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douleurs

Pourquoi souffrir en silence ?

Publié le par Papi

Alors que les gériatres considèrent que la douleur n’accompagne pas automatiquement la vieillesse et qu’elle doit être traitée, de nombreuses personnes âgées souffrent en silence au lieu d’en parler à leur médecin. On peut les entendre dire : « si vous n’avez mal nulle part c’est que vous êtes mort ».

Comment expliquer ce silence ? Ces personnes pensent que la douleur et la perte de motricité sont une conséquence naturelle du vieillissement, qu’il n’existe aucun médicament efficace. Elles ne veulent pas allonger la liste des médicaments déjà prescrits. Elles ont peur de ne pas pouvoir lire les notices. Elles ne veulent plus subir de nouveaux examens.

Le cas des personnes démentes est complexe : la souffrance peut ne pas être exprimée verbalement mais se manifestera au travers de changements du comportement : agressivité, tristesse, passivité.

Pourquoi souffrir en silence ?

Une douleur non traitée est handicapante. La personne fera moins d’exercice, déprimera,  aura des problèmes de sommeil, perdra l’appétit, se coupera de la société. Son espérance de vie pourra être diminuée.

Après la consultation du médecin,  la vigilance reste obligatoire : trop souvent le patient ne va pas se conformer à  l’ordonnance, pensant que « ça finira bien par passer». Ou bien il va interrompre le traitement prématurément dès les premiers signes d’amélioration alors qu’il doit être poursuivi.

Il est donc important pour un aidant de ne pas négliger les plaintes éventuelles d’un senior et de veiller à ce que son ou ses médecins traitants en soient informés.

Sources : 

Article de Jane E. Brody dans le New York Times

http://well.blogs.nytimes.com/2014/03/03/the-perils-of-toughing-it-out/?_php=true&_type=blogs&emc=edit_tnt_20140303&tntemail0=y&_r=0

 

Pain in Older Adults, Chronic Pain CME Information par Bruce A. Ferrell, MD, Perry G. Fine, MD, respectivement professeurs de gériatrie et d’anesthésiologie. Pour professionnels.

http://www.primaryissues.org/2010/09/strategies-for-success-pharmacologic-management-of-persistent-pain-in-the-older-adult-pi135/

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Les médecins doivent apprendre à interrompre un traitement

Publié le par Papi

Les médecins doivent apprendre à interrompre un traitement

Régulièrement entendu aux Etats-Unis :

- Pourquoi les Pompes Funèbres posent-elles deux fois plus de vis lorsqu’elles referment le cercueil d’une personne décédée dans le service d’oncologie ?

- Pour empêcher les cancérologues de continuer la chimio.

Communiquer est important, vous avez devant vous des personnes et non pas des meubles.

Un patient de 80 ans du Dr Meier :

Elégante, dynamique, la cinquantaine, la patiente que recevait le docteur Diane Meier, gériatre, se distinguait des patientes classiques. Atteinte d’un cancer du poumon depuis 4 ans elle appréciait son oncologue mais lui reprochait de toujours répondre « on ne va pas s’occuper de ça » aux questions : comment la situation va-t-elle évoluer ? Vais-je souffrir ? Vais-je mourir étouffée ?

Le docteur Meier a décrit à la visiteuse les différentes étapes pouvant conduire un cancéreux à la mort en expliquant que les soins palliatifs et éventuellement la sédation permettaient de contrôler la douleur. Elle a exposé les possibilités de séjour en institution ou de maintien au domicile. Elle a enfin proposé d’entrer en contact avec l’oncologue pour s’associer à lui dans la prise en charge de sa patiente. Ce dernier a accepté et la patiente a été suivie par les deux médecins.

Par la suite, l’état de santé de la patiente s’étant aggravé, l’oncologue a suggéré l’implantation dans le cerveau d’un dispositif permettant l’application d’une chimiothérapie localisée des métastases.

La gériatre : qu’attendez-vous de ce traitement ?

L’oncologue : il n’apportera rien.

La gériatre : voulez-vous que je l’encourage tout de même à accepter ce traitement ?

L’oncologue : je ne veux pas qu’elle ait l’impression que je la laisse tomber.

A la suite de cet entretien, l’oncologue a choisi de ne pas appliquer le traitement.

Le Dr Meier a compris que, contrairement aux idées reçues, si certains médecins persistent à donner des soins qui n’apporteront rien aux malades, ce n’est pas pour des questions d’argent, mais c’est la seule façon qu’ils connaissent de montrer au malade qu’ils sont préoccupés par leur cas et qu’ils refusent de les abandonner. Les médecins ont été formés pour établir des diagnostics et traiter les maladies. On ne leur a pas enseigné à communiquer sur la douleur, l’évolution de la maladie, mais à demander d’autres examens, à appliquer d’autres traitements, même lorsqu’ils sont parfaitement conscients qu’ils ne serviront à rien.

Quand la fin fut proche, la patiente pria le Dr Meier de demander à l’oncologue de passer la voir, car elle voulait le remercier des soins qu’il lui avait prodigués.

La gériatre: notre patiente demande à vous rencontrer pour vous remercier.

L’oncologue : elle est soignée à domicile, je ne peux plus rien pour elle maintenant.

La gériatre : elle tient vraiment à vous remercier.

Devant l’insistance du Dr Meier l’oncologue accepta de se déplacer. La patiente mourut les jours suivants.

Sources

“Teaching doctors when to stop treatment”

http://www.washingtonpost.com/national/health-science/teaching-doctors-when-to-stop-treatment/2014/05/19/e643d190-caf5-11e3-93eb-6c0037dde2ad_story.html

et une version plus complète publiée par le Dr Diane E Meier dans Health Affairs :

‘I Don’t Want Jenny To Think I’m Abandoning Her’. Views On Overtreatment

http://content.healthaffairs.org/content/33/5/895.full

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