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technologie

Faut-il avoir peur d’aimer les robots ?

Publié le par Louis Lacaze dit Papi

Faut-il avoir peur d’aimer les robots ?

La presse présente régulièrement les robots sous un jour sympathique avec toutefois une inquiétude, particulièrement lorsqu’ils occupent les fonctions d’un aidant auprès de personnes âgées, jouissent de la même considération et acceptent les conversations.

Serge Tisseron, psychanalyste, auteur de l’ouvrage « le jour où mon robot m’aimera, vers l’empathie artificielle », rappelle que cet attachement pour les objets n’a rien d’une tendance nouvelle. Nous pouvons nous retrouver sentimentalement attachés à un objet qui, aux yeux d’un proche, n’est qu’une vieillerie. Nous pouvons tomber amoureux d’un robot. Il simulera tellement bien que certains seront parfois persuadés qu’il existe des sentiments réciproques.

Est-il dangereux d’aimer les robots ?

Serge Tisseron nous met en garde. Nous risquons d’avoir envie de ne fréquenter que des personnes aussi peu contrariantes, aussi prévisibles et compréhensives que les robots et par conséquent nous couper de la vraie vie. Mais il voit aussi des aspects positifs à cet attachement sentimental. Le robot permettra de lutter contre la solitude, mal qui guette nombre de personnes âgées.

Pour Astrid Rosenthal-von der Pütten, chercheuse à l’université de Duisburg-Essen, le robot pourra aussi présenter un intérêt thérapeutique : employé à la rééducation d’un patient, il pourra apporter une certaine empathie qui permettra la création d’une complicité patient-soignant, gage d’efficacité.

Pour Serge Tisseron nous devons «placer non seulement l’humain, mais le collectif, au centre du développement des robots, et concevoir des machines qui ne soient des interfaces de communication avec soi-même que pour favoriser la communication avec les autres ».

Sources

Le jour où mon robot m’aimera (Albin Michel) par Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste

Des entretiens avec Serge Tisseron :

Serge Tisseron, «Avec les robots, certains risquent de perdre le goût de l’humain»

http://www.20minutes.fr/sciences/1686367-20150916-serge-tisseron-psychiatre-robots-certains-risquent-perdre-gout-humain

Le robot, l’homme, et son obscur désir pour l’objet

http://www.cuberevue.com/le-robot-lhomme-et-son-obscur-desir-pour-lobjet/2675

Voulons-nous des robots esclaves ou des robots miroirs ?

http://www.sergetisseron.com/blog/voulons-nous-des-robots-esclaves

et aussi :

Astrid Rosenthal-von der Pütten : nombreux travaux référencés sur Google.

Publié dans éthique, technologie

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Robotique et gériatrie : une tendance déshumanisante pourtant sérieusement envisagée.

Publié le par Papi

Robotique et gériatrie : une tendance déshumanisante pourtant sérieusement envisagée.

Le Dr Louise Aronson, professeur de gériatrie à l’Université de Californie, San Francisco trace un tableau sans complaisance des conditions de travail et de vie du personnel soignant et des aidants.

Respecter un emploi du temps est impossible. Si un patient se cramponne à votre main ou vous raconte pour la énième fois un épisode de sa vie, vous devrez attendre. Les soins sont pénibles, à la fois mentalement et physiquement, parfois dangereux. Vous êtes souvent pris vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept pour un salaire modeste ou pur bénévolat.

Pourquoi ne pas envisager l’utilisation de robots ?

Cela résoudrait les problèmes de recrutement de personnel, éviterait les risques de maltraitance. Le robot pourrait faire le ménage, la toilette de la personne, doser les médicaments et les distribuer au bon moment. Il pourrait faire la lecture à haute voix ou afficher le texte sur un écran.

De nombreux pays travaillent sur des projets de robots beaucoup plus évolués, compagnons et amis, susceptibles de dialoguer avec un humain. Au Japon des personnes atteintes de démence légère dialoguent avec Paro, un robot qui peut parler et écouter pendant des heures sans se lasser.

Certes il existe des problèmes éthiques à prendre en considération. Mais le patient qui sourit en s’adressant à son robot sourirait-il, enfermé dans sa solitude, heure après heure, jour après jour ?

Sources

Un article du New-York Times  http://www.nytimes.com/2014/07/20/opinion/sunday/the-future-of-robot-caregivers.html?emc=edit_tnt_20140719&nlid=67268624&tntemail0=y&_r=0

On peut aussi s’intéresser à un article de Télérama  N° 3365 du 09.07.2014 : Robot, as-tu du cœur ?

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