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demences

Pour ne pas confondre démence et folie 

Publié le par Bernard Pradines

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Le mot « démence » est jugé stigmatisant par la plupart de nos contemporains. Il est question de ne plus l'employer. Ainsi les vieux sont-il devenus des aînés, les aveugles des non-voyants et les sourds des malentendants. Dans la littérature non médicale, ce terme possède une forte connotation de folie qui suppose des troubles perturbateurs systématiques envers l’entourage. Ainsi, les personnels qui travaillaient avec moi considéraient que la démence était rare dans le service alors que j’en diagnostiquais une chez la quasi-totalité des résidents hébergés et soignés en soins de longue durée.

Le mot « démence » peut se décomposer en « de » (privatif) et « mence » dont la racine renvoie au latin mens. Une racine que l’on retrouve par exemple dans le mot « mental ».

Source : mens, mentis dans le Dictionnaire latin Gaffiot de 1934.

  • Faculté intellectuelle, intelligence
  • Esprit, pensée, réflexion
  • Disposition d’esprit
  • Courage

C’est la toute première définition qui correspond le mieux à notre signification actuelle : faculté intellectuelle. Autant dire que  l’on peut être très calme, voire souvent apathique tout en étant dément. Au demeurant, il s’agit de la grande majorité des situations observées en clinique.

Publié dans Alzheimer, démences

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Prothèses auditives et démences

Publié le par Louis Lacaze et Bernard Pradines  

Prothèses auditives et démences

Dix pour cent des adultes de 40 à 69 ans présentent des problèmes auditifs, la proportion s’élève de 70 à 80% chez les seniors de 85 ans et au-delà. Seulement une personne déficiente auditive sur 7 utilise régulièrement une prothèse auditive.

 

Deux théories avancent une explication à l’origine des cas de démence : ils seraient une conséquence logique du vieillissement qui s’accompagne d’une dégénérescence du système nerveux central. Les prothèses auditives ne pourraient donc pas enrayer la progression de la surdité.

Une deuxième théorie estime qu’avec le vieillissement la fonction auditive est moins stimulée, ce qui entraîne une dégénérescence progressive de l’appareil auditif qui pourrait donc sinon être inversée, ou pour le moins ralentie.

 

Une étude récente (1) qui a suivi 2040 personnes pendant 18 ans a montré que leurs performances mémorielles baissaient moins rapidement dès que les sujets s’équipaient de prothèses auditives et estimé que 9% des cas de démence pouvaient être attribués à un déficit auditif.

 

Les chercheurs pensent qu’une meilleure audition retarde le déclin cognitif, diminue l’importance des symptômes dépressifs, favorise la vie sociale mais reconnaissent les limites de l’étude : 40% des acheteurs d’appareils auditifs ne les portent que rarement ou jamais. Ils suggèrent que la recherche soit approfondie pour mieux cerner cette corrélation entre démence et trouble auditifs.

Le nombre des cas de démences aura augmenté d’environ 57% en 2050 et, s’il n’existe aucun traitement curatif, toutes les mesures de prévention doivent retenir l’attention. Suffisamment d’éléments suggèrent qu’une action énergique soit décidée au plus tôt pour convaincre le public de l’utilité des prothèses auditives, lutter contre les éventuels freins psychologiques pour mettre sur le même plan presbytie et presbyacousie. Les barrières d’ordre financier dissuasives devront naturellement être levées.

 

Commentaires de Bernard Pradines : il va sans dire que le mot « démence » est ici employé dans le sens médical du terme, ce qui signifie son sens étymologique latin. Donc de mens, mentis. Les résultats de l’étude citée sont d’autant plus intéressants qu’ils concernent une population nombreuse américaine de personnes âgées de plus de 50 ans évaluée tous les deux ans.

Les deux théories exposées ci-dessus (dégénérescence du système nerveux central et de l’appareil auditif) ne sont pas contradictoires mais complémentaires et probablement synergiques. Notre conception analytique d’un appareil auditif indépendant du cerveau et simple récepteur de messages sonores est certainement obsolète. Entre entendre et comprendre, il n’y a pas qu’un capteur périphérique et une unité centrale. Les deux forment un tout interactif et interfèrent pour le meilleur et pour le pire. Il en est ainsi des troubles visuels (2), en particulier des conclusions à tirer de la chirurgie pour cataracte (3). En sens opposé des concepts actuels, reste à mieux connaitre le retentissement des maladies neurodégénératives sur la sensorialité ou encore leur dégénérescence combinée simultanée.

En somme, le facteur de risque sensoriel, en particulier auditif prend actuellement de l’importance au vu des études épidémiologiques récentes dans la prévention ou plutôt dans l’atténuation des troubles cognitifs futurs ou présents.

 

Sources :

 

1- Maharani A, Dawes P, Nazroo J, Tampubolon G, Pendleton N; SENSE-Cog WP1 group. Longitudinal Relationship Between Hearing Aid Use and Cognitive Function in Older Americans. J Am Geriatr Soc. 2018 Jul;66(6):1130-1136.

2-    Maharani A, Dawes P, Nazroo J, Tampubolon G, Pendleton N; Sense-Cog WP1 group. Visual and hearing impairments are associated with cognitive decline in older people. Age Ageing. 2018 Jul 1;47(4):575-581.

3-    Maharani A, Dawes P, Nazroo J, Tampubolon G, Pendleton N; SENSE-Cog WP1 group.Cataract surgery and age-related cognitive decline: A 13-year follow-up of the English Longitudinal Study of Ageing. PLoS One. 2018 Oct 11;13(10):e0204833

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