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ethique

L’engouement pour la mort assistée (2) : productivisme, consumérisme et valeurs morales

Publié le par Bernard Pradines

Images issues des sites : https://www.senscritique.com/film/la_ballade_de_narayama/486637  et  https://www.senscritique.com/film/plan_75/47402927
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Quel est le lien entre l’état d’une société à un moment donné et les valeurs morales qu’elle véhicule ? Le débat est si ancien, si rebattu, que je n’amènerai rien de nouveau dans ce court article, sinon que ce lien peut être bien dissimulé.

Je peux simplement vous convier à voir ou à revoir deux films japonais : « la ballade de Narayama » (1983) et « Plan 75 » (2022) qui montrent une réalité explicite et une fiction implicite.

La réalité sans fard, c’est : « la ballade de Narayama » qui conte un village de la fin du 19ème siècle où les vieux doivent se sacrifier dans le vrai sens du terme pour ne plus être une bouche à nourrir dans un pays affamé.

La fiction plus subtile, c’est « Plan 75 » qui, bien mieux que « Soleil vert » (1973), anticipe une éventuelle organisation empathique du suicide assisté au 21ème siècle.

Le mérite de ces deux œuvres, c’est d’objectiver le lien entre les désirs d’une société et l’intériorisation que doit en effectuer l’individu. Autrement dit, si vous êtes improductif et consommateurs de ressources improductives telles que les soins, vous serez convié à « faire comme d’autres l’ont fait » pour décharger vos proches et la société d’un fardeau affectif et financier.

Consolez-vous, vous partirez dans le cadre de la loi, peut-être avec les honneurs.

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Je n’ai jamais vu de légume

Publié le par Bernard Pradines

Je n’ai jamais vu de légume

Interrogée par une station de radio d’information continue le 12 septembre 2022, une personne âgée clame sa peur de devenir un légume. Autrement dit, une chose que l’on arrose pour la faire pousser et pour la vendre ou la consommer soi-même.

Ayant quelques doutes, je consulte le dictionnaire Larousse (1) qui stipule qu’il s’agit d’une « plante cultivée dont on consomme, selon les espèces, les feuilles, les racines, les tubercules, les fruits, les graines ; partie consommée de cette plante."

Pourtant je n’ai jamais vu de légume en Soins de Longue Durée, pas davantage que de pot de fleurs dans un lit ou sur un fauteuil. De plus, je n’ai jamais su que l’on consommât quiconque dans ce service.

 Mais je comprends mieux avec la deuxième définition du même dictionnaire :

« Familier. Personne réduite à une existence végétative. »

 Je saisis enfin ce dont il s’agit. Il est alors intéressant de déchiffrer cette analogie aussi décalée qu'incroyable.  Elle repose sur des philosophies et donc des idéologies qui définissent l’humain à leur manière, en particulier dans ses rapports avec les objets.  Ici, la frontière n’existe plus. Le verrou moral a sauté, celui qui nous interdit de considérer autrui comme une chose dont on peut se débarrasser. Si un cageot de légumes vous encombre, vous pouvez aisément vous en séparer sans que quiconque vous en tienne rigueur.

Je pose simplement cette question. Si un être humain peut devenir un légume, où compte-t-on s’en débarrasser proprement, c’est-à-dire dans les limites de la loi actuelle ou future ?

1.

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