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ethique

Dignité, un débat philosophique persistant

Publié le par Bernard Pradines

Dignité, un débat philosophique persistant
Dignité, un débat philosophique persistant

La dignité est citée dans maintes occasions. Il est même question de « mourir dans la dignité » sans que l’on n’ait jamais défini ce que peut être le fait de mourir dans l’indignité.

Nous avons déjà débattu ici de la notion de dignité qui, pour les uns, est ontologique, consubstantielle de l’humanité. J’ai remis en question cette propriété. Pour moi, la dignité est définie à un moment donné d’une société donnée. Est-ce mon intérêt pour l’Histoire et mon exercice varié, à l’étranger et en France, qui m’ont amené à cette conclusion ? La dignité  ne me semble pas attribuée de principe à chaque homo sapiens en naissant alors qu’elle ne l’est pas, bizarrement, chez les autres animaux.  Je la définirai plutôt par la considération de la société contemporaine, passée, actuelle ou future, à l’égard de chaque individu humain qui la compose. Une responsabilité donc.

Les grandes déclarations sont souvent citées à l’appui du caractère inaltérable de la dignité. Or, pour ma part, j’y vois pourtant une conditionnalité.

Dans la déclaration des droits de l’homme (DDH) de 1948, c’est « la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité »

Dans la déclaration universelle des droits de l’humanité (DDHU) de 2015, c’est la satisfaction des besoins fondamentaux ainsi que la protection des droits intangibles.

Publié dans éthique, politique, droits

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Hospitalisations : un vécu personnel (3)

Publié le par Bernard Pradines

Image issue de http://convergence-ncn.com/

Image issue de http://convergence-ncn.com/

Introduction commune aux articles sur ce thème :

En plusieurs épisodes, je tenterai de raconter à mes lecteurs quelques expériences de mon passé de médecin malade lors de mes quatorze hospitalisations. Mon but est d’abord de témoigner du ressenti d’un professionnel au contact des soignants qui constituent son univers connu, des collègues potentiels de travail. Il est aussi, à un moindre degré, de démystifier l’idée selon laquelle les médecins seraient obligatoirement mieux traités que le commun des mortels. Il est surtout d’identifier des situations de soins qui demandent une amélioration future.

Pour rappel, je fus praticien hospitalier, spécialiste dans deux domaines : l’anesthésie-réanimation et la gériatrie.

J’ai alors 54 ans et je viens de subir une prostatectomie par voie endoscopique ou, pour parler comme les non-initiés, l’ablation de la prostate par les voies naturelles [1].

Je viens de sortir de la salle de réveil et je suis dirigé vers un secteur postopératoire où je passerai la nuit. Toujours soucieux d’observer l’univers du soin, je ne dis à personne que je suis médecin, ce qui finira par se savoir, probablement par l’anesthésiste et le chirurgien. Je suis accueilli sur un brancard-lit et immédiatement monitoré. Ce qui veut dire en bon français que l’on surveille en continu, sur un écran, ma tension artérielle par intervalles courts, mon électrocardiogramme et la saturation de mon sang artériel en oxygène (SaO2). Etant inconfortable, douloureusement lombalgique du fait de ma position à plat dos maintenue longuement (décubitus dorsal), je demande à pouvoir me tourner un peu vers le côté, ce que l’infirmière me refuse. Puis elle installe les barrières de lit, dispositif qu’elle n’applique pas à mon voisin de chambre ayant pourtant subi la même intervention chirurgicale que moi. Poliment, je fais savoir que je ne pense pas en avoir besoin car je me repère bien dans l’espace. La réponse vient alors, toute naturelle, avec un petit sourire en coin : « Vous avez vu votre volume ? ». Il est vrai que je me situais, alors, pas loin du quintal pour une taille de 1,72 m.

Dans le prochain article de cette rubrique, je vous raconterai la nuit et le lendemain matin.

[1] On peut se rapporter à : « Hospitalisations : un vécu personnel (1) » et à « Hospitalisations : un vécu personnel (2) »

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