Overblog Tous les blogs Top blogs Beauté, Santé & Remise en forme Tous les blogs Beauté, Santé & Remise en forme
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Les torchons et les serviettes

Publié le par Pasquale

Les torchons et les serviettes

L'auteur de ces lignes, Pasquale, était infirmière et surveillante (cadre de santé).

Le non-mélange des couverts et des WC et douche n’est pas nouveau dans les établissements. Tout au long de ma carrière, ce sujet a été une réalité à quelques exceptions près.

En pédopsychiatrie par exemple. Là nous mangions avec les enfants, qui ne se gênaient pas pour mettre leurs mains parfois souillées dans nos assiettes. Nous nous servions des mêmes douches et des mêmes toilettes. Ce n’était pas le cas dans d’autres services de pédopsychiatrie. La différence entre cet hôpital et d’autres tenait à ce que le patron de l’époque (années 70) était un précurseur dans le soin aux enfants malades mentaux.

Alors qu’à l’hôpital psychiatrique, quelques infirmiers, par crainte de transmission de "on ne sait jamais,” faisaient couverts à part. Les mêmes avaient des attitudes à l’opposé lorsque nous partions plusieurs jours en gîte. Ces habitudes étaient quasi-inexistantes en secteur extra hospitalier (CATTP (1), dispensaire) : pas de couverts, ni de verres, ni de WC différents et pas de blouse non plus.

A la maison de retraite. Alors là quand je suis arrivée, c’était « les vieux, beurk ! Beurk ! Beurk ! ». Finalement, après plusieurs années, les comportements ont changé. En effet, j’avais organisé une restauration (volontaire) de tous les personnels à table avec les résidents. Là, pas question d’amener ses couverts. Au départ, il y a eu des réticences. Quand je suis partie, tous les personnels (IDE, AS et ASH) prenaient leurs repas avec nos anciens. Ceci ne faisait pas l’affaire de la direction et de mes collègues cadres de l’hôpital mais je m’en fichais royalement ! En ce qui concerne les WC, les réticences venaient du fait que nos vieux messieurs faisaient pipi sur la cuvette. Un fait ! Après discussion et renforcement du nettoyage de ces lieux, la course aux clefs du WC du personnel avait bien diminué.

Au fil du temps, j’ai pu remarquer que les rapports avec les malades ou résidents avec les personnels qui ne partageaient pas les couverts et les autres étaient différents. Ceux qui partageaient étaient beaucoup plus empathiques, plus proches, plus à l’écoute que les autres (du médecin à l’ASH). Les autres n’étaient pas pour autant de mauvais soignants mais la distance qu’ils mettaient entre eux et les malades en faisait des soignants plus “techniciens”. Les premiers n’hésitaient pas à mettre la “blouse ou la tenue “ de côté alors que les seconds n’envisageaient même pas de sortir en ville sans.

On ne mélange pas les torchons avec les serviettes est l’expression qui me vient immédiatement.

(1) CATTP : (Centre d’Accueil Thérapeutique à Temps Partiel)

Publié dans respect, résidents

Partager cet article
Repost0

Mourir après l’heure ? Doit-on retarder la mort ?

Publié le par Papi

Mourir après l’heure ? Doit-on retarder la mort ?

Daniel Callahan, haut responsable d’organismes de santé aux Etats-Unis a commenté le projet de recherche de Google visant à prolonger (presque) indéfiniment notre espérance de vie. Voici résumé l’essentiel de son article.

L’allongement de notre espérance de vie moyenne s’explique surtout par la diminution de la mortalité infantile. Certes la recherche sur la réparation des gènes défectueux, l’échange standard de certains organes peuvent déboucher sur des applications pratiques, mais il ne faut pas espérer d’avancées aussi marquantes que celles du siècle dernier.

On doit noter que si la médecine moderne maintient en vie les personnes âgées atteintes de maladies chroniques le coût est élevé pour la société. 10% de la population américaine consomme 80% des dépenses de santé, affectées principalement aux maladies chroniques et aux soins de fin de vie. Il est historiquement démontré que, plus on vieillit, plus les coûts des soins explosent. Cette progression pourra-t-elle se prolonger à l’infini ?

Il ne faut pas se leurrer : le ralentissement du vieillissement ne va pas venir contrecarrer cette progression des dépenses. Le corps humain n’a pas été conçu sans défauts, il n’a pas non plus été conçu pour durer indéfiniment.

Par ailleurs, une prolongation importante de la durée de vie est-elle souhaitable ? Qui paierait les retraites, les soins médicaux ? Quand les jeunes pourraient-ils entrer sur le marché du travail ? Les personnes âgées sont censées apporter la sagesse, mais en avons-nous la preuve dans notre société ?

Contentons-nous d’espérer que les progrès de la science permettront aux jeunes de devenir vieux. Rien ne nous oblige à permettre aux vieux de durer indéfiniment, tout au contraire nous avons l’obligation de permettre à la mort d’entrer en scène.

La publication de cet article a déclenché un certain nombre de réactions parmi les gériatres américains. En voici un résumé :

La recherche médicale ne promet pas l’immortalité et ne cherche pas à prolonger la vie des personnes malades. En retardant le vieillissement elle retardera l’apparition de maladies chroniques coûteuses à soigner. La vie active sera prolongée. Les pensions de retraite étant versées plus tard le coût sera supportable.

Une médecine axée sur la prévention diminuera fortement le coût des maladies chroniques. Elle doit être encouragée. Ce sera une grande révolution dans les années à venir, on ne doit pas la craindre mais l’encourager, une population âgée en bonne santé est un atout précieux pour la société.

Sources

http://www.nytimes.com/2013/12/01/opinion/sunday/on-dying-after-your-time.html?emc=edit_tnt_20131130&tntemail0=y&_r=0

Daniel Callahan est le président émérite du "Hastings Center" et co-directeur du "Yale-Hastings Program in Ethics and Health Policy".

Voir aussi sur ce site l’article du Time http://free.geriatrics.overblog.com/2013/10/google-supprimera-t-il-la-mort.html

Partager cet article
Repost0