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Plainte : l’éteindre ou l’entendre 

Publié le par Bernard Pradines

Image issue du site : http://www.soccermascouche.com/www/SiteWP/formuler-une-plainte/

Image issue du site : http://www.soccermascouche.com/www/SiteWP/formuler-une-plainte/

La pratique gériatrique nous apprend que la plainte des personnes âgées, surtout quand elle est répétitive, est mal vécue par leur entourage. C’est le cas des familles qui supportent mal des lamentations, des gémissements qui peuvent littéralement les hanter. D’autant plus que la plainte est ressentie comme un appel à l’aide que l’on ne peut pas satisfaire. C’est aussi le cas des soignant·e·s quand elle prend l’aspect d’une revendication permanente qui accroît la culpabilité et l’impuissance face à la souffrance, remet en cause les sentiments gratifiants d’utilité.

Dans ces conditions, tous les facteurs inducteurs potentiels d’inconfort doivent bien sûr être envisagés, qu’ils soient considérés comme organiques, psychopathologiques ou environnementaux : douleurs, dyspnée, nausées, dépression, troubles anxieux ou psychotiques, maltraitance.

Pourtant, la tentation d’éteindre la plainte est souvent prioritaire sur tout diagnostic étayé. Ainsi, toute anxiété pourra être rapidement et durablement traitée par des anxiolytiques, au premier rang desquels les benzodiazépines ou les molécules apparentées. Tout trouble d’allure psychotique et tout comportement agressif, même verbal, risque d’indiquer immédiatement la prescription d’un neuroleptique. Toute tristesse pourra relever d’un antidépresseur.

C’est malheureusement sans compter sur les nombreux effets secondaires des médicaments. Si ceux-ci demeurent souvent indispensables, leur prescription systématique doit être interrogée : à qui sont-ils destinés ? Au patient ou à son entourage ? Après tout, n’est-il pas normal de se plaindre de tout nouveau renoncement imposé par la maladie et par l’âge ? Faut-il éteindre systématiquement la plainte ? Ou vouloir l’entendre et y répondre par l’écoute qui permet d’élaborer un indispensable diagnostic ?

 

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Placements financiers honteux et actionnariat sordide

Publié le par R.

Image issue du site : https://www.studentenpolis.nl/student-en-beleggen-bijverdienen-op-een-leuke-manier/

Image issue du site : https://www.studentenpolis.nl/student-en-beleggen-bijverdienen-op-een-leuke-manier/

Certaines publicités vous allèchent en proclamant : "Saviez-vous qu'il est possible de placer votre argent à 4,25% dans l'immobilier locatif sans risque et sans souci de gestion ?"

Pour moi qui ai travaillé dans de nombreux EHPAD, je déplore cette offre de placements financiers. Savez-vous que, si vous faites ce choix de gains et bénéfices juteux, vous cautionnez :

- les réductions de budget pour des repas décents pour vos propres parents ou proches : 4 euros pour 4 repas par jour. Êtes-vous capable de faire avec pour vous-même ?

- les réductions de protections pour vos proches en cas d’incontinence ; au point que les personnels soignants en arrivent à se voler ces matériels de toilette indispensables pour les personnes âgées qu'ils "préfèrent".

- les remplissages précipités des chambres après un décès, ne garantissant même plus l'hygiène des locaux pour la personne entrante.

- les repas de gavage : cinq ou six personnes nourries en même temps soit une cuillère pour l'un, puis une cuillère pour l'autre, à la queue leu leu, sans aucun respect pour l'individu ?

Personnellement, je me garderai d'un tel choix de placement financier, ou de devenir l’actionnaire de maisons de retraite. Même si je peux avoir envie de profits de placements à 4,25%, voire plus, car certains groupes vont jusqu'à offrir des intérêts de 15%. C’est participer à la maltraitance et à l'indignité envers nos aînés et nos propres parents !

Je voudrais ajouter une nuance : retenez en mémoire que toutes les maisons de retraite ne sont pas financées par ce sordide moyen d'actionnariat. Il faut distinguer les maisons de retraite développées par de gros groupes financiers, et celles soutenues par des communes ou CCAS, ou nées de la volonté de gens (parfois familles, ou professionnels) courageux et motivés par le bien-être de nos aînés ...

Si je peux m'autoriser à conseiller les familles : la loi autorise toute famille à examiner les comptes d'une maison de retraite : répartition des choix de dépenses. Alors, demandez donc les chiffres :

- une colonne des "entrées" : ce que les familles payent pour héberger et prendre soin de leur parent.

- une colonne des "sorties" : ce que la maison de retraite doit dépenser pour prendre soin ... Vous aurez ainsi une meilleure idée des dépenses indispensables et pourrez même exiger de choisir où passe l'argent ...

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