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L’opération de la cataracte peut allonger votre espérance de vie

Publié le par Louis Lacaze

Extrait :

"Les chercheurs constatent une corrélation entre les opérations de la cataracte et l’allongement de l’espérance de vie avec une diminution du risque de décès d’origine cardiovasculaire, respiratoire, neurologique, infectieuse, aussi bien que suite à un cancer ou un accident (conduite automobile, chutes)."

La cataracte guette pratiquement tous les seniors et se rencontre de plus en plus fréquemment du fait de l’allongement de l’espérance de vie. Des facteurs de risque peuvent entrer en jeu, par exemple l’exposition aux rayons ultraviolets qui peut se contrôler avec le port de lunettes de soleil et d’une coiffure. L’opération de la cataracte se réalise sous anesthésie locale, le patient rejoint son domicile le jour même. Toutefois certains seniors peuvent tout de même repousser le plus tard possible l’opération. Une publication récente pourrait les aider à vaincre leur appréhension.

 Certaines études avaient déjà montré que l’espérance de vie s’allongeait chez les hommes et les femmes qui avaient subi l’opération de la cataracte. Elles ont été complétées par une publication dans JAMA qui expose le suivi de 74 044 femmes de plus de 65 ans atteintes de cataracte pendant vingt ans. L’étude révèle que non seulement les personnes opérées connaissent une meilleure qualité de vie mais qu’elles vivent plus longtemps alors que dans l’ensemble elles présentent davantage de pathologies - attaques cardiaques, troubles respiratoires chroniques, ulcères, glaucomes – que celles qui n’avaient pas été opérées.

Les chercheurs constatent une corrélation entre les opérations de la cataracte et l’allongement de l’espérance de vie avec une diminution du risque de décès d’origine cardiovasculaire, respiratoire, neurologique, infectieuse, aussi bien que suite à un cancer ou un accident (conduite automobile, chutes). Ils ne proposent aucune explication et insistent sur la nécessité de continuer à explorer le sujet. Il est tout de même suggéré de ne pas attendre le dernier moment pour se faire opérer : pourquoi retarder les bienfaits de l’opération qui par ailleurs est plus délicate pour les cas très prononcés ?

Commentaires de Bernard Pradines : bien sûr, il est très difficile d’oser une interprétation de ces résultats. Toutefois,  il est loisible d’imaginer que ceux qui se font opérer ne sont pas représentatifs de l’ensemble de la population. Ils pourraient être plus attentifs à leur santé et à leur qualité de vie. De plus, ils pourraient aussi bénéficier de moyens financiers plus importants dans un pays où les soins sont loin d’être gratuits. Enfin, pouvoir maintenir une vie de relation pourrait être plus propice à l’entretien des fonctions intellectuelles, aux relations sociales et à l’exercice physique.

Sources :

Tseng VL, Chlebowski RT, Yu F, Cauley JA, Li W, Thomas F, Virnig BA, Coleman AL. Association of Cataract Surgery With Mortality in Older Women: Findings from  the Women's Health Initiative. JAMA Ophthalmol. 2018 Jan 1;136(1):3-10.

Résumé de l’étude publiée dans le JAMA (texte complet payant) :

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Evolution de l’alimentation dans un établissement

Publié le par René Manteau

Image issue du site suivant : https://www.hospital-magazine.fr/905/la-3eme-journee-nationale-de-lalimentation-a-lhopital-en-ehpad-et-en-maisons-de-retraite/

Image issue du site suivant : https://www.hospital-magazine.fr/905/la-3eme-journee-nationale-de-lalimentation-a-lhopital-en-ehpad-et-en-maisons-de-retraite/


En 1968, à mon arrivée dans l'établissement de soins, les soupes et potages sont élaborés avec des légumes frais, du vermicelle, du tapioca ainsi que du pot-au-feu longuement mijoté. Les repas sont préparés avec des ingrédients de qualité supérieure. Pendant les fêtes, des mets nobles sont servis.

 

Les viandes les plus sensibles à la cuisson, telles que les filets, les entrecôtes et certains poissons, sont cuisinées dans un point chaud intermédiaire au tout dernier moment, par le personnel affecté à la distribution et à la plonge qui était présent dans le service à cette époque. Le tout se trouve en quantité, permettant au personnel de servir un supplément éventuel. Le conditionnement est réalisé dans de très grands plats. Les résidents sont servis à l'assiette. Un menu type est constitué au déjeuner de potage, hors-d’œuvre, plat de résistance, fromage ou laitage fait maison, fruit, vin, café. Au dîner la salade remplace le hors-d’œuvre et la tisane prend la place du café.

 

Quelques années plus tard, toute la réalisation s'effectue dans la cuisine centrale avec une nette diminution de la qualité et de la quantité. La viande est dure, le poisson est de deuxième choix ainsi que le poulet. Les œufs sont présents plusieurs fois par semaine sous toutes leurs formes. Pour des raisons de sécurité et d’hygiène alimentaire, en particulier le risque de salmonellose, leur cuisson au plat ou à la coque est prohibée. Ne demeure possible que leur préparation en omelette fournie en bidons stérilisés ou leur cuisson industrielle jusqu’à l’œuf dur, sous vide ou congelés, toujours servis dans des plats communs. Les conserves commencent à prendre la place des légumes frais et sont le plus souvent déjà cuisinés en usine. Les entrées et les laitages “maison” se raréfient, les fruits frais sont souvent remplacés par des fruits cuits et des compotes. Plus tard, les repas sont présentés en assiette individuelle en porcelaine puis en plastique et réchauffés dans le service à l’aide de fours mobiles très fonctionnels lorsqu’ils étaient réglés correctement et ne tombaient pas en panne ; ce qui n’avait rien d’exceptionnel. Comme si cela ne suffisait pas, les légumes deviennent d'horribles purées. Les viandes sont des roulés à base de chair hachée ou bien reconstituée, leur donnant une apparence de pâté pour animaux pour les personnes qui sont édentées, les autres tentant d’absorber leur pitance sans attrait. Toute différenciation d'aspect et de saveur est devenue impossible. Toujours le même goût ! Les potages que nos anciens apprécient beaucoup sont déshydratés et préparés dans le service avec une mise à disposition de quatre saveurs. Ils sont uniquement liquides ou semi liquide, tout dépendant du dosage, et sans texture responsables souvent de nombreuses fausses routes dues aux troubles de la déglutition. Pour ceux qui peuvent s’exprimer il peut y avoir un rajout de biscottes écrasées ou de pain morcelé.  Malheureusement, on a pu observer qu’ils n’étaient pas systématiquement servis surtout si le résident a des difficultés pour l’absorber. Toujours la même histoire de “timing” à moins que celui-ci puisse le réclamer en s’imposant. Tout dépend de la bonne volonté d’un personnel plus ou moins consciencieux. Quant aux desserts, ils ont suivi la même évolution et ne brillent pas par leur diversification. Ils n’en ont plus que le nom, composés très souvent de fromage blanc, yaourts, compotes et fruits au sirop industriel.

Dans un prochain texte, j’envisagerai les raisons de cette évolution.

 

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