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Le cri d’un responsable d’établissement et services à domicile

Publié le par Bernard Pradines

Image issue du site : https://www.cipecma-ambassadeurs.com/2018/05/22/conseils-agence-dinterim/

Image issue du site : https://www.cipecma-ambassadeurs.com/2018/05/22/conseils-agence-dinterim/

Je me permets d’attirer l’attention sur les établissements et services à domicile pour personnes âgées, difficultés liées à l’intérim des professions paramédicales :

-        Impossibilité de recruter dans les établissements donc une dépendance de plus en plus importante à l’intérim.

-        Absences fréquentes et récurrentes des intérimaires en dernière minute, souvent sans prévenir, faisant peser sur les équipes en poste à la fois l’angoisse de se demander sans cesse quel intérimaire ne sera pas là; de plus, c'est extrêmement coûteux en termes de charge de travail à la fois administrative, de réorganisation et de surcharge de dernière minute. La qualité de vie au travail s’en trouve absolument dégradée pour nos équipes de titulaires qui sont sans cesse pénalisées par le fait que des soignants sont mieux payés qu’eux et libérés de toutes les contraintes, d’où injustice et colère, désengagement et perte de confiance.

-        Tarifs incroyablement élevés donc budget extrêmement conséquent à la fois pour les établissements et pour les soins financés par l’Agence Régionale de Santé (ARS), y compris la gestion administrative. Ce sont des tarifs de luxe pour un service qui est loin de s’approcher de celui du luxe.

-        Au lieu de constater une amélioration de qualité correspondant à la hausse de budget, c’est tout le contraire : nous assistons à la dégradation de la qualité de vie du résident et de la qualité de vie au travail des personnels soignants titulaires, mieux à un démarchage des titulaires par des intérimaires.

-        Impossibilité d’appliquer le droit du travail : les établissements ne peuvent pas recruter en contrat à durée indéterminée (CDI) sur leurs postes vacants et sont contraints d’y placer des intérimaires.

-        Trop d’événements indésirables sont rapportés du fait d'un personnel aux qualités professionnelles insuffisantes, voire douteuses : règles de base non respectées, plaintes de résidents quant aux comportements inadaptés, manque d’investissement de l’aveu même de beaucoup d’intérimaires : « je ne serai pas là demain donc je m’en fous »… 

-        Nombre d’intérimaires n’effectuent que très partiellement la charge de travail pour laquelle ils sont en contrat : 3 toilettes sur la matinée, ne finissent pas leurs couchers. Il en résulte un report de travail sur les titulaires.

-        Sentiment de dévalorisation du personnel titulaire qui voit des personnes mieux rémunérées que lui travailler mal sans conséquences alors que les établissements demandent aux titulaires de la qualité.

-        Sentiment d’injustice car les primes aux titulaires seront limitées en conséquence d’une explosion de budget liée à l’intérim.

-        Cercle vicieux : à force de constater des interventions d’intérimaires très discutables, les personnels titulaires quittent leur CDI pour aller faire de l’intérim avec un meilleur salaire et aucune responsabilité.

Commentaires de Bernard Pradines : cette situation est comparable à celle des médecins « mercenaires » dans les établissements de soins. C’est ici plus spécifiquement l’attractivité des métiers des soins aux personnes âgées qui est en cause. L’amélioration des salaires et des conditions de vie au travail est un préalable indispensable à la limitation de l’intérim, voire à son extinction.

Publié dans EHPAD, accueil, actualité, domicile

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Les assistantes sociales, actrices essentielles des soins palliatifs

Publié le par Louis Lacaze

Les assistantes sociales, actrices essentielles des soins palliatifs
Cicely Saunders

Cicely Saunders

Elisabeth Kübler-Ross

Elisabeth Kübler-Ross

Exaspérée de ne pas pouvoir accéder aux patients hospitalisés, lasse de se heurter à la hiérarchie des chefs de service, Sicily Sonners, assistante sociale américaine, a entrepris des études de médecine qui lui ont permis de s’imposer et de démontrer que l’apport de ses compétences pouvait améliorer la prise en charge des patients, en particulier dans le domaine des soins palliatifs. Depuis, si la situation a évolué dans les hôpitaux, l’assistante sociale doit parfois encore convaincre les différents services de son utilité et, une fois entrée, glisser le pied dans la porte pour empêcher sa fermeture.

Une assistante sociale intégrée dans l’équipe médicale va chercher à collaborer avec celle-ci. Ses qualités d’écoute lui ont permis de bien connaître le patient, ses intérêts, son milieu, ses moyens financiers, sa famille. Est-il en mesure de suivre les prescriptions ? Une équipe médicale qui n’aurait pas accès à ces éléments perdrait en efficacité. Il ne viendrait pas à l’idée de beaucoup d’assistantes sociales de se représenter comme spécialistes des soins palliatifs alors qu’elles remplissent constamment cette fonction.

Commentaires de Bernard Pradines. Intéressant de constater ici le caractère indispensable de devenir médecin pour se faire entendre. C’est aussi la trajectoire de la légendaire fondatrice du mouvement des soins palliatifs Cicely Saunders, initialement infirmière. Sans oublier Elisabeth Kübler-Ross qui se porta au secours des patients bien avant de devenir médecin.

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