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ethique

Un glissement éthique dangereux

Publié le par Bernard Pradines

Au cours des formations aux soins palliatifs, je procède à un test cruel qui consiste à proposer aux stagiaires un questionnaire sur les articles de la loi Leonetti. Les résultats sont fort intéressants mais nous montrent l'immense chemin à parcourir.

Pire, j'ai assisté récemment à une conférence par un professeur de Droit qui est venu à Albi nous expliquer la loi Leonetti. Aïe !

La palme revient pourtant à la précédente secrétaire d'Etat qui voulait défendre la loi en utilisant des arguments ... faux.

C'est peu dire que la loi est mal connue. Sujet passionnel, elle fait l’objet de toutes sortes d'interprétations en fonction de l'exégèse que l'on en fait. Je comprends mieux le casse-tête de l'exégèse biblique ou coranique quand je vois le volume de ces ouvrages alors que la loi Leonetti ne tient, décrets d'application compris, qu'en quelques pages. Et qu'elle est écrite en langue moderne.

Le plus gros risque, actuellement, me semble être un glissement éthique insensible car progressif vers l'abandon thérapeutique sous couvert de "non-acharnement thérapeutique" en considérant que l'obstination déraisonnable, involontaire, existe encore bel et bien.

Un vent mauvais souffle sur le coût de la fin de la vie par ces temps de crise économique dont l’ancien directeur du FMI nous dit qu'elle va encore s'aggraver. S'appuyant sur des exceptions qui posent des problèmes très précis qu'aucune loi ne pourra régler, des donneurs de leçon prônent euthanasie et suicide assisté à mots couverts. Les belges font encore plus fort : faut-il légaliser l'euthanasie des patients déments ?

Si l’on s'oppose à ces propos dangereux, on est suspect d'être un traditionaliste religieux anti-IVG et/ou un fanatique du pouvoir médical ou encore un scientiste inconséquent.

Malheur : ce satané Karl Marx avait-il vraiment raison quand il nous racontait le lien invisible entre économie et idéologie ?

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Faut-il juger les personnes âgées ?

Publié le par Bernard Pradines

Faut-il juger les personnes âgées ?

Ne pas juger ! Voici une recommandation constante de la doxa soignante. Un axiome affirmé dès l’enseignement initial, puis repris dans la littérature professionnelle et dans diverses formations.

Oui, nous voulons tourner la page des attitudes discriminatoires qui nous ont fait honte. Les mots inscrits au fronton de la République nous préservent-ils enfin de tout jugement négatif ? Gageons qu’un SDF est traité comme un ancien PDG, un vieil alcoolique comme une infirmière en retraite, le balayeur de la première immigration comme l’ancien directeur de votre hôpital, etc.

Soit.

Pourtant, est-il possible de considérer de manière égale d’une part celui qui a mené une vie exemplaire à nos yeux, d’autre part celui qui a délaissé sa famille ou maltraité son épouse, un autre qui a battu ses enfants ou encore celui qui en a abusé ? Bien sûr, la validité de notre information doit toujours être sujette à caution du fait des fréquents conflits dans les familles : qui nous rapporte quoi et pourquoi ? Il n’en reste pas moins que la vie de certaines personnes âgées peut nous inspirer des sentiments de rejet, voire de dégoût. Ici, l’absence de jugement signifierait le défaut de valeur de référence, ce qui est impossible.

Aussi, plutôt que de « ne pas juger », il conviendrait de se demander bien davantage « ce que nous faisons de notre jugement ». Quelle attitude en déduisons-nous ? Saurons-nous toujours demeurer empathiques ?

Publié dans éthique

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