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Il est grand temps de ne plus parler de productivité en médecine

Publié le par Louis Lacaze

Il est grand temps de ne plus parler de productivité en médecine

D’après le dictionnaire Larousse, la productivité est le rapport entre le résultat d'une activité productive (biens et services) et les facteurs de production que l'on a utilisés pour parvenir à cette production.

 

En médecine, pour Robert Centor, la productivité suppose que les patients sont considérés comme des unités de production. Or, ce sont des individus qui attendent de nous un diagnostic, de la prévention, un traitement et si possible une durée de vie plus longue et de bonne qualité. Pour bon nombre d’administrateurs, se montrer « productif » suppose un nombre élevé d’heures de présence et des consultations à un rythme accéléré, quels que soient les besoins du patient.

 

Combien de patients peut-on recevoir par jour en leur apportant des soins de qualité, sans prendre le risque de commettre des erreurs de diagnostic, de les désorienter ? La réponse se trouve dans la question : « Pourquoi ? »

Pourquoi avons-nous choisi d’exercer cette profession ? Pour faire notre maximum pour soulager nos patients, ce qui implique un temps de consultation adapté à chacun d’eux. Nous ne produisons rien, nous leur consacrons toute notre attention. Si le « pourquoi » devient flou, il devient très difficile de conserver son inspiration, sa motivation, en un mot tout son enthousiasme.

 

Sources :

 

 Robert Centor  

Publié dans soignants, médecin, respect

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 La médecine est-elle toujours un art ?

Publié le par Louis Lacaze

Hippocrate (Vème et IVème siècle av. JC) et James Salwitz, cancérologue.
Hippocrate (Vème et IVème siècle av. JC) et James Salwitz, cancérologue.

Hippocrate (Vème et IVème siècle av. JC) et James Salwitz, cancérologue.

Pendant des millénaires, les médecins ont dû prendre des décisions devant des situations complexes sans maîtriser l’ensemble des caractéristiques d’une maladie et ses complications possibles. L’examen ne pouvait se faire qu’à partir de l’observation sensorielle. Prendre la bonne décision réclamait une bonne sûreté de jugement, de l’expérience et relevait de l’art.

Cette époque est terminée.  Les médecins maîtrisent la physiologie, la biochimie, la pathologie. Ils explorent l’ensemble du corps du patient. Ils connaissent l’efficacité probable de chaque médicament, ainsi que ses effets secondaires éventuels. Pour chaque maladie, il existe un traitement optimal. Tout repose sur les travaux de recherche, la statistique, tout est contenu dans l’ordinateur.

Il n’y aurait donc plus de place pour l’intuition, les sentiments, la passion ? Question absurde. L’invention de la tronçonneuse n’a pas tué le métier de bûcheron pas plus que celle du micro-ondes n’a tué le cuisinier. Les progrès de la connaissance nous rendent meilleurs dans l’exercice de nos fonctions. Le médecin peut recueillir une masse d’informations qui rendent le diagnostic plus précis et permettent un traitement plus efficace. Tout comme le sculpteur qui n’hésite pas à attaquer un bloc de marbre au burin électrique pour réaliser une création, le médecin conserve ses capacités d’imagination créatrice, son habileté à transmettre un message. La médecine reste un art avec la technique à son service.

 

Source

Dr James Salwitz, cancérologue Medicine is No Longer an Art. Right? Science-based medicine still needs the human element at its core

 

Publié dans gériatrie, médecin

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