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ethique

Faut-il juger les personnes âgées ?

Publié le par Bernard Pradines

Faut-il juger les personnes âgées ?

Ne pas juger ! Voici une recommandation constante de la doxa soignante. Un axiome affirmé dès l’enseignement initial, puis repris dans la littérature professionnelle et dans diverses formations.

Oui, nous voulons tourner la page des attitudes discriminatoires qui nous ont fait honte. Les mots inscrits au fronton de la République nous préservent-ils enfin de tout jugement négatif ? Gageons qu’un SDF est traité comme un ancien PDG, un vieil alcoolique comme une infirmière en retraite, le balayeur de la première immigration comme l’ancien directeur de votre hôpital, etc.

Soit.

Pourtant, est-il possible de considérer de manière égale d’une part celui qui a mené une vie exemplaire à nos yeux, d’autre part celui qui a délaissé sa famille ou maltraité son épouse, un autre qui a battu ses enfants ou encore celui qui en a abusé ? Bien sûr, la validité de notre information doit toujours être sujette à caution du fait des fréquents conflits dans les familles : qui nous rapporte quoi et pourquoi ? Il n’en reste pas moins que la vie de certaines personnes âgées peut nous inspirer des sentiments de rejet, voire de dégoût. Ici, l’absence de jugement signifierait le défaut de valeur de référence, ce qui est impossible.

Aussi, plutôt que de « ne pas juger », il conviendrait de se demander bien davantage « ce que nous faisons de notre jugement ». Quelle attitude en déduisons-nous ? Saurons-nous toujours demeurer empathiques ?

Publié dans éthique

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Diagnostic : acopia. Quesaquo ?

Publié le par Papi

Extraits d’un article publié dans The Royal Society of Medecine 1 avril 2008 vol. 101 No. 4 168-174 téléchargé sur http ://jrsm.rsmjournals.com/content/101/4/168.full?ijkey=ad0b615d1628b3d88e9be019226ee1a8798a1aa3&keytype2=tf_ipsecsha

Les diagnostics figurant dans les dossiers médicaux de certains patients âgés dans les hôpitaux britanniques et australiens peuvent laisser un non-initié perplexe. De quoi souffre un patient atteint d’acopia ? Ce terme ne figure dans aucune nomenclature de termes médicaux. Il a été fabriqué pour désigner les malades qui ne réagissent plus aux traitements.

Les implications sont particulièrement graves. La recherche d’un diagnostic, l’élaboration d’un traitement sont trop souvent remplacés par un « nihilisme thérapeutique ».

Une étude téléchargeable sur http://ageing.oxfordjournals.org/content/38/1/103.full publiée dans Oxford Journals Age and Ageing January 2009 a suivi les cas de malades atteints « d’acopia », de Janvier 2005 à Mars 2006 dans un hôpital britannique.

- Leur âge moyen était de 85 ans.

- 81.5% souffraient d’une ou de plusieurs pathologies : antécédent d’accident vasculaire cérébral, bronchopathie chronique obstructive, pathologies cardiaques, diabète, maladie de Parkinson, démence, dépression ou cancer.

- 22.2% des malades sont morts au cours de l’étude.

Ce taux de mortalité élevé donne à penser qu’il existe souvent une pathologie qui nécessite un traitement médical de toute urgence. Or d’autres études ont montré qu’un diagnostic «d’acopia » pouvait conduire le personnel médical à ne pas diagnostiquer une pathologie grave susceptible d’être soulagée et parfois guérie.

De nombreux gériatres protestent contre l’emploi du mot, et déplorent le contexte qui explique son succès : recherche systématique d’économies et de rentabilité dans le milieu hospitalier, ainsi que l’existence d’une hiérarchie dans la médecine où les soins que demandent les personnes âgées sont loin d’occuper les premières places.

Publié dans éthique

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