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Combien d’heures consacrer à des activités physiques pour rester en forme ?

Publié le par Louis Lacaze

Combien d’heures consacrer à des activités physiques pour rester en forme ?
Combien d’heures consacrer à des activités physiques pour rester en forme ?

S’appuyant sur de nombreux travaux, l’Organisation Mondiale de la Santé affirme que, pour conserver une bonne forme physique et consolider leur espérance de vie, les seniors doivent impérativement se livrer à 2 h 30 d’exercice physique de moyenne intensité par semaine : (indice MET 7,5 (MET heure/semaine). Certains pourraient juger cette recommandation trop exigeante et hésiter à franchir le pas. Les conclusions d’une étude récente pourraient raviver leur motivation.

 

Les auteurs ont cherché à savoir si la recommandation correspondait à une durée minimum ou optimale pour apporter un maximum de bénéfices. Ils ont suivi 661 137 sujets d’une moyenne d’âge de 62 ans pendant un temps moyen de 14 ans et enregistré 116 686 décès. 

 

L’effectif a été divisé en plusieurs groupes selon leur degré d’activité physique et les effets sur les risques de mortalité ont pu être mesurés. Le groupe de ceux qui ne pratiquaient aucune activité physique d’entretien a servi de référence. Ceux qui pratiquaient une ou des activités d’endurance d’intensité modérée mais n’atteignaient pas le niveau des recommandations diminuaient toutefois leur risque de mortalité de 20%. Le groupe qui respectait les recommandations et pouvait les multiplier jusqu’à 2 baissait son risque de 31%.   L'objectif idéal pour les bienfaits de l'exercice, se situe parmi ceux qui ont triplé le niveau d'exercice recommandé, s'entraînant modérément, principalement en marchant, pendant 450 minutes par semaine, ou un peu plus d'une heure par jour. Ces personnes étaient 39% moins susceptibles de mourir prématurément que les personnes qui ne faisaient jamais d'exercice. Multiplier les recommandations par 10 et atteignaient un indice de 75 MET h/s n'apportait aucun bénéfice supplémentaire en termes de mortalité.

 

Une   deuxième étude réalisée en Australie portant sur 204 542 âgés de 45 à 75 ans aboutit à des conclusions d’ensemble identiques et propose les mêmes recommandations : pour bénéficier d’un maximum d’espérance de vie, la quantité d’exercice recommandée doit être multipliée de 2 à 3 fois.

 

Les deux études reconnaissent qu’un gros effort reste à faire pour convaincre les populations de la nécessité de pratiquer une activité physique. Elles apportent une justification supplémentaire aux directives de l’OMS clairement motivées : les seniors doivent sérieusement pratiquer une activité physique d’entretien « afin d'améliorer leur endurance cardiorespiratoire, leur état musculaire et osseux, et de réduire le risque de maladies non transmissibles, de dépression et de détérioration de la fonction cognitive »

 

Pour y voir plus clair :

Le MET (Metabolic Equivalent of Task) mesure la dépense énergétique liée à une activité donnée. 1 Met/minute correspond à l’énergie dépensée par une personne assise en repos total, et correspond à une consommation de 3,5 millilitres d’oxygène par kg de la personne pendant une minute ou de 1 calorie par kg à la minute.  Une personne de 80 kg n’aura donc pas le même MET qu’une personne de 50 kg.

Si vous dépensez 5 MET vous dépenserez 5 fois plus d’énergie que si vous n’en dépensez qu’un.

Si vous dépensez 5 MET/heure vous dépenserez 60 fois plus d’énergie qu’avec une dépense de 5 MET/minute.

 

Quelques équivalences :

Si je marche 1 heure à 4 km/h je dépenserai 2,9 MET/h, 3,6 MET/h à 6 km/h, 8 MET/h pour une petite course (jogging) à 8 km/h de 1 heure.

 

Commentaires de Bernard Pradines : il est intéressant de constater le peu de bénéfice de l'exercice physique en termes de mortalité au-delà d'une activité "idéale". Dès lors, chacun peut voir où doit se porter l'effort : avant tout chez les personnes sans aucune activité physique. Chez les seniors français, ils seraient 63 % concernés.

 

Sources :

L'étude citée ci-dessus :

Et aussi :

Et pour comprendre l’indice MET et composer son menu en conséquence :

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Résultats surprenants d’une étude portant sur l'ensemble de la population âgée de 65 ans ou plus au Danemark.

Publié le par Bernard Pradines

Résultats surprenants d’une étude portant sur l'ensemble de la population âgée de 65 ans ou plus au Danemark.

De nombreuses publications font état d’un usage moindre des opioïdes chez les personnes âgées démentes. Aussi, les résultats ci-dessous doivent nous interpeller. La prévalence de l'usage des opioïdes a augmenté de 35 % (24,2 à 32,5 %) chez les personnes âgées atteintes de démence et de 13 % chez les non atteintes (14,9 à 16,8 %) entre 2000 et 2015. L'augmentation disproportionnée de la consommation d'opioïdes chez les personnes âgées atteintes de démence est principalement attribuable à une augmentation des opioïdes forts (démence : 11,7 à 23,1 % ; sans démence : 5,9 à 7,4 %). L'utilisation d'antipsychotiques a diminué au cours de la même période (démence : 31,3 à 19,3 % ; aucune démence : 4,5 à 2,7 %).

La diminution parallèle de l'utilisation des antipsychotiques peut suggérer que, dans une certaine mesure, les opioïdes ont remplacé les antipsychotiques dans la prise en charge des symptômes comportementaux, malgré les préoccupations en matière d'innocuité et le manque de preuves des effets des opioïdes. Les recherches futures devraient se concentrer sur les risques potentiels associés à l'usage accru d'opioïdes.

Commentaires personnels : le message de suspicion de douleur en cas de troubles comportementaux aurait-il été entendu au-delà de son objectif ? Encore faudrait-il pouvoir affirmer la présence d'une douleur à l’origine des troubles. Vaste difficulté. En tout cas, le fameux "test antalgique" doit toujours être questionné, tant les biais de son interprétation sont multiples. Si la médecine gériatrique était facile, cela se saurait ...

Source : Jensen-Dahm C, Christensen AN, Gasse C, Waldemar G. The Use of Opioids and Antipsychotics in Elderly with Dementia - Have Opioids Replaced Antipsychotics in Treating Behavioral Symptoms in Dementia? J Alzheimers Dis. 2019 Nov 18.

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