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histoire

Le grand remplacement par migration a déjà eu lieu

Publié le par Bernard Pradines

Où finissons-nous notre vie en France ? Nous vivons un déplacement massif vers des établissements. Il s’agit du grand remplacement  de la famille, partiel ou total, par des services. Une substitution qui s’est effectuée essentiellement en trois générations. D’abord, c’est le recours à des services à domicile qui précédent celui des institutions dédiées aux soins et à la dépendance : hôpitaux, cliniques, EHPAD.  Des EHPAD où meurent 26 % des français en 2019, tous âges confondus, d’après l’atlas des soins palliatifs1 de 2023. La même année, 53 % d’entre nous décèdent dans les établissements de soins que sont hôpitaux et cliniques2.

Dans l’ensemble des établissements d’hébergement pour personnes âgées, la durée de séjour moyenne est de deux ans et sept mois en 20193.

Problème : cette ultime migration n’est pas souhaitée par 85 % de nos concitoyens ni dans le lieu, ni dans la manière, car ils voudraient finir leur vie chez eux4, même si des adaptations à leur nouvelle vie sont possibles, surtout grâce au dévouement des personnels des EHPAD. 

1 Édition 2023 de l’Atlas des soins palliatifs et de la fin de vie. 22 mars 2023. https://www.csphf.fr/2023/03/22/edition-2023-de-latlas-des-soins-palliatifs-et-de-la-fin-de-vie/

2 INSEE. Les décès en 2021 - Graphique de série longue État civil – Insee Résultats. https://www.insee.fr/fr/statistiques/6539843

Publié dans actualité, histoire, fin de vie

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L’engouement pour la mort assistée (5) : des préoccupations économiques

Publié le par Bernard Pradines

Image issue du site : https://www.actu-economie.com/2018/10/13/leconomie-francaise-pourrait-connaitre-un-rebond-important/

Image issue du site : https://www.actu-economie.com/2018/10/13/leconomie-francaise-pourrait-connaitre-un-rebond-important/

La fin de la vie demeure une période onéreuse. Elle l’est au plan de la dépendance dont la prise en charge est inlassablement évoquée comme un poids sur les collectivités territoriales. Elle l’est au plan des soins qui deviennent presque toujours nécessaires.

Le récent débat sur les retraites accentue ce vécu de « fardeau » car l’allongement de la durée du travail est mis en regard de l’accroissement de la durée de la vie et, pire, avec celui d’une meilleure dotation de la dépendance des personnes âgées. Autrement dit, de facto, les vieux seront la cause de mon maintien au travail au-delà de l’âge de l’espérance de vie sans incapacité. Bonjour l’ambiance à l’avenir entre jeunes et vieux. J’oserai aussi le dire, entre soignants et soignés.

Evacuer ces aspects, les cliver, les distinguer en s’enfermant dans un débat purement éthique, c’est ignorer que le sort des individus, que nos pensées et nos sentiments sont liés aux nécessités collectives du moment. Affirmer que l’accompagnement ou les modalités de la fin de la vie appartiennent au seul mystère de la personne concernée, que ceci n’est qu’affaire personnelle et intime, c’est passer à côté d’un aspect déterminant de la culture : la représentation qu’une société donnée se fait de la fin de la vie à un temps donné. Et du comportement qui en découle.

Aussi, si l’économie n’est pas le seul élément à prendre en compte, l’aspect de charge indue combiné à l’absence de productivité de l’individu malade font courir un risque : celui d’une meilleure acceptation des mesures expéditives et radicales qui seraient offertes à la personne souffrante. Elles sont présentées comme une liberté individuelle, comme une émancipation. A vous de juger.

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