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ethique

Directives anticipées et chirurgie à risque

Publié le par Louis Lacaze

Directives anticipées et chirurgie à risque

Dans les hôpitaux américains, une chirurgie est classée « à risque » lorsque plus de 1% des cas sont suivis d’un décès au cours de trente jours qui suivent. Jusqu‘à maintenant, le patient rencontrait le chirurgien, ensuite l’anesthésiste ; le bloc opératoire constituait la troisième étape.

 

La situation a évolué. Le patient peut avoir rempli un formulaire de directives anticipées. Dans ce cas, dans la perspective d’une opération à risque, un examen des choix du patient sera réalisé au cours d’une nouvelle visite du chirurgien après avoir été préparée par un spécialiste en soins palliatifs.

 

Si le patient n’a pas rempli de directives anticipées, il est temps de lui suggérer de le faire. Dans le cas contraire une révision des directives s’impose, exigée par le nouveau contexte, élaborée au cours de plusieurs entretiens pilotés par un intervenant qualifié. Quelles sont vos priorités dans la vie ? Si vous n’êtes pas en mesure de vous exprimer, qui pourra prendre les décisions vous concernant ? La famille pourra naturellement être associée à ces conversations. Les risques de l’opération sont évoqués sincèrement : vous pouvez mourir d’une embolie, d’une hémorragie, si votre cœur s’arrête doit-on essayer de le relancer ? Quelle sera votre condition physique si l’opération réussit ?

 

Les résultats de ces entretiens sont ensuite communiqués au chirurgien qui rencontre une nouvelle fois le patient et peut éventuellement décider de ne pas l’opérer.

 

Le Dr Vicky Tang, professeur de gériatrie citée dans les sources n’a rencontré aucun chirurgien qui accepterait d’agir contre les volontés d’un patient ou qui voudrait consciemment réaliser une opération qui aurait un bilan négatif pour lui. Sa motivation est renforcée quand elle constate que si les chirurgiens ne sont généralement pas formés à ce genre d’entretien, ils en sont demandeurs et assistent nombreux à ses conférences.

 

Commentaires de Bernard Pradines

Nous sommes aux Etats-Unis, un pays ayant été souvent précurseur des pratiques européennes. Les préoccupations du Pr Tang rejoignent les nôtres ; les directives anticipées n’ont de signification convaincante que dans un contexte précis permettant d’envisager une situation médicale plausible. Ainsi, l’HAS française (source en fin de page) a-t-elle proposé deux types de formulaires de rédaction des directives anticipées sous les titres respectifs suivants :

  • Si vous êtes en bonne santé,
  • Si vous êtes malade ou à la fin de votre vie

Gageons que le deuxième est bien plus fructueux que le premier.

Nota bene : en France, la famille ne sera en principe associée à ces conversations que si le patient en est d’accord. Idem pour l'annonce de "vérités" douloureuses : le patient a le droit de savoir ou de refuser de savoir. Par ailleurs, l’auteur de l’article a raison d’évoquer la réputation d’un chirurgien qui prendrait trop de risques. De fait, au moins en France, l’anesthésiste est l'intervenant le plus souvent sollicité en cas de complication grave lors de l’intervention ou dans ses suites. La principale difficulté tient au fait que certaines situations exigent une prise de risque dans l’intérêt du malade, même en situation palliative, simplement pour son confort. 

Enfin, les moyens décrits ci-dessus exigent une mobilisation qui est sans commune mesure avec la pratique courante française dans ce domaine. Le « hic » tient à la disponibilité inégale des spécialistes en soins palliatifs.  Mais n’insultons pas l’avenir …

 

Sources :

Geripal, blog animé par les docteurs Alex Smith et Eric Widera.

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Placements financiers honteux et actionnariat sordide

Publié le par R.

Image issue du site : https://www.studentenpolis.nl/student-en-beleggen-bijverdienen-op-een-leuke-manier/

Image issue du site : https://www.studentenpolis.nl/student-en-beleggen-bijverdienen-op-een-leuke-manier/

Certaines publicités vous allèchent en proclamant : "Saviez-vous qu'il est possible de placer votre argent à 4,25% dans l'immobilier locatif sans risque et sans souci de gestion ?"

Pour moi qui ai travaillé dans de nombreux EHPAD, je déplore cette offre de placements financiers. Savez-vous que, si vous faites ce choix de gains et bénéfices juteux, vous cautionnez :

- les réductions de budget pour des repas décents pour vos propres parents ou proches : 4 euros pour 4 repas par jour. Êtes-vous capable de faire avec pour vous-même ?

- les réductions de protections pour vos proches en cas d’incontinence ; au point que les personnels soignants en arrivent à se voler ces matériels de toilette indispensables pour les personnes âgées qu'ils "préfèrent".

- les remplissages précipités des chambres après un décès, ne garantissant même plus l'hygiène des locaux pour la personne entrante.

- les repas de gavage : cinq ou six personnes nourries en même temps soit une cuillère pour l'un, puis une cuillère pour l'autre, à la queue leu leu, sans aucun respect pour l'individu ?

Personnellement, je me garderai d'un tel choix de placement financier, ou de devenir l’actionnaire de maisons de retraite. Même si je peux avoir envie de profits de placements à 4,25%, voire plus, car certains groupes vont jusqu'à offrir des intérêts de 15%. C’est participer à la maltraitance et à l'indignité envers nos aînés et nos propres parents !

Je voudrais ajouter une nuance : retenez en mémoire que toutes les maisons de retraite ne sont pas financées par ce sordide moyen d'actionnariat. Il faut distinguer les maisons de retraite développées par de gros groupes financiers, et celles soutenues par des communes ou CCAS, ou nées de la volonté de gens (parfois familles, ou professionnels) courageux et motivés par le bien-être de nos aînés ...

Si je peux m'autoriser à conseiller les familles : la loi autorise toute famille à examiner les comptes d'une maison de retraite : répartition des choix de dépenses. Alors, demandez donc les chiffres :

- une colonne des "entrées" : ce que les familles payent pour héberger et prendre soin de leur parent.

- une colonne des "sorties" : ce que la maison de retraite doit dépenser pour prendre soin ... Vous aurez ainsi une meilleure idée des dépenses indispensables et pourrez même exiger de choisir où passe l'argent ...

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