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solitude

Jeux d’argent - des seniors vulnérables

Publié le par Louis Lacaze et Bernard Pradines

Jeux d’argent - des seniors vulnérables

Un groupe de chercheurs britanniques a voulu savoir s’il existait chez les seniors une corrélation entre l’addiction aux jeux d’argent et une éventuelle fragilité physique, une douleur chronique, la solitude ou un état dépressif.

 

 Ils ont pu interroger 595 seniors âgés de 65 à 94 ans dont l’âge moyen était de 74,4 ans. Ces derniers ont été soumis à des batteries de tests classiques visant à mesurer les niveaux de leurs éventuels handicaps et une possible corrélation avec leur participation aux jeux d’argent.

 

Les résultats de l’étude ont montré une nette addiction chez 16% des participants, de haut niveau chez 7.6% des sujets. La solitude peut être à elle seule inductrice de l’addiction aux jeux. Contrairement à l’hypothèse de départ la dépression isolément n’a pas eu d’effet observable. Les effets de la fragilité physique et de la douleur chronique, relativement modestes mais statistiquement significatifs, en sont responsables par le biais de la dépression et de l’anxiété (voir schéma ci-dessous). Ainsi, l’incapacité de gérer les troubles accompagnant le vieillissement, l’impossibilité de lutter efficacement contre l’isolement et la dépression peuvent provoquer un échappatoire  vers le jeu de hasard. Selon l’étude, cette évasion n’entraine pas d’effets inquiétants dans la grande majorité des cas. Dans ce contexte, elle apporte évasion, stimulation, excitation, un moyen d’échapper à la solitude et aux états dépressifs.

 

Sur un plan pratique, lutter contre cette addiction au jeu suppose une recherche des motivations profondes et des solutions de correction visant à créer un environnement rassurant et stimulant qui font défaut à ces personnes âgées.

 

Schéma (cliquer pour agrandir l'image ci-dessous) extrait de la publication publique et gratuite référencée ci-dessous.

Pour les non anglophones :

Pain : douleur

Frailty : fragilité

Loneliness : solitude

Gambling : jeu de hasard

Mécanismes aboutissant à l’addiction aux jeux de hasard évoqués par Parke et al en 2018.

Mécanismes aboutissant à l’addiction aux jeux de hasard évoqués par Parke et al en 2018.

Source

 

Parke A, Griffiths M, Pattinson J, Keatley D. Age-related physical and

psychological vulnerability as pathways to problem gambling in older adults. J Behav Addict. 2018 Mar 1;7(1):137-145.

 

Publication complète de Adrian Parke et al :

Age-related physical and psychological vulnerability as pathways to problem gambling in older adults

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Un sentiment de solitude peut avoir de graves répercussions sur la santé physique et mentale des seniors

Publié le par Louis Lacaze

Des études exposant les conséquences négatives de la solitude apparaissent régulièrement dans la presse médicale. Toutes soulignent la gravité du problème qui va en s’amplifiant avec l’allongement de l’espérance de vie. Le cercle des connaissances s’amenuise au fil des ans : les seniors assistent à trop d’enterrements, trop de départs, trop de maladies handicapantes.

Il est rappelé qu’isolement et solitude ne sont pas synonymes. Un senior peut très bien choisir de vivre seul et ne pas se sentir isolé. A l’inverse, vivre entouré de relations, être marié, ne protège pas automatiquement de la solitude. Conseiller à quelqu’un qui se sent seul de rencontrer d’autres personnes peut être une suggestion simpliste dans certains cas. Par ailleurs, à partir d’un certain âge, les seniors savent qu’ils se rapprochent de la fin de leur vie et fuient les relations superficielles pour ne s’intéresser qu’à celles qui ont un sens à leurs yeux.

La rigueur des statistiques confirme douloureusement l’impact négatif de la solitude sur la vie des seniors. Ils peuvent négliger des côtés élémentaires de leur vie quotidienne : médicaments à prendre, courses à faire, réfrigérateur à garnir, préparation des repas, toilette quotidienne.

Une étude récente de l'UCSF (University of California, San Francisco) qui a suivi 1604 participants d’âge moyen 71 ans a constaté qu’au bout de 6 ans près de 23% des seniors qui avaient déclaré se sentir isolés étaient morts, à comparer au chiffre de 14% pour les autres. Ce taux de mortalité élevé s’accompagne d’un risque accru de morbidités tels que des troubles cardiaques (Perissinotto et al, 2012) [1].

Wilson (Wilson et al, 2007) a pu aussi noter une corrélation entre le sentiment de solitude et un déficit cognitif accéléré sur une période de 4 ans progressant vers la démence  [2]. Donovan (Donovan et al, 2017) [3] retrouve ce risque à 12 ans.

Des expériences de lutte contre la solitude ont pu voir le jour aux Etats-Unis : se joindre à un groupe, une association, adopter un chien, rejoindre un groupe de personnes souffrant de solitude, expériences calquées sur les groupes d’alcooliques ou de drogués anonymes. L’analyse de ces initiatives n’a hélas pas révélé de résultats convaincants.

Sources :

[1] Perissinotto CM, Cenzer IS, Covinsky KE. Loneliness in Older Persons: A predictor of functional decline and death. Archives of internal medicine. 2012;172(14):1078-1083 :

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4383762/

[2] Wilson RS, Krueger KR, Arnold SE, Schneider JA, Kelly JF, Barnes LL, Tang Y,Bennett DA. Loneliness and risk of Alzheimer disease. Arch Gen Psychiatry. 2007 Feb;64(2):234-40.

 

[3] Donovan NJ, Wu Q, Rentz DM, Sperling RA, Marshall GA, Glymour MM. Loneliness, depression and cognitive function in older U.S. adults. Int J Geriatr Psychiatry. 2017 May;32(5):564-573.

 

Publié dans prévention, Alzheimer, solitude

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