Overblog Tous les blogs Top blogs Beauté, Santé & Remise en forme Tous les blogs Beauté, Santé & Remise en forme
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

soignants

Soins de Longue Durée. Quelques réflexions de Barbara, infirmière (1/2)

Publié le par Barbara Acello, Louis lacaze et Bernard Pradines

Soins de Longue  Durée. Quelques réflexions de Barbara, infirmière (1/2)

Une initiative inédite : nous donnons directement la parole pour deux articles à une infirmière américaine passionnée par la gériatrie.

Écoutons-la :

« J’ai choisi de travailler dans le secteur de la gériatrie. A l’âge de 18 ans, élève infirmière,  j’ai travaillé comme aide-infirmière. Diplômée, j’ai travaillé aux urgences et en soins intensifs, puis j’ai coordonné des cours de formation continue pendant 10 ans avant de retrouver les soins de longue durée et d’y rester définitivement. J’ai occupé tous les postes du service à un moment ou à un autre.

Je dois dire que j’adore la gériatrie, c’est là que je veux travailler. Les défis à relever sont aussi importants que dans les services de soins intensifs, ils sont simplement différents.

Un soir, devant la télévision, j’ai fait la remarque suivante au sujet d’une personne âgée particulièrement démonstrative : « ce vieux est vraiment génial ». Mon mari m’a suggéré de surveiller mon vocabulaire parce que l'homme en question n’était guère plus âgé que moi. Je ne m’en étais pas rendu compte. J’avais réagi en infirmière exerçant en gériatrie.

Le président Kennedy a déclaré un jour : « Le temps et le monde bougent. Le changement est une loi de la vie. Ceux qui se contentent du passé ou du présent vont obligatoirement rater l’avenir ». C'est une leçon pour la gériatrie. Les soins de longue durée sont en train d’évoluer, nous devons nous adapter, et vite. Je développerai mon point de vue dans la deuxième partie. »

Source :

Traduction libre par Louis Lacaze du texte ci-dessous envoyé à Bernard Pradines par Barbara, infirmière américaine travaillant aux Etats-Unis.

Long-Term Care, Part 1

Geriatrics is my chosen field. I began working as a nurse aide in long-term care at age 18, when I was a nursing student. I worked in the emergency department and critical care units after graduation, then spent ten years as a continuing education coordinator for three community colleges. Eventually I returned to long-term care and stayed there. I have worked in every position in a long-term care facility at one time or other.

I simply love geriatrics, and nursing facilities are where I want to work. The challenge is equivalent to critical care as far as I’m concerned. It is just a different type of challenge.

One night we were watching a reality show on television. One particularly cantankerous cast member is called “Old Man” on the show. I said sincerely, “He really is a cute old man.” My husband reminded me that I should choose my words more carefully because I am only a few years younger than Old Man is. This had never occurred to me. I was thinking like a geriatric nurse.

John F. Kennedy, a former President of the United States said, “Time and the world do not stand still. Change is the law of life. Those who look only to the past or the present are certain to miss the future.” This is a lesson we need to learn in our industry. The face of long-term care is changing, and we must quickly shift gears. I will explain my perspective on this in part 2.

Partager cet article
Repost0

Traçabilité ou tracabilité ?

Publié le par Patrick Succingeas et Bernard Pradines

Rendant visite à une personne âgée hospitalisée, j’eus la surprise de lire une note de service faisant état de « tracabilité ». Ce lapsus calami m’a interpellé. Je me suis demandé si un fond de vérité se cachait derrière cette coquille dont Sigmund nous aurait sûrement proposé quelque hypothèse.

Le mot « traçabilité » est en effet une des dernières coqueluches de nos notes administratives : mieux connaître nos pratiques et pouvoir en répondre. Bien.

Toutefois, arrêtons-nous quelques instants pour contempler l’évolution des concepts de soins : le mot « humanisation » est insidieusement remplacé par « évaluation » devenu le seul audible.  La traçabilité serait censée permettre la reconnaissance de nos professions, voire le maintien des ratios de personnels. En oubliant que cette traçabilité pourrait soutenir - à défaut de prouver- la nécessité d’augmenter ce ratio ou d’augmenter les ETP (équivalents temps plein) alloués... Qui voudra bien me démontrer que ceci est faux ?

La création d’outils d’évaluation en tous genres permettrait une standardisation souhaitable des pratiques. Sans nier leur intérêt, il faudra prouver que tout peut être mesuré, quantifié, maîtrisé, planifié. Le tout aboutissant à des scores, des formules et des algorithmes qui font la joie du logiciel Excel et de ses magnifiques graphiques ! A condition toutefois que quelqu’un prenne la peine de comprendre et d’interpréter les masses gigantesques de données ainsi accumulées. Et que cette éventuelle synthèse ne demeure pas secrète en servant seulement à "optimiser" les moyens, notion si souvent synonyme de réduction.

Il est loisible d’imaginer aussi que cette supervision est restituée aux soignants et aux usagers. Un rêve.

Les infirmières et les aides-soignantes contemplent longuement et régulièrement leur ordinateur. Les mauvaises langues disent qu’elles y échangent quelques micro-organismes sur le clavier. D’autres, plus négatives encore, nous disent qu’elles n’ont plus le temps de regarder leurs malades. Certains professionnels évaluent leur activité - au pifomètre – à deux tiers de "paperasse" pour un tiers de soins proprement dits. Qui écoute les résidents ? Qui répercute ce message des soignants ? Vouloir rassurer le public sera vain et contreproductif si la vérité est dissimulée.

Ne serait-on pas allé trop loin en voulant appliquer des techniques industrielles et commerciales à nos institutions soignantes ? Aurait-on oublié l’accompagnement humain qui serait désormais dévolu aux rares psychologues ? Nos formations scientifiques et techniques ne devraient-elles faire une plus large place au sens du soin, à l’éthique, à la relation au malade et aux autres membres de l’équipe soignante ?

 

Publié dans soignants, éthique

Partager cet article
Repost0

<< < 10 20 30 40 50 60 70 80 81 82 83 84 85 > >>