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Silence d'autrui : juste à respecter !

Publié le par Christiane Real, psychologue clinicienne.

Image issue de : https://tinyurl.com/29d56534

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Une présence chaleureuse, empathique, donc consciente de la différence et non imposée à autrui est la seule réponse à son silence. Une vraie rencontre, aimante, ne peut se développer que sur ces bases.

Sinon, nous serions dans une forme d'emprise ou de domination. Se joue dans la rencontre une confiance ; parfois une peur d'être trahi ou abusé.

Ce sont des situations fortes de la part d'un autre fatigué, usé, dépendant, ayant besoin qu'on le respecte dans son entier. Il peut n'avoir besoin que d'exprimer son mal-être, sa souffrance, auprès d'un autre.

Silencieux, il reste un ÊTRE avec son corps et son histoire de vie. Le savoir-être du psychologue impose de savoir supporter le silence. En toute vie, le lien est constant, la seule chose qui, parfois, peut demeurer au-delà est l'amour, en rapport avec le désir de vie.

Tout comme tout médecin doit être capable de renoncer à maintenir la vie.

J’ai vu nombre de jeunes étudiants stagiaires psychologues encombrés de leurs désirs d'exercer et d'être reconnus "bons", qui ont peur d'un premier contact verbal en entrant dans une chambre d'EHPAD. Je leur dis toujours de respecter le vide et le silence de la chambre, et de juste se présenter, en indiquant qu'ils sont là pour l'autre en tant que psychologue. C'est suffisant de venir dire bonjour ! Pas davantage. Alors, rares sont les personnes qui n'émettent pas un son, voire une question...

Un psychologue bien formé doit s'être confronté à ses propres angoisses de perte et du vide. C'est le préalable suggéré à de nombreux stagiaires psychologues : pas de "technique" ni de recettes. On s'appuiera sur notre désir et notre être. Lacan nous a enseigné à réfléchir aux racines du désir du psychologue. Pas de psychologue clinicien sans psychanalyse préalable à un exercice professionnel, sans avoir tiré au clair notre désir ! Cela devrait être un présupposé a ce type de formation très exigeante et à son exercice.

Peut-être aussi à la formation médicale ? Les groupes Balint en étaient un bon début dans cette voie.

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Un ange passe, cauchemar du visiteur en EHPAD

Publié le par Louis Lacaze

Un ange passe, cauchemar du visiteur en EHPAD

Tout visiteur peut se retrouver à court de sujets de conversation lorsqu’il se retrouve en face d’un résident et cherche désespérément comment rompre un silence qui s’éternise. Les psychologues proposent d’abord quelques bases à connaitre. Pendant une conversation la concentration est fluctuante, l’esprit vagabonde pendant le quart du temps, de courtes pauses sont donc tout à fait normales. On doit savoir interpréter les signes qu’une conversation s’épuise : les pauses s’allongent, il peut y avoir des petits rires artificiels, on reprend des choses dites un peu plus tôt.

Des techniques préventives existent qui demandent moins d’une minute de préparation et qui peuvent améliorer le flux de la conversation. D’abord éviter la question rituelle « comment allez-vous ?». Elle serait déplacée si la personne souffre, et ne peut apporter trop souvent qu’une réponse automatique qui ne débouchera sur rien. Les chercheurs sont catégoriques : une conversation se prépare. Les meilleures questions vont inviter les gens à parler d’eux-mêmes, la nourriture est une valeur sûre, la vie quotidienne, leurs activités passées. Changer fréquemment de sujet, environ toute les minutes, aboutit à une conversation plus satisfaisante.

Soigner la qualité de la parole doit s’accompagner d’une écoute qualifiée de réactive par les spécialistes qui va à la fois vous aider à prêter une attention plus grande aux paroles de votre interlocuteur et l’encourager à poursuivre la conversation. Une bonne écoute doit être ponctuée de réactions montrant que vous êtes attentif et intéressé. On peut paraphraser la phrase entendue, son auteur va confirmer et renforcer son discours. De brèves réactions comme « ah oui ? je vois, pas possible ! » seront aussi très efficaces.

Ne pas essayer de de rattraper un couteau qui tombe. Quand un sujet de conversation s’épuise changer immédiatement de direction, un nouveau sujet n’a pas besoin d’être drôle ou intelligent, simplement différent.  Quelques pistes sont suggérées : Comment occupez-vous vos journées (pas pour un grabataire). Quel est le pire conseil qu’on ne vous ait jamais donné ? ; avez-vous rencontré quelqu’un que vous avez trouvé extraordinaire ? ; à quoi croyez-vous que vous ne pouvez pas prouver ? Notons qu’une certaine subtilité va s’imposer pour aborder un sujet où ces questions paraitront parfaitement naturelles.

 Commentaires de Bernard Pradines. La présence du ou de la bénévole, aussi longtemps que souhaitable et surtout souhaitée par la personne visitée est l'élément qui doit surpasser toute impression de "cauchemar" lié au silence.

Référence :

Texte inspiré de Jancee Dunn The New-York Times  How to Avoid Awkward Holiday Conversation

… Prepping a few talking points … may seem forced, said Alison Wood Brooks, a professor at the Harvard Business School and the author of “Talk: The Science of Conversation and the Art of Being Ourselves.” But [she] found that just 30 seconds of brainstorming ahead of time improved the flow of conversation.

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