Aide à la fin de vie – 1 sur 3

Publié le par Louis Lacaze

Aide à la fin de vie – 1 sur 3
Aide à la fin de vie – 1 sur 3

Les internautes visiteurs réguliers de GérontoLiberté ont déjà eu l’occasion de lire de brefs résumés des entretiens enregistrés sur Skype par le Dr Widera et le Dr Smith avec leurs invités. Exceptionnellement ils ont invité un partisan du suicide assisté, le Dr Lew Cohen, professeur de psychiatrie et chercheur en gériatrie. Un premier article se propose d’exposer un exemple de suicide assisté, cité par Lew Cohen dans l’ouvrage cité.

Un second article exposera ses réflexions sur la complexité d’une prise de décision.

Un troisième article se propose d’inciter nos lecteurs à se livrer à une réflexion personnelle à partir de ces textes.

 

Atteinte d’un cancer en phase terminale, Cody Curtis, la cinquantaine, a choisi de vivre ses derniers instants dans une ambiance de fête de Noël. Entourée de sa famille, accompagnée de sa cancérologue, elle a voulu reprendre la tradition familiale de chanter en chœur tous les grands classiques du répertoire familial. Après un dernier Jingle Bells chanté à tue-tête il y eut un silence puis la mère de Cody rappela les moments joyeux de la naissance de sa fille. Quand elle eut terminé, tous pensèrent que le moment était venu. Le mari, les enfants embrassèrent Cody, tous étaient en larmes. Le volontaire a versé la drogue dans une boisson, elle a bu en souriant, ses derniers mots furent : « c’est si facile. Je veux que tout le monde sache à quel point c’est facile ». Une demi-heure plus tard elle perdait conscience, puis s’endormait. A la fin, l’oncologue qui était restée à son côté annonça à la famille que tout était terminé. Le lendemain, l’entreprise de pompes funèbres enleva le corps, transmit pour signature à la cancérologue les documents réglementaires. Cause de la mort : naturelle.

 

Commentaire de Bernard Pradines : je demeure pour ma  part attaché à l’éthique médicale  réaffirmée dans ce domaine dans la déclaration de Tbilissi de l’AMM (déjà publiée sur GérontoLiberté ; voir ci-dessous ). A noter que la situation décrite ci-dessus se déroule en présence d'un médecin. Toutefois, il n'est pas dit, bien que probable, si le médecin a contribué à " mettre fin volontairement à ses jours en lui prescrivant ou en lui fournissant des substances médicales afin de causer son décès. "

Enfin, les termes "aide à la fin de vie " peuvent être questionnés. Aider un patient en fin de vie, est-ce hâter sa mort ?

 

Sources :

In this week's podcast we talk with Lew Cohen, MD, about his new book "A Dignified Ending: Taking Control Over How We Die."
Eric and I approached reading this book with trepidation.  We feared it would be a polemic defending physician aid in dying.  It is not.  Dr. Cohen does not hide his beliefs and opinions.  He also does not shy away from the complexity of the issue - he interviews leading disability rights activists and challenges leaders of the aid in dying movement. 

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R
Non pas d'accord avec le commentaire, ce n'est pas forcément hâter sa mort.<br /> Ce peut être juste respecter son CHOIX car si le devenir n'est que souffrance (la médecine n'est parfois guère réconfortante et c'est bien normal parfois, même si très dommageable), il est possible qu'un malade décide pour sa propre mort. A force de prudence ou de se protéger, la médecine peut devenir inhumaine, et il y a des personnes très conscientes et lucides sur leur état, et courageuses.
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B
Ce blog est un lieu de libre expression. Oui, il en existe bien en cherchant attentivement. Toute parole est la bienvenue, même si je ne la partage pas.