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gerontologie

Vieillir dans un monde en mutation

Publié le par Louis Lacaze

Vieillir dans un monde en mutation

Permettre aux seniors de vieillir sans quitter leur domicile est actuellement une priorité pour des raisons financières autant qu’humaines. Ils pourront ainsi conserver une certaine indépendance et rester socialement intégrés dans un milieu qui leur est familier.

En fait, vieillir chez soi ne supprime pas le risque d’exclusion sociale. Des chercheurs ont relevé divers facteurs susceptibles de désorienter une population âgée dans un monde en constante évolution. Alors que des générations plus jeunes s’adaptent plus facilement, un senior aura tendance à passer plus de temps à son domicile, cherchera à conserver davantage de liens affectifs avec un environnement qu’il ne reconnait plus.

 

Le village est devenu un gros bourg. Les générations plus anciennes peuvent se sentir marginalisées avec l’arrivée d’une population nouvelle. Dorénavant, on ferme sa porte à clé, on n’entre plus en conversation avec son voisin, chacun s’isole dans son univers personnel. Cette population inconnue inquiète ; dans les zones urbaines, les seniors peuvent avoir peur de la délinquance et éviter de sortir la nuit tombée.

 

A partir d’un certain âge l’environnement physique peut devenir hostile. Les ornières, les voitures garées sur les trottoirs sont devenues gênantes. Les transports en commun deviennent indispensables mais leur fréquence, les itinéraires desservis, le manque d’amabilité des conducteurs sont souvent évoqués.

 

Si, à une certaine époque, le maire était armé pour apporter des solutions à ces problèmes d’environnement, l’apparition de l’intercommunalité et de divers organismes de gestion locale et régionale a rendu plus complexe la prise de décisions et introduit une compétition entre les différentes communautés. Les seniors se sentent peu représentés par les élus locaux et se considèrent comme exclus socialement.

 

L’exclusion sociale des seniors met en jeu divers éléments complexes qui n’ont pas suffisamment retenu l’attention des décideurs. Les évolutions du milieu et le ressenti d’une indifférence des élus exigent une évolution des mentalités aussi bien qu’une nouvelle pratique de la gestion du quotidien de la communauté. L’importance de l’intégration des seniors à leur environnement doit retenir l’attention de l’ensemble de la société.

 

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Certains sont mieux armés que d’autres pour supporter le poids des ans

Publié le par Louis Lacaze

L’allongement de la durée de vie se traduit par une proportion de plus en plus importante de seniors qui peuvent vieillir dans des conditions très différentes. Les inégalités déjà présentes à la naissance et qui ont jalonné la vie ne vont pas disparaître lors des premiers signes de vieillesse, mais s’aggraver.

 

 Naître dans un milieu aisé, recevoir une bonne éducation, exercer une profession valorisante et bien rétribuée, vivre dans une maison confortable, dans un quartier non pollué, permettront à celles et ceux qui en bénéficient de vieillir dans les meilleures conditions, au moins dans la plupart des cas.

 

Les personnes appartenant aux classes les moins favorisées, qui auront affronté de nombreuses difficultés tout au long de leur vie, auront connu des conditions de travail pénibles et mal rétribuées, vécu dans des logements inconfortables et parfois insalubres, reçu des soins médicaux insuffisants, vont vieillir en moins bonne santé que les classes plus favorisées et connaitre une espérance de vie plus courte.

 

Les sociologues exposent les résultats de leurs enquêtes : il vaudra mieux investir sur les jeunes générations que sur les seniors qui ont moins de valeur. Le vieillissement rappelle inconfortablement que la mort, grande égalisatrice, se rapproche. Un senior désabusé propose son explication personnelle : « il faut être vieux pour savoir ce qu’est la vieillesse ». On devient quelqu’un d’autre, les générations plus jeunes ne voient pas les problèmes.

 

Lutter contre les inégalités dans la société fait partie de tous les programmes électoraux de nos politiques toujours remplis de bonnes intentions. A en juger par l’ancienneté de telles déclarations, la route est encore longue pour permettre à tous de vivre dans des conditions correctes et ne pas vieillir ensuite dans un enfer.

 

Commentaires de Bernard Pradines : ce constat américain se retrouve en France dans ses grandes lignes, en termes d’espérance de vie sans incapacité ou d’espérance totale de vie. L’importance de ces facteurs apparait à présent dans la survenue des démences ; les études dans ce domaine, autrefois surtout centrées sur les problématiques médicales, semblent se déplacer progressivement vers une approche plus globale : les facteurs socio-économiques et éducatifs en particulier. Par exemple, le nombre moins important de démences chez les femmes par rapport à celui qui était attendu ; le facteur explicatif le plus significatif en serait le niveau amélioré d’éducation du sexe dit faible. Même suspicion pour l’inactivité physique [1]. De là à considérer que ces niveaux sont corrélés à la classe sociale, au statut des femmes et à des pays plus ou moins favorisés … Attendons les preuves.

 

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