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gerontologie

Covid-19 : que va-t-il se passer ?

Publié le par Bernard Pradines

Covid-19 : que va-t-il se passer ?

Vous me reconnaissez bien là : encore un prophète, un de ceux qui lisent dans la boule de cristal ou le marc de café.

 

Les débats scientifiques sont toujours marqués par des polémiques d’écoles ou de personnes. Le relief particulier qu’elles ont revêtu récemment tient à l’urgence d’apparaitre le meilleur chercheur ou soignant. Mais aussi à la sollicitation permanente par une presse avide de conseils à flot continu censée rassurer une population inquiète. Une exposition publique d’une réalité habituellement discrète. Ainsi, il devient difficile de se taire devant une avalanche d’informations qui en arrivent à noyer l’essentiel. Quel est-il à mes yeux ?

 

La pandémie continue à  se développer au niveau mondial et adopte désormais une allure torpide par l’émergence de groupes de personnes infectées : les clusters.

 

La grande majorité des victimes des formes graves de la maladie est âgée de plus de 65 ans, soit environ 9 personnes sur 10.

 

La coexistence de la grippe saisonnière et de la Covid-19, incertaine quant à ses conséquences, devrait amener à corriger l’indigence vaccinale antigrippale dans cette population et celle qui l’entoure. Seulement 48% des personnes de plus de 65 ans se vaccinent à l’ordinaire en France.

 

Surtout, l’économie exigeant, pour ne pas s’effondrer, la reprise du travail des populations adultes, il y a fort à parier que nous verrons progressivement se développer deux attitudes distinctes : l’une relativement libérale envers la « force de travail » afin de ne pas l’entraver. L’autre, sélective, de précautions renforcées en direction et entre les personnes à risque dont surtout celles de plus de 65 ans.

 

Les protestations habituelles, souvent justifiées, évoquant la « discrimination » des personnes âgées, devraient se dissiper face à un ennemi qui n’est sensible à aucune pétition : le bien nommé SARS-Cov-2. 

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Empathie : un mot magique ?

Publié le par Bernard Pradines

Image issue du site : https://www.slideshare.net/lindseynorman/taking-the-you-out-of-user-experience/46-lnorman16EinfhlungOrigin_of_the_word_empathyFrom

Image issue du site : https://www.slideshare.net/lindseynorman/taking-the-you-out-of-user-experience/46-lnorman16EinfhlungOrigin_of_the_word_empathyFrom

Très intéressant article de Christophe Pacific sur des notions éternellement questionnées dans nos pratiques soignantes.[1]

L’empathie serait-il un mot fourre-tout qui permettrait de se rassurer à bon compte ? Dès lors que j’aurais prononcé le mot magique, chacun aurait compris que je suis attentif à la souffrance de la personne soignée sans perdre mes capacités professionnelles dans une errance affective qui relèverait de la sympathie. Or, ce dernier concept, comme ceux qui relèvent de la vie sentimentale, a toujours été suspect dans le monde qui se veut très rationnel du soin organisé. Cette suspicion rejoint celle de la fameuse bonne distance qui serait bien trop raccourcie, brûlant les ailes de l’imprudent. « On ne peut pas aimer son patient » me déclara tout de go une soignante. Direction le burn-out s’il en était ainsi ?

Christophe Pacific a raison de nous mettre en garde contre toutes les facilités de langage qui closent le débat, stérilisent la pensée, assèchent les sentiments. Admettre que nous ne pourrons jamais nous mettre vraiment à la place de notre patient, c’est déjà un pas vers la modestie qui nous fait défaut. Concevoir que l’écoute bienveillante est un élément majeur, indispensable et insuffisant de notre relation au soigné, serait un progrès. Déjà beaucoup ! Car le contexte, lui n’est pas toujours philosophique. Il impose d’aller vite. Il exige la disponibilité physique et mentale. Il n’est pas le fait d’un soignant isolé mais il est le produit d’une situation donnée, politique, économique, culturelle, historique. Autrement dit, la part de ma responsabilité personnelle dépend aussi des contraintes dans lesquelles j’exerce ma profession, qu’elles tiennent à l’organisation des soins, aux relations avec mes collègues, aux moyens alloués à ma tâche ou à ma vulnérabilité personnelle. Si je pense à tort que je suis la seule en cause de toutes les insuffisances que je vois autour de moi dans mon exercice, oui, je risque le burn-out !

Continuons à réfléchir sans oublier d’approfondir la connaissance des facteurs qui peuvent modifier au quotidien la qualité de la relation soignant-soigné.

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