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suicide assiste

L’engouement pour la mort assistée (31) : la confusion

Publié le par Bernard Pradines

Image issue du site : https://www.biomol.com/products/chemicals/biochemicals/apomorphine-hydrochloride-hydrate-cay16094-10

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Lors de mon exercice clinique de 18 ans et demi en soins de longue durée (1991-2010), accompagnant un décès par semaine en moyenne, j’assistai et participai au développement des soins palliatifs en France. Les obstacles à leur mise en œuvre furent multiples et subsistent douloureusement à l’heure où ces lignes sont écrites. Ces difficultés de mise en pratique font le lit de la demande d’euthanasie ou de suicide assisté si la crainte d’une fin de vie pénible hante les personnes malades et/ou dépendantes.

Parmi ces défis, un des plus prégnants était la confusion entre deux représentations. D’une part la crainte de l’acharnement thérapeutique rebaptisé sous les termes légaux d’obstination déraisonnable. D’autre part les soins palliatifs, peu connus ou inconnus, qui étaient souvent assimilés par les familles des patients et même par des soignants à une obstination déraisonnable. La tradition, en effet, était de ne plus rien faire, de ne plus intervenir chez une personne en train de vivre ses dernières semaines. Pas même de la soulager par tous les moyens disponibles. L’idée sous-jacente était que toute mesure thérapeutique prolongeait inutilement une vie de souffrances. Ce malentendu fréquent devait être surmonté avec des explications patientes, des entretiens avec les familles et la formation des personnels à l’accompagnement de fin de vie. Récemment, trois jeunes femmes brillantes vinrent évoquer ce défi lors du dernier congrès de la SFAP[1] qui s’est tenu en juin 2024 à Poitiers (France). Sonia Hakimi est psychiatre à l’Institut de cancérologie de l’Ouest. Elle décrivit l’amalgame fréquent entre résignation en fin de vie et troubles de l’humeur susceptibles d’être soulagés par des antidépresseurs administrés quotidiennement en perfusion. Ceci afin d’assurer un confort mental inespéré dans les dernières semaines de la vie. Pas de prolongation indue ici mais une fin de vie moins pénible.

Quant à elle, Manon Auffret est docteur en Pharmacie, elle exerce à l’Institut des Neurosciences Cliniques de Rennes (INCR). Elle nous fit part des insuffisances criantes d’accompagnement des malades de Parkinson. Adélaïde Muller s’intéressa elle aussi aux patients parkinsoniens qui ne peuvent plus absorber les médicaments habituels per os. Le rôle, ici aussi, d’une substitution par un traitement non oral par apomorphine vise un soulagement de la recrudescence des symptômes liés à l’arrêt des traitements oraux de cette pathologie.

En somme, les soins palliatifs connaissent un développement théorique qui est encore loin de se retrouver en pratique.

 

[1] SFAP : Société Française d'Accompagnement et de soins Palliatifs

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L’engouement pour la mort assistée (30) : l’effet Werther

Publié le par Bernard Pradines

Image issue de : https://tinyurl.com/yc2bs654

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« L'effet Werther ou suicide mimétique est un phénomène mis en évidence en 1982 par le sociologue américain David Philipps, qui a étudié la hausse du nombre de suicides suivant la parution dans les médias d'un cas de suicide. Le nom est inspiré par une vague de suicides s'étant produite en Europe lors de la parution du roman de GoetheLes Souffrances du jeune Werther. »[1]

Qu’en est-il des suicides « réguliers », entendez ici ceux qui ne sont pas répertoriés dans le cadre des lois sur la fin de vie ? En Oregon, où la loi a été promulguée en 1997, est-ce une simple coïncidence si une nouvelle hausse des suicides entre 2002 et 2017 succède à la mise en œuvre de la première loi sur le suicide assisté ? Certes d’autres facteurs interviennent tels que le ralentissement économique, les drogues addictives et le manque de ressources en santé mentale. Un rapport de 2012 commandé par l’autorité sanitaire de cet état a révélé que le taux global de suicides avait augmenté de 41 % par rapport à celui des Etats-Unis dans leur ensemble (Associated Press 2013), document cité par Nancy Valko.[2]

Pour cette infirmière qui publie et signe cet article en 2017 sous la responsabilité de l’association nationale pro-vie des infirmières, cette contagion des suicides intéresse aussi cinq autres états des USA. A la lire, cette recrudescence serait favorisée par une glorification ou une normalisation du suicide par les médias qui pourraient conduire à davantage de suicides.

Au lieu de parler de suicide assisté par un médecin, les reportages utilisent des termes plus apaisants comme « mourir dans la dignité », « aide à mourir » ou « mort assistée par un médecin ». A noter que la fille de l’auteure, âgée de 30 ans, a mis fin à ses jours après la lecture d’un manuel intitulé « Final Exit ».

Enfin, le débat est loin d’être clos, aux USA comme dans les autres pays qui ont légalisé une forme de mort programmée ; par exemple, sous la plume de Fowler et König en 2024 : « Infliger la mort par quelque moyen que ce soit n'est ni professionnel ni approprié, et ne constitue pas une médecine digne de confiance. »[3]

 

[2] Valko N. Why are suicide rates climbing after years of decline? Linacre Q. 2017 May;84(2):108-110.

[3] Fowler WC, Koenig HG. Should Physician-Assisted Suicide or Euthanasia be Legalized in the United States? A Medically Informed Perspective. J Relig Health. 2024 Apr;63(2):1058-1074.

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