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ethique

Mourir chez soi comme souhaité : des conditions ?

Publié le par Bernard Pradines

Un désir commun, fortement majoritaire en France : mourir chez soi. Pourtant, seuls 26 % des citoyens de notre pays y parviennent en 2016. Voyons ce qu’en dit une équipe de soins palliatifs allemande qui accompagne les patients à domicile. Traduction personnelle ci-dessous.

Conditions préalables.

Il doit tout d’abord exister un fort désir de la personne mourante de rentrer à la maison pour y mourir.

La personne mourante doit savoir qu'elle va mourir parce que sa maladie est devenue incurable. Elle ne souhaite plus prolonger artificiellement sa vie, ce qui nécessiterait une surveillance clinique afférente à la respiration artificielle ou à tout autre traitement de substitution d’une fonction vitale. Les seules mesures thérapeutiques viseront au moindre inconfort et à des soins courants.

Au domicile, il existe au moins une personne apte à prendre la responsabilité de pourvoir aux besoins nécessités par la situation.

Les membres de la famille ne sont pas dans un état de détresse et de fort bouleversement affectif dans la perspective de la mort imminente de leur proche, ni submergés par la perspective des soins à effectuer pour la personne sur le départ.

Si ces conditions sont remplies, l'entourage doit aussi adhérer au souhait de la personne mourante pour cette dernière étape de la vie.

Il existe des avantages au décès à domicile.

Les personnes mourantes à la maison peuvent avoir plus d'influence sur la dernière phase de leur vie.

Les mourants et leurs proches se sentent davantage autonomes face à la situation.

Les mourants bénéficient de davantage d’attention à la maison et préservent leur dignité.

La famille de la personne mourante se trouve utile, aidante et nécessaire.

Le mourant et sa famille peuvent vivre ensemble « normalement » toute la journée et mieux se préparer à l’échéance ; des sentiments peuvent être exprimés plus librement : tristesse, colère, douleur, amour ...

Source :

Rubrique : Zu Hause sterben.

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Chirurgie : quand l'âge devient un facteur de risque

Publié le par Louis Lacaze et Bernard Pradines

Chirurgie : quand l'âge devient un facteur de risque

Les interventions sur la vésicule biliaire, la thyroïde, une hernie ou l’ablation d’un sein font partie de la routine d’un chirurgien. Toutefois le cas des seniors soulève de plus en plus fréquemment une interrogation chez le praticien : le patient est-il fragile ?

 

La fragilité implique des réserves diminuées sur le plan physique, des difficultés possibles au niveau de l’anesthésie, des infections, des complications hémorragiques ou thromboemboliques. Plus le patient est fragile, plus le risque est élevé, multiplié par deux à quatre chez les patients âgés. Cependant, le pourcentage des complications dans cette population demeure inférieur à deux pour cent. Dans une majorité des cas, la récupération sera longue et le patient ne retrouvera pas l’ensemble de ses capacités antérieures.

 

De nombreux auteurs recommandent que la décision d’opérer ne soit prise qu’après une concertation avec le patient et sa famille. Est-il préférable d’opérer ou de ne rien faire ? N’y a-t-il pas d’approche moins radicale, une modalité d’anesthésie différente, des alternatives possibles ?  

 

Certaines mesures permettent de limiter les risques. Une bonne hygiène de vie, une alimentation contrôlée, l’exercice physique pendant plusieurs semaines avant l’opération augmentent fortement les chances de succès et diminuent le risque pour la famille de s’entendre dire que « l’opération a réussi mais le patient est mort ».

 

Commentaires de Bernard Pradines : intéressante vision des risques de complications postopératoires. En France, la coopération d’un gériatre sera plus facilement proposée, au moins sur le papier. L’insistance sera portée davantage sur les pathologies  que sur l’âge de l’état-civil. Par ailleurs, les modalités anesthésiques, pourvu qu’elles soient correctement effectuées,  demeurent incertaines quant à leur rôle dans la genèse des complications. Enfin, le consentement du sujet âgé sera mis en avant, la famille n’ayant pas en principe à prendre des décisions pour son parent.

 

Source

Paula Span :

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