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Communication médicale en fin de vie : complexité et adaptation individuelle

Publié le par Louis Lacaze

Communication médicale en fin de vie : complexité et adaptation individuelle
Communication médicale en fin de vie : complexité et adaptation individuelle

La communication verbale dans le domaine médical peut paraitre un exercice simple. Une fois le diagnostic sévère réalisé, il suffit de le transmettre au patient qui va décoder les sons et capter le message. Or l’expérience montre que cette transmission du message peut varier d’un échec partiel à un échec total, d’un malentendu à une incompréhension totale. A l’issue de la consultation le patient peut toujours se poser des questions, il n’a pas suivi les explications données, il ne se projette pas dans les étapes à venir.

Eviter d’avoir recours au jargon médical est un premier garde-fou, mais des phrases élémentaires apparemment inoffensives peuvent aboutir à d’évidents contresens. Un chirurgien peut très bien annoncer que ce cancer peut se traiter ou bien qu’il a enlevé une tumeur. Le patient va en conclure que son cancer est définitivement guéri. Annoncer à la famille qu’« il va mieux aujourd’hui », « il est stable » peut déclencher l’apparition de faux espoirs et être mal accepté si le malade les a empêchés de fermer l’œil de toute la nuit. « Nous avons fait tout notre possible » ou bien « Il est temps d’envisager les soins palliatifs » peut être ressenti comme un arrêt des soins et un abandon du patient à son sort.

Le médecin avance sur le fil du rasoir. Il doit être honnête dans sa communication tout en invitant le patient à espérer le meilleur tout en se préparant au pire. Si après avoir été informé d’une issue fatale inévitable un patient déclare « je veux guérir » il se cramponne à un espoir, ce qui ne signifie pas qu’il n’a pas pleinement conscience de sa situation. S’il ne dit pas « je sais que je vais mourir » c’est à cause de la peur que lui inspirent ces mots. Or la notion d’espoir peut ouvrir des perspectives ; l’individu est multidimensionnel, il n’a jamais qu’un seul espoir et après avoir souhaité guérir il peut souhaiter sortir de l’hôpital pour mourir chez lui.

Les pédiatres peuvent être une source d’inspiration. Ils n’ôtent pas tout espoir chez les parents. Dans les pires situations ils peuvent dire « Je voudrais bien pouvoir constater une amélioration, c’est malheureusement peu probable, peut-être devons-nous nous préparer à d’autres possibilités. »

Commentaires de Bernard Pradines. Impossible de résumer définitivement les situations multiples et variées rencontrées en pratique médicale. La sidération succède le plus souvent à l’annonce d’un diagnostic sévère. Un exercice complexe et chronophage, possiblement humiliant, consisterait à vérifier, après un délai, ce que le patient a compris de l’information médicale délivrée. Le texte ci-dessus insiste sur l’espoir. Une notion trop souvent oubliée quand on cite les sempiternels stades du mourir d’Elisabeth Kübler-Ross (1926-2004). Pour cette médecin, précurseur dans la compréhension moderne de la fin de la vie, l’espoir traverse tous les stades bien connus, bien que devant être évoqué avec prudence tant l’hétérogénéité est encore ici au rendez-vous de notre humanité.

Référence :

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Masques et tragédie du mal dans le soin : le replay

Publié le par Bernard Pradines

Pourquoi écouter le replay de la visioconférence du 16 janvier 2024 avec Maylis Dubasque ?

·        Parce que le son y est meilleur qu’en direct, par exemple si on utilise le haut-parleur d’un smartphone ou si l’on règle bien son ordinateur en privilégiant les sons aigus.

·        Parce que le thème est dense, voire complexe, et mérite d’être réécouté.

Voici les résultats du questionnaire anonyme sur le thème. Il vous a été proposé avant la visioconférence :

 

Voici le premier ouvrage de Maylis Dubasque dont il était question :

« Masques et tragédie du mal dans le soin »

Le deuxième ouvrage paru en janvier 2024 :

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