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politique

L’illusion de la maitrise

Publié le par Bernard Pradines

Mon corps est à moi. Je décide seul de ce que je veux en toutes circonstances. Ces adages traduisent l’émergence de l’individu comme entité principale de nos sociétés. Avec comme avantage le respect de l’individu dans de nombreux aspects autrefois sous le pouvoir de la collectivité. Respect de l’orientation sexuelle, interdiction de la torture et abolition de la peine de mort ne sont pas les moindres avancées dans ces domaines.

De là à ignorer les limites permettant la vie en société, il n’y a qu’un pas qui peut être vite franchi au mépris de la Déclaration des droits et des devoirs de l’homme et du citoyen du 22 août 1795 : « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits ».

Le débat actuel sur la vaccination anti-Covid-19 comporte des aspects qui se rattachent à ces bornes. Plus généralement, la dépendance à autrui est un impératif constant qui est indépassable bien que devenue de plus en plus insupportable pour les chantres de la liberté individuelle à tout prix. 

Pour en arriver à cette couronne de fleurs qui fera sourire bien des professionnels qui ont accompagné nos semblables jusqu’au bout de leur vie.

L’illusion de la maitrise

Publié dans Covid-19, politique

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Idéologie quand tu nous tiens !

Publié le par Bernard Pradines

Image issue de : https://www.lefigaro.fr/medias/scandale-orpea-le-livre-les-fossoyeurs-deja-reimprime-sept-fois-20220202

Image issue de : https://www.lefigaro.fr/medias/scandale-orpea-le-livre-les-fossoyeurs-deja-reimprime-sept-fois-20220202

Le nouveau scandale exposé par le livre « les Fossoyeurs »[1] n’est jamais qu’une énième péripétie d’un long chemin de croix constellé de révélations plus choquantes les unes que les autres. Elles se sont accumulées et multipliées depuis la dernière décade.

Incapables d’avoir pris correctement le virage du quasi tout domicile en famille de la première moitié du vingtième siècle vers la vie solitaire majoritaire à domicile ou collective en établissement, nous entendons le concert des pleureuses entonnant à nouveau le chant éploré de la culpabilité. Un tel accuse l’âgisme, l’autre l’indifférence à autrui ou l’abandon des anciens. D’autres, plus perspicaces quant aux mécanismes délétères, pointent la rentabilité ou pire, le profit réalisé sur le dos des personnes âgées vulnérables. Le constat est accablant : personnels sous-payés en nombre insuffisant fuyant une profession sinistrée, forcés à des glissements de tâches, à une mobilité incessante et surtout à porter le poids accablant du travail mal fait donc la contrainte sur les résidents pour aller plus vite en besogne. Des familles mécontentes revendiquent depuis longtemps une participation formelle aux établissements qui leur est refusée, par exemple par l’absence de « conseil de la vie sociale » pourtant inscrit noir sur blanc dans la loi[2]. Pire, d’autres familles sont indifférentes à la gestion de services dont elles se plaignent pourtant de la cherté, comme on le serait vis-à-vis d’un supermarché où seul nous importe le montant des étiquettes ! Des dispositifs tels que celui de la « personne qualifiée » censée faire valoir les droits des personnes hébergées sont confidentiels voire boudés et même ignorés[3]. La peur de leur saisine par crainte de rétorsion sur son parent âgé fera souvent le reste.

Se pose désormais la question de savoir s'il est acceptable, même du seul point de vue moral, que l'on puisse faire des profits plus ou moins mirifiques aux dépens des personnes âgées captives dans tous les sens du terme. Mieux, l'accompagnement du grand âge ne devrait-il pas être toujours non lucratif et sérieusement contrôlé selon des critères stricts définis par la loi et effectués par des organismes indépendants ?

Quand les idéologies du libre marché et du consumérisme se rencontrent dans le domaine humain, tout est à craindre ; nous y sommes ! C’est donc à un sursaut de citoyenneté, de démocratie participative et d’exigence de non-profit auquel nous devons procéder sans attendre.


[1] « Les Fossoyeurs, révélations sur le système qui maltraite non aînés » (Fayard, 400 pages, 22,90 euros) de Victor Castanet.

[2] Articles 10 à 12 de la LOI n° 2002-2 du 2 janvier 2002 rénovant l'action sociale et médico-sociale.

[3]  Arrêté de nomination d’une personne qualifiée en juin 2020 : « toute personne prise en charge par un établissement ou service social ou médico-social, ou son représentant légal, peut faire appel à une personne qualifiée, en vue de l’aider à faire valoir ses droits ».

Décret n° 2005-1367 du 2 novembre 2005 portant modifications de certaines dispositions du code de l'action sociale et des familles (partie réglementaire) relatives au conseil de la vie sociale et aux autres formes de participation institués à l'article L. 311-6 du code de l'action sociale et des familles.

Cet article est paru le mercredi 9 février 2022 sur le site d'AgeVillagepro

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