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Aucun vaccin ne protège contre le deuil anticipé

Publié le par Louis Lacaze

Image issue du site Cap Retraite

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Il existe une riche documentation portant sur le deuil anticipé qui peut en particulier se rencontrer parmi les populations exposées à un risque grave chez ceux qui n’ont pas été touchés. De nombreux cas ont frappé les communautés de séniors pendant la pandémie avant l’arrivée de la vaccination quasi systématique.

 Si notre culture sous-entend que les émotions douloureuses sont à dominer, qu’on doit être fort, les psychologues pensent qu’il est important de les accepter pour ensuite être en mesure de les maitriser en commençant par s’interroger sur la raison de cette souffrance, ce qui peut permettre de la relativiser. Ils recommandent de veiller à se consacrer à des activités absorbantes, de remettre de l’ordre dans des relations familiales tendues, ce qui peut éviter d’éprouver de lourds regrets quand il serait trop tard.

 Si parfois la solitude est recherchée, à d’autres moments il est bon de pouvoir se reposer sur des amis, de sentir leur compassion. Marcher au contact de la nature a pu avoir des effets bénéfiques pour un groupe de malades bénéficiant de soins palliatifs qui ont déclaré avoir ressenti un grand soulagement sur le plan émotionnel à la suite d’une longue promenade.

Source :

Publié dans fin de vie

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Faut-il changer de regard sur les personnes âgées ?

Publié le par Bernard Pradines

Image issue du site : https://www.sainteadresseoptique.fr/details-lunettes+de+vue+edition+limitee+dior+exquise+o-179.html

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Faut-il améliorer son acuité visuelle pour changer son regard ?

Figure convenue de toute interview médiatisée sur ce sujet : il faut changer le regard de la société sur les personnes âgées ! Considération devenue truisme, affirmation incantatoire et performative, un tel changement étant censé améliorer la condition de ces citoyennes et citoyens.

Faut-il améliorer son acuité visuelle pour changer son regard ? Si oui, un opticien abusif vous dira qu’il faut renouveler votre monture pour des lunettes plus onéreuses. Regardons, si j’ose dire, les choses sous un autre angle. Improductives et consommatrices de soins, inutiles et coûteuses, super loosers, voici le message subliminal que les aînés et aînées peuvent percevoir. Mieux : dépassées mais donneuses de leçons dans un monde qu’elles ne comprennent plus. Mais aussi aimées voire adorées des leurs et rendant service, en particulier dans la garde souvent indispensable de leurs petits-enfants issus de la famille resserrée, nucléaire ou monoparentale.

Regard ou plutôt représentation dans le sens que les psychologues donnent à ce terme ? Faisons court : l’idée ou l’image [1] que l’on se fait d’une réalité. En supposant que l’on puisse changer cette subjectivité par un simple effort de motivation. Aïe ! Encore la philosophie idéaliste avec son nez volontariste devenant stigmatisant en cas d’échec.

Là est la puissance du processus : dans un consensus collectif implicite voire inconscient. Dans son ouvrage « Éloge de la fuite » [2], Henri Laborit nous prévient : « Comment être libre quand une grille explicative implacable nous interdit de concevoir le monde d’une façon différente de celle imposée par les automatismes socioculturels qu’elle commande ? » Et j’y ajouterai : encore faut-il que cette grille soit perceptible.

Soyons concrets avec quelques exemples. D’où vient ce sentiment honteux de dégoût devant la sexualité du grand âge tout en clamant sa légitimité ? Comment considérer indigne une vie accompagnée d’incontinence urinaire et fécale, pire en tenir grief à la personne qui en souffre et le lui signifier ? Pourquoi utilise-t-on couramment le terme aberrant et inconséquent de « légume » ? Comment pouvons-nous souhaiter la fin de l’autrui vulnérable alors que Jean de La Fontaine nous interpelle déjà au XVIIème siècle avec trois fables [3] sur l’attachement à vivre des humains en souffrance ? Comment avons-nous organisé notre société pour avoir le sentiment d’abandonner nos aînés dans des établissements sous-dotés dont ils ne ressortent presque jamais vivants ?

Aussi longtemps que nous n’aurons pas d’explications personnelles et collectives satisfaisantes à ce genre de questions, que nous considérerons que « c’est comme ça », nous réagirons avec une culture qui comporte des éléments redoutablement primaires par leur échappement à toute morale telle que nous la concevons aujourd’hui. Eh bien mes amis, cela ne se change pas d’un coup de baguette magique. Si le démontage de nos déterminismes de pensée et de sentiments nous donne l’espoir de nous améliorer, c’est en étant dans la quête insatiable d’un avenir meilleur pour ceux qui sont dans la souffrance. La fameuse « zone d’inconfort » à la mode.

Le courage, disait le grand homme, c’est de chercher la vérité et de la dire [4]. Cela signifie que tous les témoins passifs doivent se muer en prescripteurs des indispensables progrès.

 


[1] https://livre.fnac.com/a1313523/Philippe-Albou-L-image-des-personnes-agees-a-travers-l-histoire

[2] https://livre.fnac.com/a192320/Henri-Laborit-Eloge-de-la-fuite#omnsearchpos=1

[3] « La mort et le bûcheron ». « La mort et le malheureux ». « La mort et le mourant ».

[4] https://citations.ouest-france.fr/citation-jean-jaures/courage-chercher-verite-dire-subir-47096.html

 

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