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medecin

Votre coiffeur peut vous servir d’instructeur

Publié le par Louis Lacaze

Dès l’arrivée des internes dans son service de gériatrie, le Dr Alex Smith[1] veille à les persuader de l’importance qu’on doit accorder à une première visite d’un malade. Indépendamment de la raison de la consultation, le but essentiel de cette première visite est de faire la connaissance du patient.

  Cet exercice ne devrait pas présenter de difficulté mais les internes ont été conditionnés pour rechercher d’abord le pourquoi de la consultation puis la solution à proposer. Toutefois la gériatrie et les soins palliatifs exigent une bonne qualité relationnelle avec le patient si la situation exige d’aborder un terrain de discussions difficiles.

Comment acquérir la bonne technique ? Tout simplement en s’inspirant de votre coiffeur.

1 - Oubliez que vous êtes médecin, devenez coiffeur

2 - Vous habitez dans le coin ?

3 - Etes-vous, avez-vous été marié ? Avez-vous des enfants ?

C’est cette curiosité qui va transformer l’inconnu, objet de l’examen, en être humain avec qui il sera possible de sympathiser en découvrant sa personnalité, sa culture, le milieu où il vit,  ses espoirs, ses craintes.  Les curieux convaincus éprouvent le besoin de chercher, de découvrir. Ils  vont naviguer au-delà de la médecine dans les eaux de l’art, de l’histoire, de la littérature.

Le Dr Smith a été fortement marqué par une publication du Dr Faith Fitzegerald[2] dans laquelle le Dr Fitzgerald insiste sur l’importance de la connaissance du patient.

Comment résister à l’envie de citer une anecdote de l’article ? Le docteur Fitzgerald  accompagné d’internes veut leur démontrer qu’il est toujours possible de chercher à mieux connaitre un patient.  Il demande à l’infirmière chef quel est le cas le plus préoccupant. Elle les conduit vers une vieille dame très fragile, qui vit dans la rue et répond aux questions principalement par monosyllabes.

- Avez-vous toujours vécu à San Francisco ?

- Non

- Où étiez-vous avant ?

- Irlande.

- Etes-vous déjà allée dans un hôpital ?

- Oui

- Pourquoi ?

- Bras  cassé

- Comment il s’est cassé ?

- Une malle de cabine est tombée

- Où était la malle ?

- Sur le bateau

- Pourquoi la malle est tombée ?

- Le bateau a eu une secousse.

- Pourquoi ?

 Il a tapé dans un iceberg.

 Comment s’appelait le bateau ?

- Le Titanic.

Inutile de préciser que la dame a immédiatement été l’objet d’un intérêt général dans l’hôpital et auprès des journalistes et de la télévision.

 

[1] Dr Alex Smith Doctors to be a little more like cab drivers

As it's early in the year, we usually like to post about some advice for trainees, particularly fellows that are new to our geriatrics and palliative care services.

This year, let's focus on the goal of the first visit.  Regardless of the reason for consult, a primary goal of the first visit should always be "Get to Know the Patient."

 

[2] Dr Faith Fitzgerald  On being a doctor  Curiosity

5 January 1999 Annals of Internal Medicine Volume 130 Number 1

About 15 years ago, when I was dean of students at the University of California, Davis, School f Medicine, of Medicine, yet another of the periodic paroxysms of “holism” in medicine occurred. Several importunate politicians called to tell me that, in their opinion—which presumably reflected that of their constituents—medical students, by selection or by their isolation by the medical curriculum, were insensitive, mechanistic, technocratic, inhumane brutes.

 

Publié dans médecin

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Moins de médecins généralistes signifie moins d’années d’espérance de vie

Publié le par Louis Lacaze

Moins de médecins généralistes signifie moins d’années d’espérance de vie

Une étude publiée par le journal médical JAMA a cherché à vérifier s’il existait une corrélation entre le nombre de médecins généralistes et l’espérance de vie des populations. Leur nombre est certes passé aux USA de 196 014 en 2005 à 204 419 en 2015 mais leur densité a chuté de 46,6 pour 100 000 habitants à 41,4 de 2005 à 2015 et affecte principalement les zones rurales.

 

Les médecins généralistes sont en première ligne dans les domaines de la prévention, du diagnostic et du traitement de nombreuses pathologies. Augmenter leur nombre de 10 pour 100 000 habitants ajoute 51,5 jours à l’espérance de vie de la population. La même augmentation diminue le nombre de décès par maladie cardiovasculaire de 30,4 par million. Celui de décès par cancer de 23,6 par million. Lorsque l’analyse porte sur les cas individuels, l’espérance de vie augmente de 114,2 jours pour les populations qui bénéficient pendant 10 ans d’une augmentation de 10 généralistes supplémentaires pour 100 000 habitants.

 

Cette baisse du nombre de médecins généralistes a des effets non négligeables sur la population américaine. Elle doit nous alerter sur les dangers qui accompagnent la désertification qui est loin d’affecter chez nous uniquement les zones rurales. La recherche de solutions est plus que jamais d’actualité.

 

Référence :

Publié dans médecin, prévention

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