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Un coach a-t-il sa place dans le domaine de la santé

Publié le par Louis Lacaze

Image issue de : https://www.allbusiness.com/build-a-coaching-business

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Devant l’explosion de programmes de coaching pouvant coûter 21 000$ les animateurs de Geripal ont voulu y voir plus clair. Les invités, deux professeurs de gériatrie et un interniste, reconvertis à plein temps ou à temps partiel en coaching, vont faire le point.

Tout d’abord les participants soulignent que la thérapie et le coaching occupent deux domaines différents. La thérapie établit un diagnostic et propose un traitement. En coaching la question est : que voulez-vous faire et comment puis-je vous aider à le faire ? La frontière entre thérapie et coaching est perméable ; des personnes, les médecins en particulier, qui n’auraient pas eu recours à une thérapie accepteront de la suivre si elle est suggérée par un coach.

Le coaching suppose que la personne connait les réponses et que vous êtes seulement là pour l’aider à les découvrir et lui donner la confiance nécessaire pour tracer son propre chemin. Cela semble simple et facile, mais la plupart des gens ne savent pas où ils veulent aller. Ils ne savent pas comment y arriver. Ils n’y ont pas réfléchi, ils ne se sont pas donnés du temps et ils n’ont pas vraiment examiné quels seront les obstacles.

Une formation de coaching standard peut se résumer ainsi : six séances de coaching individuelles d’une durée de six heures. Le client examinera différents domaines de sa vie et les notera de un à dix. Comment le coach peut-il l’amener à atteindre dix ? Souvent les gens pensent que les obstacles sont des circonstances externes mais ils sont souvent liés à la façon dont le client les perçoit. Au cours de la première séance, le coach peut être amené à tendre la perche. Au cours des cinq séances suivantes le client sait sur quoi il veut être coaché. Ce qui est très important et qui exige beaucoup de pratique malgré une apparente simplicité c’est de lui laisser un espace lui permettant de trouver ses propres réponses et de lui poser les questions qui lui permettront de les découvrir. On peut suivre des séances de coaching en individuel ou en groupe où les participants peuvent sympathiser, faire preuve de compassion et d’empathie envers eux-mêmes quand ils voient les mêmes problèmes surgir chez les participants. Les coachs invités par Geripal visent aussi bien les stagiaires que les professeurs de médecine et donnent la priorité aux femmes d’origine non-caucasienne, les plus vulnérables au burnout.

Il est recommandé de suivre une formation pour acquérir les compétences de coach. La Formation Internationale de Coaching (ICF) propose trois niveaux d’accréditation différents, 150 heures d’enseignement, des tests, des stages. Parallèlement Il y a beaucoup de gens qui n’ont jamais reçu aucune formation, et certains peuvent être dangereux.

La recherche d’un coach peut passer par la vérification de ses qualifications, une période d’essai, la qualité du contact, le bouche à oreille. L’investissement sera-t-il rentable ? Des tests validés ont montré que si tout ne fonctionnait pas parfaitement, les résultats étaient dans l’ensemble positifs. C’est aux divers clients qu’il faut poser la question. Petit détail : les PDG de tous les mastodontes du Stock Exchange ont un coach.

Commentaires de Bernard Pradines. Le coaching m’apparait comme la mise en pratique de la « psychologie positive » promue par Martin Seligman en 1998.  Il ne comporte pas que des avantages. Ainsi, il peut être onéreux, rendre dépendant, être de qualité variable, nécessiter du temps, mettre en exergue la performance, fixer des objectifs, être peu discret si employé par votre direction… Surtout, il risque de nous rendre responsable de la situation dans laquelle nous nous trouvons. Pourtant nous ne l’avons pas toujours choisie, celle-là ! "Les PDG de tous les mastodontes du Stock Exchange ont un coach." Oui, mais ont-ils de vrais amis ?

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La rage silencieuse des aidants

Publié le par Louis Lacaze

Image issue de : https://www.boisseron.fr/evenement/rage-daidants/

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Les membres des familles apportant des soins médicaux plus de vingt heures par semaine à une personne de leur entourage se comptent par millions, victimes d’un stress sans répit. Le prix est lourd : anxiété, dépression, diabète, arthrose, affections cardiaques, pression artérielle trop élevée, surpoids. Le stress est énorme et continuel ; les prévisions pour le lendemain sont impossibles, les contacts avec les amis et relations terminés, on se réveille un matin en constatant qu’on a cessé d’être une épouse.

Allison Lindauer, neurologue, déclare qu’après avoir échangé avec  plus de 4000 aidantes au cours de ses fonctions, elle n’en a pas rencontré une seule qui n’a pas exprimé un sentiment de colère. L’image de l’aidante généreuse, aimante, dévouée n’est qu’un mythe. Sous la colère « se trouve un puits profond de tristesse » dû à la frustration de constater que la valeur de votre travail n’est reconnue par personne dans la société. L’exprimer est rendu plus difficile par un sentiment de culpabilité, de honte à déclarer « non, je ne me sens pas valorisée par ce que je fais ; non, je n’ai pas choisi cette vie ».

Pour évacuer le stress et la colère, pratiquer un exercice physique est suggéré : marcher, courir, pratiquer des exercices de respiration, s’isoler et crier. Rencontrer des personnes aux problèmes identiques apporte un soulagement notable mais suppose le contrôle du sentiment de culpabilité plus vif que celui des participants des groupes de fumeurs ou d’alcooliques.

Commentaires de Bernard Pradines. Des associations comme France Alzheimer sont aidantes car attentives aux besoins et désirs des proches aidants. Sans parler bien sûr des services d’aide à domicile. Il s’agit d’un nouveau défi pour nos sociétés qui espèrent une prestation à la mesure de leurs attentes. Des tendances lourdes sont à l’origine de cette situation : allongement de la durée de la vie, augmentation des pathologies chroniques, démographie du grand âge, évolution trop discrète du rapport EVSI forte/EV (espérance de vie sans handicap/espérance de vie) dans notre pays [1], dispersion de la famille, salarisation massive des proches aidants dans la production et la consommation, allongement de la durée du travail en fin de carrière compromettant le dévouement des jeunes retraités, défaut de compétence technique des proches aidants du fait de l’augmentation des demandes de soins, défaut de transfert des charges vers la collectivité. Tout un programme.

 

Commentaires de Marie-Christine Montandon. Il est important de mettre en exergue la solitude de ces aidants, notamment des conjoints qui assurent l'accompagnement 24h/24h. Ceux-ci n'ont que très peu de moments de répit. Si l'aide à la toilette est assurée par un professionnel, celui-ci souvent s'en va vers d'autres horizons au bout de 30 minutes, même si le planning notifie une heure. Car parfois, cette personne doit effectuer la toilette suivante à une trentaine de kilomètres de distance.
Il y a la possibilité d'un accueil de jour pour les personnes atteintes de maladies neuro-évolutives, ce peut être une bulle de respiration mais la nuit, point de repos.
Certaines structures proposent également des séjours de répit mais souvent, ils deviennent la seule solution d'urgence pour affronter l'épuisement, la maladie, l'hospitalisation voire le décès de l'aidant.

Référence :

Catherine Pearson The New-York Times The Quiet Rage of Caregivers


[1] Pradines B. James Fries : où en est la compression de la morbidité ? NPG Neurologie - Psychiatrie - Gériatrie, 2024, https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1627483024000795

 

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