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soins palliatifs

Prétendre savoir qu’un patient se sait proche de la fin, c’est se bercer d’illusions

Publié le par Louis Lacaze

Image issue du site : https://www.dyal.fr/boule-cristal-voyance/

Image issue du site : https://www.dyal.fr/boule-cristal-voyance/

Lorsqu’un médecin se trouve face à un patient atteint d’une pathologie létale, une interrogation est régulièrement présente : le médecin doit-il aborder le sujet et risquer de le plonger dans un monde terrifiant d’anxiété, de dépression ?

Son empathie le pousse spontanément à fournir une information susceptible de protéger le malade de la découverte, brutale et terrifiante de son état. On peut noter par ailleurs qu’informer le malade aura un effet positif sur le praticien : si son patient est apaisé, ce dernier sera moins affecté par son décès.

Une surprise est toujours possible. Sunita Puri, gériatre (1), évoque le cas d’une personne atteinte d’un cancer en phase terminale qui faisait constamment des projets : voyager en camping-car pendant six mois, ensuite assister au mariage d’un ami… Il n’évoquait jamais une interruption éventuelle de la chimiothérapie

Un jour, il fit remarquer à la médecin qu’elle avait l’air inquiète. Celle-ci répondit : « Votre état m’inquiète, vous perdez du poids, je vous trouve moins bien ».

  • « C’est parce que je vais mourir » répondit le patient, comme il aurait dit qu’il allait pleuvoir.
  • « Je suis navré, j’aurais dû vous en parler plus tôt, je pensais que vous n’étiez pas prêt »
  • « Prêt ? Comment être sûr qu’on est prêt ? Il ne s’agit pas de faire sa valise et de marcher vers l’arrêt de bus le plus proche ».

Le patient est décédé un mois plus tard.

Commentaires de Bernard Pradines. Pour « dire ou non la vérité », encore faudrait-il que le médecin connaisse vraiment le temps restant à vivre par le malade. Il s’agit d’un défi croissant avec l’amélioration des techniques de soins, pas seulement curatifs mais aussi ceux qui sont qualifiés de soins de support et de soins palliatifs. Une panoplie qui s’améliore en s’intéressant au patient au-delà de sa maladie. Autant dire que l’oncologie est peut-être encore la spécialité où le pronostic vital dans sa durée est le moins incertain. Mais que penser des personnes souffrant de polypathologies, des démences, du grand âge et même des insuffisances d’organes qui nous surprennent par leur imprévisibilité sous cet aspect ? Tout au plus peut-on évoquer des moyennes de survie issues des données recueillies lors des études dédiées.

Source :

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L’engouement pour la mort assistée (23) : les causes des euthanasies, illégales avant 2024

Publié le par Bernard Pradines

Source : https://www.doctissimo.fr/html/dossiers/euthanasie.htm

Source : https://www.doctissimo.fr/html/dossiers/euthanasie.htm

Difficile, voire impossible par définition, de trouver des données relatives aux facteurs qui contribuent aux euthanasies humaines, illégales jusqu’à présent dans notre pays. Même en Belgique, pays les ayant légalisées en 2002, cette problématique persiste.

Je me fonderai donc seulement sur des témoignages entendus ici ou là dans le monde médical qui est le mien.

La demande du patient ou de sa famille constitue le premier motif afin d’en finir avec une situation jugée insupportable. Difficile toutefois, dans ces cas, d’apprécier l’impossibilité de procurer un soulagement de la douleur et des autres symptômes pénibles de la fin de vie.

Cette même incapacité à soulager peut trouver son origine dans des facteurs isolés ou imbriqués :

-l’absence de formation des soignants, médecins ou non, en soins palliatifs. Longtemps, nos pratiques soignantes en fin de vie demeurèrent sommaires, voire ne concernaient pas forcément les médecins. La réputation de simplement « tenir la main » servait trop souvent d’alibi pour un désengagement au profit des « malades qui en valent la peine ».

-l’absence de disponibilité des soignants du fait du caractère réputé « chronophage » de l’accompagnement en fin de vie.

-la volonté du patient de finir ses jours à domicile, revendication nettement majoritaire si l’on se fonde sur les enquêtes d’opinion, lieu où la disponibilité soignante et de certains dispositifs peut être rédhibitoire. Il en va de la difficulté voire l’impossibilité de mettre en œuvre une sédation profonde et continue maintenue jusqu’au décès dans ce cadre. Seuls des soignants formés et disponibles, très motivés, peuvent assurer une telle prestation, surtout si l’environnement humain du patient est défaillant. Cette fin de vie devient alors rapidement « trop longue » pour une famille épuisée.

-la nécessité de « faire de la place » dans des établissements de soins de plus en plus contraints. Je retransmets intégralement l’ordre donné à une infirmière de nuit : « demain, je ne veux plus le voir ».

- une émotivité, une compassion, un isolement soignant, ont pu mener à franchir le Rubicon. Exemple : la tentation est grande si une infirmière travaillant de nuit, sans possibilité de recours, assiste sans prescription anticipée à une souffrance jugée insupportable.

Saurons-nous un jour sortir « par le haut » de cette exigence croissante d’accompagnement de qualité ? Sans recourir aux mesures radicales annoncées ?

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