui la retient, elle est tout à fait incapable de se battre ».

Le personnel pouvait-il  comprendre que le mot était pour moi une torture : votre mère se bat alors que vous vous avez décidé de ne plus l’alimenter et l’hydrater pour hâter sa fin. Elle se bat et vous êtes furieuse parce qu’elle ne meurt pas assez vite.

Je me suis documentée, j’ai appris qu’on pouvait vivre plus de 17 jours sans nourriture et sans eau. J’ai prié pour ne pas avoir à attendre aussi longtemps. J’ai aussi appris qu’au moment de la mort tous les muscles se détendaient. J’ai jugé le mot réconfortant, acceptable. Je lui ai dit que l’aimais, je suis restée auprès d’elle à attendre qu’elle se détende. Et le neuvième jour, comme je lui tenais la main elle s’est enfin détendue.

 

Commentaire de Bernard Pradines :

La dimension de lutte, de combat, a déjà été remise en question pour cette phase de la vie. Au-delà de la discussion de fond sur ce texte et de l’analyse des sentiments qui animent son auteur, l’importance des mots et du contexte dans lequel ils sont prononcés doivent retenir notre attention. Nous retrouvons ici encore le hiatus entre soignants et familles : les premiers s'interrogent sur le "comment" et les secondes sont d'abord préoccupées par le "quand".

 

Source

Anne Smith :

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