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legislation

Euthanasie contre la volonté du patient ?

Publié le par Bernard Pradines

La revue en ligne « Gènéthique » fait état d’une euthanasie qui aurait été pratiquée aux Pays-Bas contre la volonté de la patiente.

A ce propos je suis frappé par la difficulté des participants, lors de mes conférences-débats et formations de professionnels, à définir l’euthanasie. Beaucoup avancent la technique employée, d’autres ne situent pas ce geste dans des conditions précises de diagnostic, de pronostic, de légalité et de modalités. Surtout, c’est la demande de la personne qui est oubliée, confondant ainsi l’homicide et l’euthanasie.

Si l’on écoute l’ONFV (Observatoire National de la Fin de Vie) dans son rapport de 2011, la définition suivante de l’euthanasie devrait être retenue : « un tiers met intentionnellement fin à la vie d’une personne à sa demande, afin de faire cesser une situation qu’elle juge insupportable ».

L’ONFV poursuit un peu plus loin dans le même rapport en précisant cette définition :

 « Euthanasie et suicide assisté sont donc tous deux caractérisés par une demande explicite du patient de mourir, mais dans le second cas l’assistance du médecin se limite à prescrire et/ou fournir à la personne concernée les médicaments qui lui permettront de se donner la mort. »

Ainsi, il n’existerait jamais d’euthanasie « contre la volonté de la patiente ».

Sources :

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Personne de confiance : danger ?

Publié le par Bernard Pradines

La désignation d’une personne de confiance est à la mode en ce moment, douze ans après la promulgation de la loi prévoyant cette disposition.

Certes, il s’agit ici d’un progrès notable en terme d’expression de la volonté de la personne malade, en particulier quand cette dernière n’est plus en mesure de s’exprimer sur ses choix en matière de soins.

Pourtant, il convient de modérer cet enthousiasme. Des effets pervers se font actuellement jour.

Choisir par exemple la personne de confiance parmi ses enfants aboutit à privilégier, au moins symboliquement, l’un par rapport à d’autres. Ceci peut être contraire à l’équité cultivée de tous temps dans une famille.

Cette désignation peut être présentée comme obligatoire à des personnes peu informées de la loi, entrant en particulier en service hospitalier privé ou public ou même en EHPAD. Ceci est contraire à la loi.

Par ailleurs, aucun article de loi ne stipule que seule la personne de confiance est habilitée à recevoir des informations sur la santé de celle ou de celui qui l’a désignée. Si la famille comporte onze membres, rien de dispense les soignants de les informer tous de manière personnelle et adaptée à leurs interrogations.

Enfin, si aucune personne de confiance n’a été désignée ni aucune directive anticipée rédigée, la loi prévoit que la famille doit être non seulement informée mais aussi consultée, telle la personne de confiance, quant aux décisions à prendre lorsqu’un malade n’est plus en situation de s’exprimer.

Les dérives actuelles sont donc à dénoncer : obligation implicite ou explicite de désignation, information de la seule personne de confiance, refus de s’entretenir et d’obtenir l’avis d’un membre de la famille sous l’argument qu’il n’est pas la personne de confiance.

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