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famille

La dure réalité du burn-out des aidants

Publié le par Louis Lacaze

La dure réalité du burn-out des aidants

Si le burn-out des aidants à domicile ne fait pas de grands titres dans la presse, cette discrétion ne doit pas masquer la gravité de ses conséquences, à la fois pour le senior qui risque de se retrouver prématurément en EHPAD et pour les aidants guettés par la dépression chronique, l’hypertension, le diabète, les AVC et un décès prématuré.

 

Un burn-out peut facilement être confondu avec un accès de fatigue qui ne se dissipe pas avec du repos et une bonne période de sommeil. Il est bien là lorsque vous sentez que s’occuper du senior dépasse vos forces, que vous êtes épuisé(e) physiquement, mentalement, financièrement et que vous ne pouvez plus avoir une vie vraiment à vous. Très souvent, une routine s’installe qui ne peut qu’aggraver la situation. Darren Sush, psychologue américaine, énumère une série de signes qui doivent alerter un aidant et l’inciter à rechercher une aide extérieure.

 

- Vous ne prenez plus aucun plaisir à vous consacrer à des activités qu’auparavant vous appréciiez. Vous avez perdu l’envie de les reprendre.

- Vos connaissances, vos amis s’inquiètent pour votre santé.

- On vous fait des remarques négatives dans votre activité professionnelle.

- Vous avez des problèmes avec votre conjoint.

- Vous vous sentez souvent triste, en colère, inquièt(e), apeuré(e).

- Vous éprouvez des difficultés pour vous concentrer, vous dormez mal, vous perdez ou vous gagnez subitement du poids, vous souffrez de nouveaux problèmes de santé.

- Vous vous mettez à consommer divers médicaments pour effacer les contrariétés.

- Vous éprouvez de l’irritation, de la colère envers la personne aidée, envers ceux et celles qui vous aident ou qui devraient vous aider.

En conclusion, la psychologue répète ce qu’elle considère comme un lieu commun : faites une coupure, reposez-vous, sinon la fatigue fera deux victimes, vous et la personne que vous aidez.

 

Le risque de burn-out est amplifié par l’impressionnante progression des cas de maladies d’Alzheimer signalée par un rapport officiel aux USA : une mortalité due à la maladie en augmentation de 55% de 1999 à 2014, un quart des décès survenant au domicile où les soins sont principalement dispensés par les familles.

 

Commentaires de Bernard Pradines : un débat toujours présent en filigrane autour de la notion de burn-out dans son rapport avec la dépression. Ce texte a aussi le mérite de nous rappeler les signes d’alerte. De façon mesquine, j’objecterai qu’il a peut-être le défaut d’oublier la décompensation possible de toutes les pathologies chez les aidants.

 

Source :

 

Gina Roberts-Grey

 

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Comment ne pas penser au passé ?

Publié le par Bernard Pradines

Comment ne pas penser au passé ?

Oui, le passé rencontre le présent dans l’univers des personnes âgées. Autrefois, celles-ci restaient dans leur famille jusqu’à la fin de leur vie. Parmi environ 1100 personnes que j’ai eu l’occasion de soigner en dix-huit ans et demi en soins de longue durée, il était possible de compter sur les doigts d’une seule main celles qui avaient naguère placé un parent en établissement collectif. Le rôle des femmes à la maison était d’abord de pourvoir à temps plein aux besoins des enfants, de leur époux et des personnes âgées de la famille. Sujet douloureux et tabou tant l’évolution vers l’autonomie féminine semblait urgente. Il en reste pourtant d’innombrables stigmates. Parmi eux :

  • La difficulté, pour utiliser un euphémisme, de faire participer les hommes aux tâches ménagères.
  • La présence massive des personnels féminins (89 % en 2009) en EHPAD. Les bénévoles sont presque toujours des femmes.
  • La croyance dans le caractère naturel d’être servi par une femme, au risque de la considérer comme une servante. Et qu’elle se sente ainsi humiliée.
  • La culpabilité immense des épouses et filles lors du placement de leur époux ou père en établissement, même si leur dévouement à domicile peut s’apparenter à un sacrifice.
  • Le reproche sourd parfois adressé aux filles et femmes par les résidents et les aidants professionnels : celui d’avoir abandonné leur parent. Cet aspect a cumulé lors de la canicule de 2003.

De façon plus générale, il convient de s’interroger sur la persistance des valeurs venues du passé lorsqu’elles rencontrent la réalité sociale d’aujourd’hui : une piste souvent féconde pour comprendre le monde des aînés.

Publié dans soignants, résidents, famille

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