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ethique

L’engouement pour la mort assistée (29) : glissement libertaire, utilitarisme, néolibéralisme

Publié le par Bernard Pradines

Image issue de : https://fr.wikipedia.org/wiki/Utilitarisme

Image issue de : https://fr.wikipedia.org/wiki/Utilitarisme

Une nouvelle loi sur la fin de vie telle qu’envisagée avec obstination en France rejoindrait le concert de la plupart des nations généralement riches du monde occidental. En 27 ans seulement depuis la promulgation de la première loi sur le suicide assisté en Oregon (USA), les législations nationales se sont multipliées au point de représenter 22 états sur la planète si mon décompte est exact à ce jour.

Oubliée derrière les passions, une question est souvent mise sous le tapis : quels sont les facteurs qui ont fait basculer en si peu de temps tant de pays au point d’abandonner une éthique du soin refusant, depuis l’Antiquité, l’administration de la mort par le médecin ?

Nous avons essayé tout au long de ces 28 précédents billets de blog d’en dresser un tableau qui doit être complété. Ainsi, parmi les causes invoquées figure en bonne place l’individualisme revendiquant l’autonomie personnelle en matière de choix de vie, donc de fin de vie. Certains auteurs sont allés plus loin en s’interrogeant sur les déterminismes collectifs d’une idéologie en apparence intime, individuelle, spécifique.

J’ai pu repérer trois courants de pensée politique évoqués à l’origine du mouvement mondial vers une détermination apparemment individuelle.

Le glissement « libertaire » du droit

Lors de la rencontre internationale organisée à Paris le 9 mars 2024 par Alliance Vita [1], le professeur canadien Trudo Lemmens affirme la tendance, non pas libérale, mais libertaire du droit qui absolutise le choix de l’individu au détriment de la véritable valeur de liberté. Il insiste en répétant ce thème.

En général, le mot « libertaire » est plus particulièrement un synonyme d'anarchiste [2].

L’utilitarisme est lui aussi convoqué. Il renvoie à la nécessité de se concentrer sur les personnes propres à la production et à la consommation. Son corollaire est l’exclusion des inutiles ou considérés comme tels.

Par exemple, Véronique Lefebvre des Noëttes écrit en 2023 : « On assimile les personnes très âgées et polypathologiques à leurs dépendances cumulées, on leur fait porter le poids de nos sociétés utilitaristes et consuméristes, on les assigne à disparaître de notre vie… » [3]

Le néolibéralisme est un terme d’allure économique qui est étendu à l’idéologie des nouvelles formes du capitalisme, en particulier depuis les années 1980.  

Par exemple, Sara Piazza et Isabelle Marin [4] écrivent, aussi en 2023 :

« Derrière la promotion de l’autonomie, on peut distinguer, tel que Barbara Stiegler le démontre à la suite de Foucault, la conception d’un sujet « entrepreneur de lui-même », modèle du néolibéralisme, que le monde de la santé connaît bien. Il s’agirait désormais de proposer à celui qui va mourir, à court ou long terme, de maîtriser, capitaliser sa mort, en refusant les dimensions de vulnérabilité, de fragilité, au profit de la toute-performance. »

 

[3] Véronique Lefebvre des Noëttes. Mourir sur ordonnance, ou être accompagné jusqu'au bout ? (p. 146). Editions du Rocher. Édition du Kindle.

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La fin de la vie : quels documents ?

Publié le par Bernard Pradines

Peut-être lassons-nous nos lecteurs en évoquant abondamment de la fin de la vie. Si nous persistons dans ce domaine, c’est parce que le retard de l’information et de la réflexion nous a semblé abyssal à la lumière de notre expérience d’accompagnement. Une autre raison en est l’abondance de documents, le plus souvent inconnus, qui sont produits dans ce domaine. Faire un choix est crucial.

Voici par exemple une référence utile dans le champ des personnes en situation de handicap dont on estime trop vite qu’elles sont incapables de s’autodéterminer sur leur fin de vie.

J’ai retenu cette figure qui eut mérité une distinction dans le document des « dernières volontés » entre testament, modèle culturellement acquis, et les autres suggestions plus récentes.

La fin de la vie : quels documents ?

Il est loisible d’envisager aussi la désignation d'une personne de confiance et le mandat de protection future si on veut s'exprimer par personne interposée.

Référence :

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