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Quand Charb mettait en garde

Publié le par Bernard Pradines

Quand Charb mettait en garde
Quand Charb mettait en garde

En 2007, Charb écrivait que la « loi qui laissera entendre que le citoyen a le droit de disposer de sa vie comme de son corps représentera une avancée. » Il développait cette idée. Mais il adressait aussi la mise en garde suivante :

« Certains médecins ont justement fait remarquer que le débat sur l'euthanasie ne devait pas faire oublier que les moyens médicaux mis en œuvre pour lutter contre la douleur ne sont pas suffisants. Par ailleurs, une partie du personnel médical serait encore trop peu ou mal informée des traitements existants pour réduire la douleur. Bref, ces médecins ne veulent pas que l'euthanasie devienne pour tout le monde une solution de facilité. Avant de mettre fin à la vie, envisageons toutes les solutions possibles de mettre fin aux souffrances. Evidemment. Donc, on aura bientôt le droit de mourir dans la dignité. Je pense réellement que, parmi les droits fondamentaux de l'Homme, celui-ci sera le plus largement respecté. Et pas simplement parce que la société dans laquelle nous vivons a un plus grand souci d'humanité. En effet, mourir dans la dignité est un programme plus facile à mettre en œuvre que celui qui consiste à faire en sorte que les gens vivent dans la dignité. Et surtout, c'est un programme moins cher. Mettre fin aux jours de quelqu'un ne coûte rien ou pas grand-chose. Même la Sécu y trouvera son compte. Un peu de bla-bla, une piqûre et dans le trou. Organiser une fin digne pour qui aura dû survivre dans des conditions indignes, ce n’est pas ça qui remettra en cause un système économique qui pourrit l'existence de millions de gens. Mourir dans la dignité devrait être la dernière étape d'une vie menée dans la dignité et pas seulement un moment exceptionnel. Cette volonté des médias et des politiques de séparer dans le discours la vie et la mort est suspecte. Il n'y a pas de vie digne sans mort digne, et inversement. Ça paraît évident, mais le droit de vivre dans la dignité n’est pas un débat qui suscite autant l'émotion que celui du droit de mourir dans la dignité. Et pourtant, il y a des vies qui sont plus effrayantes que la mort... »

Source 

Texte intégral à l’adresse :

http://www.geriatrie-albi.com/Charb2007.pdf

Publié dans euthanasie, fin de vie, douleurs

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Quand ils ne sont plus dans notre monde, c’est à nous d’aller dans le leur !

Publié le par Papi

Image issue du site suivant : http://loacmateo.com/2012/11/21/philotherapie-article-n35-quest-ce-que-le-monde-pour-moi/

Image issue du site suivant : http://loacmateo.com/2012/11/21/philotherapie-article-n35-quest-ce-que-le-monde-pour-moi/

Où est passée ma montre ? C’est vous qui l’avez volée ! Ce genre de remarque peut déstabiliser un aidant plein de bonne volonté. De nombreux chercheurs en gériatrie ont proposé des explications à ce comportement et suggéré comment réagir.

Ils expliquent cette  distorsion de la vérité par le besoin d’une personne atteinte de démence légère de rationaliser son comportement, de ne pas paraître stupide et suggèrent des comportements à adopter.

La technique de la validation permet de maintenir le contact. Si la personne a vu une girafe dans le jardin, on l’écoute, on lui demande si elle n’a pas eu peur. On évite de la contredire, de l’obliger à se justifier pour ne pas blesser son amour-propre.

Si elle pose constamment la même question on peut questionner à son tour. 

-  Quand va-t-on partir ?

- Tu as peur que nous soyons en retard ? Ou bien : je sais que tu as peur que nous soyons en retard. Moi aussi je ne veux pas que nous soyons en retard, nous partirons assez tôt.

Une autre approche est possible :

Que se passerait-il si nous étions en retard ? Ceci permet de remonter à la source de l’anxiété et d’essayer de la soulager.

Les auteurs de ces suggestions ont parfaitement conscience que les nerfs des soignants sont souvent mis à rude épreuve et font des suggestions :

- Respirez par le nez, attendez 8 secondes, expirez. Le tout 6 fois.

- Montez et descendez un escalier pendant une minute.

- Si la personne a une crise de colère, observez ses yeux, son visage, n’importe quoi pour résister à l’envie de réagir. Ensuite reprendre les griefs énumérés, une forme de communication pouvant s’établir.

Lorsque la démence a rendu la communication verbale impossible, il reste le recours à la musique et au contact physique. La personne sera réceptive au langage du corps et capable de reconnaître l’irritation, l’anxiété. Un contact physique peut transmettre un message négatif aussi bien que positif. Ils ne sont plus dans notre monde, c’est à nous d’aller dans le leur.

Sources

Rappel : les textes relevés sur caring.com s’adressent à des aidants en situation difficile et peuvent intéresser les visiteurs bénévoles. Ils ne prétendent en aucun cas les dispenser d’avoir recours à des professionnels de la santé. Tout bénévole doit avoir conscience de ses limites !

http://www.caring.com/articles/why-people-with-dementia-lie?utm_content=20131212&utm_campaign=website&utm_source=suggests&utm_medium=email

http://www.washingtonpost.com/national/health-science/dementia-makes-communication-difficult-but-some-steps-can-make-it-easier/2013/04/08/abd17de8-fd04-11e1-a31e-804fccb658f9_story.html

Publié dans Alzheimer

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