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Comment trouver le mot juste devant la fin d’une vie

Publié le par Louis Lacaze

Comment trouver le mot juste devant la fin d’une vie

Anne Smith a accompagné le lent cheminement de sa mère vers son décès

Après avoir passé cinq jours auprès de ma mère à observer sa poitrine qui se soulevait et s’abaissait lentement, à compter les doses de calmants qu’on lui administrait ainsi que les jours où elle n’avait été ni alimentée ni hydratée, j’ai demandé à l’infirmière combien de temps elle allait encore résister.

- « Ça peut durer, à 87 ans votre mère est forte, elle se bat ».

- « Elle se bat contre quoi ? Contre la mort ? Contre la vie ?».

Le mot m’a révoltée. Se battre est un verbe d’action. On se bat avec un objectif bien défini. J’aurais aimé hurler : «  mais non ! Elle ne rassemble pas ses forces, elle ne stocke pas de munitions, elle ne suit aucune stratégie. Son corps n’est qu’un piège qui la retient, elle est tout à fait incapable de se battre ».

Le personnel pouvait-il  comprendre que le mot était pour moi une torture : votre mère se bat alors que vous vous avez décidé de ne plus l’alimenter et l’hydrater pour hâter sa fin. Elle se bat et vous êtes furieuse parce qu’elle ne meurt pas assez vite.

Je me suis documentée, j’ai appris qu’on pouvait vivre plus de 17 jours sans nourriture et sans eau. J’ai prié pour ne pas avoir à attendre aussi longtemps. J’ai aussi appris qu’au moment de la mort tous les muscles se détendaient. J’ai jugé le mot réconfortant, acceptable. Je lui ai dit que l’aimais, je suis restée auprès d’elle à attendre qu’elle se détende. Et le neuvième jour, comme je lui tenais la main elle s’est enfin détendue.

 

Commentaire de Bernard Pradines :

La dimension de lutte, de combat, a déjà été remise en question pour cette phase de la vie. Au-delà de la discussion de fond sur ce texte et de l’analyse des sentiments qui animent son auteur, l’importance des mots et du contexte dans lequel ils sont prononcés doivent retenir notre attention. Nous retrouvons ici encore le hiatus entre soignants et familles : les premiers s'interrogent sur le "comment" et les secondes sont d'abord préoccupées par le "quand".

 

Source

Anne Smith :

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Aides à domicile et domination rapprochée

Publié le par Bernard Pradines

Intéressante critique d'ouvrages dans le lien ci-dessous. Texte fort intéressant. Dommage que le problème ne soit abordé que sous l’angle de la domination. Il eut été intéressant de mesurer en quoi le fait d’être une femme et de remplacer la femme de la famille qui s’occupait des anciens puisse être fécond dans la réflexion. Au fond, "je fais ce que les femmes de la famille ne veulent plus faire" : le sale boulot. Dans cet esprit, je suis interpellé  par la notion de dysphorie à propos des urines et des selles. Encore une preuve de notre cécité devant notre animalité.

 

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