La solitude de l’aidante.
S’il existe une abondante littérature sur la solitude des personnes âgées, celle des aidants bénévoles est loin d’occuper le devant de la scène. La section britannique de la fondation Calouste Gulbenkian a publié une importante contribution sur ce sujet. En voici quelques extraits. Le personnel aidant étant en grande majorité féminin, le terme d’aidante a été retenu.
Les aidantes - en particulier celles qui doivent cesser d’exercer une activité professionnelle - peuvent avoir l’impression de perdre leur identité, de devenir invisibles. Les collègues, les amis font quelques visites puis disparaissent. Le monde se rétrécit subitement. Elles peuvent avoir l’impression de n’être plus qu’une ombre, de cesser d’exister.
Pour vaincre ce sentiment de solitude, une évolution des mentalités s’impose. Le contraste est grand entre la joie générale qui accompagne une naissance et le silence qui pèse sur l’aidante d’une personne âgée. Ce silence peut se briser de différentes façons.
Le médecin ne s’intéresse pas seulement au malade mais vous demande comment vous vous sentez. Votre employeur aménage votre temps de travail et prend le temps d’avoir une véritable conversation avec vous. Le pharmacien ne se contente pas de livrer les médicaments mais vous pose des questions sur votre santé. Des conversations avec d’autres aidantes vous donnent l’impression d’être comprise et de faire partie de toute une communauté.
Ce soutien psychologique doit fréquemment s’allier à un soutien matériel, la situation financière de l’aidante pouvant présenter des problèmes qui pourront être portés à l’attention de la famille et des services sociaux.
Lorsqu’une aidante voit sa fonction interrompue, elle sait qu’un changement va intervenir dans son mode de vie mais elle se retrouve seule, isolée, ne sachant comment occuper ses jours devenus libres. Elle aura besoin de temps, d’un accompagnement pour s’ajuster à une nouvelle existence.
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