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ethique

Traçabilité ou tracabilité ?

Publié le par Patrick Succingeas et Bernard Pradines

Rendant visite à une personne âgée hospitalisée, j’eus la surprise de lire une note de service faisant état de « tracabilité ». Ce lapsus calami m’a interpellé. Je me suis demandé si un fond de vérité se cachait derrière cette coquille dont Sigmund nous aurait sûrement proposé quelque hypothèse.

Le mot « traçabilité » est en effet une des dernières coqueluches de nos notes administratives : mieux connaître nos pratiques et pouvoir en répondre. Bien.

Toutefois, arrêtons-nous quelques instants pour contempler l’évolution des concepts de soins : le mot « humanisation » est insidieusement remplacé par « évaluation » devenu le seul audible.  La traçabilité serait censée permettre la reconnaissance de nos professions, voire le maintien des ratios de personnels. En oubliant que cette traçabilité pourrait soutenir - à défaut de prouver- la nécessité d’augmenter ce ratio ou d’augmenter les ETP (équivalents temps plein) alloués... Qui voudra bien me démontrer que ceci est faux ?

La création d’outils d’évaluation en tous genres permettrait une standardisation souhaitable des pratiques. Sans nier leur intérêt, il faudra prouver que tout peut être mesuré, quantifié, maîtrisé, planifié. Le tout aboutissant à des scores, des formules et des algorithmes qui font la joie du logiciel Excel et de ses magnifiques graphiques ! A condition toutefois que quelqu’un prenne la peine de comprendre et d’interpréter les masses gigantesques de données ainsi accumulées. Et que cette éventuelle synthèse ne demeure pas secrète en servant seulement à "optimiser" les moyens, notion si souvent synonyme de réduction.

Il est loisible d’imaginer aussi que cette supervision est restituée aux soignants et aux usagers. Un rêve.

Les infirmières et les aides-soignantes contemplent longuement et régulièrement leur ordinateur. Les mauvaises langues disent qu’elles y échangent quelques micro-organismes sur le clavier. D’autres, plus négatives encore, nous disent qu’elles n’ont plus le temps de regarder leurs malades. Certains professionnels évaluent leur activité - au pifomètre – à deux tiers de "paperasse" pour un tiers de soins proprement dits. Qui écoute les résidents ? Qui répercute ce message des soignants ? Vouloir rassurer le public sera vain et contreproductif si la vérité est dissimulée.

Ne serait-on pas allé trop loin en voulant appliquer des techniques industrielles et commerciales à nos institutions soignantes ? Aurait-on oublié l’accompagnement humain qui serait désormais dévolu aux rares psychologues ? Nos formations scientifiques et techniques ne devraient-elles faire une plus large place au sens du soin, à l’éthique, à la relation au malade et aux autres membres de l’équipe soignante ?

 

Publié dans soignants, éthique

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Lutte contre le vieillissement. Une vaste escroquerie ?

Publié le par Papi

Rappel : GérontoLiberté aimerait mieux vous connaître pour mieux répondre à vos attentes : http://goo.gl/forms/3XYpKko8My

Lutte contre le vieillissement. Une vaste escroquerie ?

Un commentaire récent publié dans Gérontoliberté souligne que le rêve d’immortalité a toujours hanté les imaginations, et pas uniquement celles des poètes. La recherche médicale tient à se démarquer de ce rêve et précise que si elle tente de retarder le vieillissement, c’est qu’elle vise à maintenir la population en bon état de santé le plus longtemps possible.

Le Dr. S. Jay Olshansky, professeur de médecine et chercheur dans le centre d’études du vieillissement de Chicago regrette que dès qu’un texte scientifique touchant à son domaine arrive à parution, toute une industrie l’exploite pour promettre monts et merveilles. A partir de l’annonce d’une simple piste de recherche, la publicité entre en action : crèmes de beauté, Botox, suppléments diététiques, hormones, tout cela vendu souvent librement, parfois avec effets secondaires dangereux. Les revenus de cette industrie sont vertigineux : 190 milliards de dollars en 2013 aux Etats-Unis.

En conclusion, le Dr Olshansky suggère de revenir tout simplement aux prescriptions que ses confrères proposent depuis des décennies : une alimentation saine et de l’exercice. Achetez une bonne paire de chaussures de jogging ou de marche. Inutile de dépenser votre argent ailleurs.

Source :

Science (and Quacks) vs. the Aging Process

http://tinyurl.com/pzbwzs2

Publié dans éthique

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