Overblog Tous les blogs Top blogs Beauté, Santé & Remise en forme Tous les blogs Beauté, Santé & Remise en forme
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

ethique

Vieux et handicapé moteur : veuillez disparaître !

Publié le par Louis Lacaze

Vieux et handicapé moteur : veuillez disparaître !

Dès que son handicap contraint une personne âgée à se déplacer en fauteuil roulant dans un lieu public, elle a souvent l’impression d’être subitement devenue totalement invisible. Personne ne croise son regard, ne remarque sa présence ; des enfants peuvent l’examiner avec un mélange de curiosité et de crainte.

Le senior est donc conduit à s’interroger : comment expliquer ce comportement quasi généralisé ? Les théories exprimées par nombre de seniors se recoupent. Eviter de parler ou simplement de regarder un handicapé ne relève pas de l’impolitesse mais plutôt d’une peur inconsciente du handicap, de la souffrance, du vieillissement, de la mort.

Le contact avec un senior sur son fauteuil roulant peut révéler qu’il est considéré comme un handicapé mental s’il est accompagné au cours de son déplacement. La pire situation se rencontrerait dans le domaine médical : une réceptionniste peut ignorer la patiente sur son fauteuil. Sans s’adresser à elle : « la dame a un rendez-vous ? Elle a sa Carte Vitale ? Ses radios ? » Un médecin risque lui aussi de s’adresser beaucoup plus souvent à la personne aidante qu’au patient.

Parmi les commentaires des lecteurs de l’article cité plus bas se détache une note différente. Une dame sur son fauteuil accompagnée de sa fille et de son beau-fils visite différents établissements d’accueil pour faire son choix. Un directeur s’installe au niveau du fauteuil et lui adresse directement la parole. Toute surprise, la dame lui fait remarquer qu’il est le premier qui s’adresse directement à elle. Il répond : « Madame, ici vous êtes la seule personne qui compte ». La visiteuse a emménagé dans son établissement.

Commentaire de Bernard Pradines :

Il fut un temps où il ne convenait pas de sortir les personnes âgées en fauteuil roulant à l’extérieur de leur bâtiment sous le prétexte de ne pas miner le moral de malades du centre hospitalier. Mais le passé est bien mort …

Source :

Frank Bruni 

Publié dans éthique, respect, dignité

Partager cet article
Repost0

Les statistiques n’auraient pas le monopole des biais en médecine

Publié le par Louis Lacaze

Les statistiques n’auraient pas le monopole des biais en médecine

Au cours d’un entretien avec des gériatres, le Pr Kimberley Curseen, interniste, spécialiste de soins palliatifs, donne sa conception d’un biais, notion généralement utilisée dans la critique des études cliniques. Si le biais est implicite, il définit les pensées subconscientes qui ont constamment une influence sur notre comportement. Si le biais est explicite, nous avons une perception correcte d’une situation, d’une personne mais notre comportement nous est dicté par des idées préconçues, par nos opinions personnelles.

Le biais se rencontrerait constamment en gériatrie. Le médecin qui reçoit un couple âgé aurait tendance, au fil de la consultation, à ne s’adresser qu’au mari et devra donc se surveiller. S’il reçoit un patient avec un tatouage dérangeant sur le bras, il pourra en éprouver une gêne alors qu’il ignore dans quelles circonstances, à quelle époque de la vie ce tatouage a pu être effectué. 

Avoir conscience de ses biais représente la première étape essentielle. Plongé dans une société qui idéalise la jeunesse, l’énergie, le gériatre devra dominer cette culture enfouie dans son subconscient. Il doit pouvoir aller à la rencontre d’un senior, apprendre à le connaître, définir son profil médical, poser des questions. Si le patient voit que le médecin s’intéresse sincèrement à son cas, demande qu’on l’aide à l’explorer, il n’hésitera pas à donner un maximum d’information.

  Pendant la consultation, le gériatre peut être amené à surveiller son langage, ses gestes. S’obliger à se pencher en avant s’il est tenté de reculer. Par la suite il pourra commencer à se détendre, se livrer à une gymnastique mentale : qu’avons-nous en commun ? Le désir sinon de guérir du moins de contrôler un problème de santé. Ensemble nous allons prendre des décisions pour atteindre ce but.          

Commentaires de Bernard Pradines.

Cette publication a le mérite d’attirer l’attention sur l’importance de la subjectivité dans deux domaines différents : d’une part celui de la conception des études cliniques ou épidémiologiques et surtout de l’interprétation qui en est faite à partir des résultats. D’autre part, l’influence de cette même subjectivité sur la relation humaine dans le soin auprès des personnes âgées. Cette convergence étant posée, il faudra admettre que de nombreux éléments vont être différents entre ces deux situations.            

Source

Publié dans éthique, gériatrie

Partager cet article
Repost0