Les statistiques n’auraient pas le monopole des biais en médecine
Au cours d’un entretien avec des gériatres, le Pr Kimberley Curseen, interniste, spécialiste de soins palliatifs, donne sa conception d’un biais, notion généralement utilisée dans la critique des études cliniques. Si le biais est implicite, il définit les pensées subconscientes qui ont constamment une influence sur notre comportement. Si le biais est explicite, nous avons une perception correcte d’une situation, d’une personne mais notre comportement nous est dicté par des idées préconçues, par nos opinions personnelles.
Le biais se rencontrerait constamment en gériatrie. Le médecin qui reçoit un couple âgé aurait tendance, au fil de la consultation, à ne s’adresser qu’au mari et devra donc se surveiller. S’il reçoit un patient avec un tatouage dérangeant sur le bras, il pourra en éprouver une gêne alors qu’il ignore dans quelles circonstances, à quelle époque de la vie ce tatouage a pu être effectué.
Avoir conscience de ses biais représente la première étape essentielle. Plongé dans une société qui idéalise la jeunesse, l’énergie, le gériatre devra dominer cette culture enfouie dans son subconscient. Il doit pouvoir aller à la rencontre d’un senior, apprendre à le connaître, définir son profil médical, poser des questions. Si le patient voit que le médecin s’intéresse sincèrement à son cas, demande qu’on l’aide à l’explorer, il n’hésitera pas à donner un maximum d’information.
Pendant la consultation, le gériatre peut être amené à surveiller son langage, ses gestes. S’obliger à se pencher en avant s’il est tenté de reculer. Par la suite il pourra commencer à se détendre, se livrer à une gymnastique mentale : qu’avons-nous en commun ? Le désir sinon de guérir du moins de contrôler un problème de santé. Ensemble nous allons prendre des décisions pour atteindre ce but.
Commentaires de Bernard Pradines.
Cette publication a le mérite d’attirer l’attention sur l’importance de la subjectivité dans deux domaines différents : d’une part celui de la conception des études cliniques ou épidémiologiques et surtout de l’interprétation qui en est faite à partir des résultats. D’autre part, l’influence de cette même subjectivité sur la relation humaine dans le soin auprès des personnes âgées. Cette convergence étant posée, il faudra admettre que de nombreux éléments vont être différents entre ces deux situations.
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Implicit Bias and Its Impact in Geriatrics, Hospice and Palliative Care
On this week's podcast, we have invited Dr. Kimberly Curseen to talk about how implicit bias influences us as providers in geriatrics, hospice, and palliative care, as well as the role of that ...
https://www.geripal.org/2017/10/implicit-bias-and-its-impact-in-geriatrics-palliative-care.html
