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histoire

L’engouement pour la mort assistée (27) : le nomos de Céios

Publié le par Bernard Pradines

Source : Wikipédia

Source : Wikipédia

A Ceios, île de la Grèce antique, l’usage voulait que les plus anciens bussent la ciguë afin de laisser aux autres la nourriture nécessaire. Il s’agissait d’une euthanasia par poison dans le sens ancien du terme. Ici, aucune main extérieure n’intervenait pour mettre fin à la vie de la personne,

Dans une revue des témoignages grecs sur les gérontocides de l’Antiquité, Nadine Bernard[1] explicite en 2018 les raisons invoquées en ces temps lointains à l’appui de l’élimination plus ou moins consentie des vieillards devenus indésirables. A partir de 60 ou 70 ans, selon les conditions conjoncturelles, vous deveniez candidat potentiel à quitter ce monde. Ménandre s’adressant à Phanias : « la belle coutume, Phanias, que celle de Céos : qui ne peut vivre bien ne doit pas vivre mal ».

Chez les Troglodytes, selon Diodore, « il n’est de pire mal que d’aimer la vie quand on n’est plus capable d’accomplir des actes qui la rendent digne », « et ils la quittent de bon cœur ». Dans ce même peuple, les anciens devenus trop faibles pour suivre le groupe peuvent bénéficier d’un gérontocide : il est ici question de bienveillance. Ces pratiques se sont perpétuées tout au long de l’Histoire sous des formes variées, nonobstant le serment d’un certain Hippocrate, qui vécut à cheval sur le cinquième et le quatrième siècle avant Jésus-Christ. Il nous dit en substance : « Je ne remettrai à personne du poison, si on m'en demande, ni ne prendrai l'initiative d'une pareille suggestion… »[2]

Nos fidèles lecteurs sont aimablement renvoyés à notre précédente publication sur les motivations des bénéficiaires de l’aide médicale à mourir au Canada en 2022 et des suicidés médicalement assistés en Oregon en 2023 :

https://free-geriatrics.overblog.com/2024/05/l-engouement-pour-la-mort-assistee-26-liberte-inegalite-euthanasie.html

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Guerre : s’inspirer des soignants ?

Publié le par Bernard Pradines

Image issue de : https://blogs.univ-jfc.fr/projetcroixrouge/la-croix-rouge-dans-les-guerres-mondiales/laction-aupres-des-populations-civiles-pendant-la-premiere-guerre-mondiale/bilan-acharne-favorisant-le-comite-international-de-la-croix-rouge/

Image issue de : https://blogs.univ-jfc.fr/projetcroixrouge/la-croix-rouge-dans-les-guerres-mondiales/laction-aupres-des-populations-civiles-pendant-la-premiere-guerre-mondiale/bilan-acharne-favorisant-le-comite-international-de-la-croix-rouge/

L’éthique soignante est radicalement différente de celle de la guerre. Les victimes doivent être soignées, quel que soit leur statut parmi les parties belligérantes.

Pour les soignants, la guerre évoque d’abord l’action humanitaire. Vraiment débutée par la naissance de la Croix-Rouge au XIXème siècle, l’assistance aux victimes des conflits armés n’a cessé de se développer sous des formes diverses dont chacun connait des noms d’organisations à notre époque : Médecins Sans Frontières, Médecins du Monde, Première Urgence Internationale…

Ainsi, la Déclaration de Genève de l’Association médicale mondiale (AMM) et le Code d’éthique médicale qui lui est associé font référence au travail des professionnels de santé dans toutes les circonstances. Pourtant, aucun de ces textes ne différencie les temps de guerre ou le travail dans un conflit armé, ni n’implique que les principes et les règles éthiques changent en fonction des circonstances[1].

La Déclaration de Genève précise : « je ne permettrai pas que des considérations d’âge, de maladie ou d’infirmité, de croyance, d’origine ethnique, de genre, de nationalité, d’affiliation politique, de race, d’orientation sexuelle, de statut social ou tout autre facteur s’interposent entre mon devoir et mon patient; »

En quoi la position soignante pourrait-elle inspirer les journalistes et surtout les commentateurs lors d’un conflit armé ?

D’abord par la compassion, l’empathie envers les victimes, quelles qu’elles soient. Ensuite en les secourant ou en aidant à les secourir. Et en évitant de leur donner des leçons sur leur conduite passée ayant prétendument motivé le conflit armé. Exemple :  à qui viendrait l’idée de faire un cours universitaire sur la prévention du cancer du poumon à une famille éplorée devant la mort d'un proche qui fumait ?

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