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ethique

Les statistiques n’auraient pas le monopole des biais en médecine

Publié le par Louis Lacaze

Les statistiques n’auraient pas le monopole des biais en médecine

Au cours d’un entretien avec des gériatres, le Pr Kimberley Curseen, interniste, spécialiste de soins palliatifs, donne sa conception d’un biais, notion généralement utilisée dans la critique des études cliniques. Si le biais est implicite, il définit les pensées subconscientes qui ont constamment une influence sur notre comportement. Si le biais est explicite, nous avons une perception correcte d’une situation, d’une personne mais notre comportement nous est dicté par des idées préconçues, par nos opinions personnelles.

Le biais se rencontrerait constamment en gériatrie. Le médecin qui reçoit un couple âgé aurait tendance, au fil de la consultation, à ne s’adresser qu’au mari et devra donc se surveiller. S’il reçoit un patient avec un tatouage dérangeant sur le bras, il pourra en éprouver une gêne alors qu’il ignore dans quelles circonstances, à quelle époque de la vie ce tatouage a pu être effectué. 

Avoir conscience de ses biais représente la première étape essentielle. Plongé dans une société qui idéalise la jeunesse, l’énergie, le gériatre devra dominer cette culture enfouie dans son subconscient. Il doit pouvoir aller à la rencontre d’un senior, apprendre à le connaître, définir son profil médical, poser des questions. Si le patient voit que le médecin s’intéresse sincèrement à son cas, demande qu’on l’aide à l’explorer, il n’hésitera pas à donner un maximum d’information.

  Pendant la consultation, le gériatre peut être amené à surveiller son langage, ses gestes. S’obliger à se pencher en avant s’il est tenté de reculer. Par la suite il pourra commencer à se détendre, se livrer à une gymnastique mentale : qu’avons-nous en commun ? Le désir sinon de guérir du moins de contrôler un problème de santé. Ensemble nous allons prendre des décisions pour atteindre ce but.          

Commentaires de Bernard Pradines.

Cette publication a le mérite d’attirer l’attention sur l’importance de la subjectivité dans deux domaines différents : d’une part celui de la conception des études cliniques ou épidémiologiques et surtout de l’interprétation qui en est faite à partir des résultats. D’autre part, l’influence de cette même subjectivité sur la relation humaine dans le soin auprès des personnes âgées. Cette convergence étant posée, il faudra admettre que de nombreux éléments vont être différents entre ces deux situations.            

Source

Publié dans éthique, gériatrie

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Âgisme, racisme et sexisme.

Publié le par Bernard Pradines

De ci, de là, on pourrait être tenté de comparer ces trois façons d’exclure son prochain. En effet, émettre des considérations négatives à l’encontre d’une personne en vertu de son âge, de son sexe ou de sa couleur de peau aboutit toujours à une exclusion. Celle-ci est d’autant plus injuste que nul n’a choisi son aspect ou son sexe.

Pour ce qui est de l’âge, il convient d’être plus nuancé. Il existe des attitudes, certes le plus souvent involontaires, visant à finir sa vie avant l’heure. Les accidents de la route et les guerres en sont de « bons » exemples. Certes, le reproche qui est fait aux uns et aux autres peut sembler comparable : par exemple être « de couleur » ou être une femme ou encore être vieux et inutile. Pourtant, le sexisme émane rarement du sexe qui raille l’autre sexe. Le racisme provient rarement de la communauté vilipendée.  Ce qui n’est pas toujours le cas de l’âgisme. Pour en venir à la différence fondamentale, celui qui fait preuve d’âgisme a lui aussi une grande probabilité de devenir vieux, ce qui est bien moins laborieux que de changer de sexe ou de couleur de peau ou encore d’origine ethnique. Autrement dit, il s’agit ici d’une peur de l’avenir personnel, d’un autre soi qui procure de l’effroi.

Voici pourquoi notre responsabilité de témoins est si importante. Si l’on combat le racisme et le sexisme par des lois et par la lutte contre l’ignorance, il convient d’abord, dans le domaine de la peur de vieillir, de témoigner de la distance entre la réalité actuelle et ce qu’elle pourrait être si les problèmes étaient pris à bras le corps. Nous entendons bien y contribuer modestement par le biais de ce blog.

 

Publié dans éthique, dignité, respect

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