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gerontologie

L’alcool et les seniors

Publié le par Louis Lacaze

L’alcool et les seniors

Extraits de l’interview du Dr Ben Hahn, professeur de gériatrie à l’Université de New-York, par Alex Smith et Eric Widera, médecins animateurs du site Geripal. Seul le problème d’une éventuelle consommation d’alcool exagérée est abordé ici.

 

Le problème se rencontre plus souvent qu’on ne le pense chez les seniors. Beaucoup ne réalisent pas qu’une consommation considérée comme acceptable chez un adulte d’âge moyen ne l’est plus pour un senior. Sa pression artérielle peut augmenter, les risques de pathologie cardiaque aiguë et de chutes s’accroissent, la pharmacodynamie se retrouvera souvent perturbée.

 

Interroger le patient exige beaucoup de prudence. L’abus d’alcool se rattache à un vocabulaire populaire fort peu valorisant : ivrogne, soûlard, poivrot, etc. Le praticien devra donc naviguer dans des eaux dangereuses, choisir soigneusement son vocabulaire, bien définir une stratégie de communication pour conserver une relation coopérative avec le patient.

 

Le Dr Ben Hahn, accompagné d’étudiants, relate la consultation d’une patiente âgée de 95 ans. Comme il connait bien la dame qui par ailleurs ne présente aucun signe clinique révélateur, il aborde le sujet dans un but purement pédagogique.

 

- Quand avez -vous bu de l’alcool pour la dernière fois ?

- Ce matin. Tous les matins, je prends mon petit alcool avec mon remède. Il y a 30 ou 40 ans, c’était une ou deux fois par jour. Maintenant que je prends davantage de remèdes, c’est plus souvent. Si j’ai des vertiges, si je me sens un peu patraque, j’en prends un peu.

 

Pour le Dr Ben Hahn, le domaine de la lutte contre les addictions est proche de celui de la gériatrie. On ne cherche pas purement et simplement à guérir le patient. Celui-ci reste le centre d’intérêt principal, on travaille en équipe avec lui sans porter de jugement de valeur sur sa personne.

 

Source : 

 

Publié dans gerontologie

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Plainte : l’éteindre ou l’entendre 

Publié le par Bernard Pradines

Image issue du site : http://www.soccermascouche.com/www/SiteWP/formuler-une-plainte/

Image issue du site : http://www.soccermascouche.com/www/SiteWP/formuler-une-plainte/

La pratique gériatrique nous apprend que la plainte des personnes âgées, surtout quand elle est répétitive, est mal vécue par leur entourage. C’est le cas des familles qui supportent mal des lamentations, des gémissements qui peuvent littéralement les hanter. D’autant plus que la plainte est ressentie comme un appel à l’aide que l’on ne peut pas satisfaire. C’est aussi le cas des soignant·e·s quand elle prend l’aspect d’une revendication permanente qui accroît la culpabilité et l’impuissance face à la souffrance, remet en cause les sentiments gratifiants d’utilité.

Dans ces conditions, tous les facteurs inducteurs potentiels d’inconfort doivent bien sûr être envisagés, qu’ils soient considérés comme organiques, psychopathologiques ou environnementaux : douleurs, dyspnée, nausées, dépression, troubles anxieux ou psychotiques, maltraitance.

Pourtant, la tentation d’éteindre la plainte est souvent prioritaire sur tout diagnostic étayé. Ainsi, toute anxiété pourra être rapidement et durablement traitée par des anxiolytiques, au premier rang desquels les benzodiazépines ou les molécules apparentées. Tout trouble d’allure psychotique et tout comportement agressif, même verbal, risque d’indiquer immédiatement la prescription d’un neuroleptique. Toute tristesse pourra relever d’un antidépresseur.

C’est malheureusement sans compter sur les nombreux effets secondaires des médicaments. Si ceux-ci demeurent souvent indispensables, leur prescription systématique doit être interrogée : à qui sont-ils destinés ? Au patient ou à son entourage ? Après tout, n’est-il pas normal de se plaindre de tout nouveau renoncement imposé par la maladie et par l’âge ? Faut-il éteindre systématiquement la plainte ? Ou vouloir l’entendre et y répondre par l’écoute qui permet d’élaborer un indispensable diagnostic ?

 

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