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ethique

Le covid-19 ne tue que les vieux. Que les vieux ?

Publié le par Louis Lacaze

Le covid-19 ne tue que les vieux. Que les vieux ?

Louise Aronson, professeur de médecine, gériatre, bondit toutes les fois qu’elle entend ou lit que la covid-19 ne tue pas que les vieux mais aussi les plus jeunes. A ses yeux cela sous-entend que s’il ne s’attaquait qu’aux personnes âgées le danger serait moins préoccupant.

Notre société, on doit le reconnaitre, valorise les jeunes générations bien plus que les anciennes, les gains impressionnants de longévité au cours des dernières décennies n’ont pas été assimilés ; les besoins réels des seniors ne sont toujours pas totalement pris en compte.

Tedros Adhanom Ghebreyesus (source 1 ci-dessous), directeur de l’OMS a pu noter que certains pays n’avaient réagi que tièdement face à la pandémie, persuadés qu’elle ne frapperait que les citoyens les plus âgés.

De l’indifférence on peut tomber dans le mépris, les jeunes générations américaines ont créé pour désigner le virus un mot nouveau : « boomer remover » (source 2 ci-dessous)qu’on peut traduire par « nettoyeur, flingueur de vieux ». Notre continent n’est pas en reste avec les rassemblements de masse de jeunes inconscients du risque de se retrouver vecteurs de diffusion du virus.

La pandémie a été comparée à un tsunami qui balaie tout sur son passage et ne laisse comme réaction que la fuite. On peut aborder le sujet sous un angle différent : la pandémie est un orage. On peut donc partir à la recherche d’un abri.

Des psychologues ont cherché à découvrir des arguments qui permettraient à la population d’avoir une perception plus positive des séniors. En premier lieu amener les générations plus jeunes à bien comprendre qu’à leur tour elles connaitront une baisse de leur intégrité physique et intellectuelle, qu’il est vain de se voiler la face.

L’accent doit être mis sur la diversité et l’hétérogénéité de la population âgée.  A plus de 80 ans certains séniors apportent leur contribution à la société. D’autres se déplacent sur leur déambulateur ou fauteuil roulant et participent à la vie familiale. Exposer des exemples en faisant appel à la sincérité, au besoin de justice, au désir de générosité, de partage, détruit les stéréotypes, montre que dans une société juste tous les séniors ont leur place et doivent recevoir assistance et soins. Veiller à la qualité de vie des seniors aujourd’hui c’est veiller à la nôtre demain. 

Sources :

Publié dans Covid-19, dignité, éthique

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Non, résolument non !

Publié le par Bernard Pradines

Image issue du site : https://www.la-croix.com/Sciences-et-ethique/Ethique/Euthanasie-quand-pro-anti-rencontrent-2018-05-23-1200941151

Image issue du site : https://www.la-croix.com/Sciences-et-ethique/Ethique/Euthanasie-quand-pro-anti-rencontrent-2018-05-23-1200941151

Ancien gériatre, j’émets les plus vives réserves quant à une évolution rétrograde de la loi de 2016 concernant les soins lors de la fin de la vie. Pour moi l’aide active à mourir, qui prévoit des mesures radicales telles que l’euthanasie et le suicide médicalement assisté, ne peut être intégrée à une stratégie palliative.

Reste à pouvoir appliquer à bon escient les dispositions de la loi citée ci-dessus dont une sédation profonde dans les cas précis qui le requièrent.  La pratique m’a montré la tendance diffuse de notre société à trouver embarrassante la persistance d’états de dépendance censés coûter cher dans sa course effrénée à la rentabilité et au profit. Si les uns y recourent, pourquoi pas les autres qui n’ont pas encore compris qu’ils sont onéreux et que leur image fait souffrir la société et leur famille ?

L’Histoire et l’émergence des Droits de l’Homme nous ont enseigné le rejet des pratiques expéditives et nous ont conduits à aller plus loin : vers le respect de la vie des citoyens âgés vulnérables. Je souhaite que ces personnes, de plus en plus nombreuses, terminent leur vie dans la dignité, c’est-à-dire respectées, correctement accompagnées et soignées jusqu’au bout.

C’est pourquoi je partage les objectifs de la SFAP* et ses objections quant au récent projet de loi visant à procurer une « aide active à mourir ».

*SFAP

Pour en savoir davantage :

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