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Comment entretenir son équilibre sans trop d’effort physique

Publié le par Louis Lacaze

Les conclusions d’une récente étude publiée dans le British Medical Journal (BMJ) donnent à réfléchir : 20% d’une cohorte de 1700 adultes n’ont pas pu rester debout sur une jambe pendant au moins 10 secondes. Cette incapacité a été corrélée à un risque de mortalité multiplié par deux au cours de 10 années.

Cette perte de l’équilibre est responsable de chutes qui d’après l’OMS sont la deuxième cause de décès accidentels dans le monde, les plus de 60 ans représentant le plus grand nombre de victimes.

Échouer à ce test ne doit pas toutefois déclencher un sentiment de panique. Le corps possède de bonnes capacités d’adaptation ; d’autre part il n’est jamais trop tard pour faire de l’exercice, même par séances de courte durée. Cet article propose une série d’exercices ne demandant l’utilisation d’aucun matériel particulier. Ils peuvent être pratiqués chez soi à n’importe quel moment de la journée. A recommander impérativement à la victime d’une chute car celle-ci est un facteur prédictif de nouvelle chute.

Commentaire de Bernard Pradines. Si l’on se trouve dans une situation physique rendant précaire un exercice solitaire, il est possible de recourir à des professionnels de l’activité physique adaptée. Il s’agit d’une nouvelle profession dont l’émergence est progressive en France.

Le plus simple :

Comment entretenir son équilibre sans trop d’effort physique

On s’appuie sur le dossier de la chaise avec les deux mains, une seule, le bout des doigts, pas du tout, on ferme les yeux…

Comment entretenir son équilibre sans trop d’effort physique
Comment entretenir son équilibre sans trop d’effort physique

On peut se compliquer la vie : garder la position 5 secondes, recommencer 5 fois.

Comment entretenir son équilibre sans trop d’effort physique

Lever une jambe sur le côté tout en gardant le corps immobile et droit. Augmenter la difficulté en augmentant la durée et en lâchant la chaise.

Comment entretenir son équilibre sans trop d’effort physique

Les orteils d’un pied touchent le talon de l’autre pied :

Comment entretenir son équilibre sans trop d’effort physique

Même position mais on marche le long d’un mur pour s’appuyer au cas où… Faire 20 pas :

Comment entretenir son équilibre sans trop d’effort physique

Pour que vos chevilles ne vous laissent pas tomber dans les situations délicates. S’asseoir en avant de la chaise ; allonger les jambes, ramener les orteils vers vous, garder la position de 10 à 30 secondes, éloigner les orteils au maximum, répéter de 3 à 5 fois :

Comment entretenir son équilibre sans trop d’effort physique

Références :

Araujo CG, de Souza E Silva CG, Laukkanen JA, Fiatarone Singh M, Kunutsor SK, Myers J, Franca JF, Castro CL. Successful 10-second one-legged stance performance predicts survival in middle-aged and older individuals. Br J Sports Med. 2022 Sep;56(17):975-980

Malheureusement payant :

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Le pronostic vital et fonctionnel, une étape délicate

Publié le par Louis Lacaze

Le pronostic vital et fonctionnel, une étape délicate

Le pronostic qui vise à prévoir le cours d’une maladie voit souvent sa fonction élargie par le public qui cherche à connaitre l’espérance de vie d’un patient. Si un pronostic, tout comme les prévisions météorologiques, est par nature incertain, il reste incontournable dans la mesure où il intervient dans le choix du traitement. Si un adulte âgé a une espérance de vie d’un ou deux ans, vérifier l’absence de signes de risque de cancer du côlon par coloscopie ou envisager un traitement de l’ostéoporose semblent inutiles. Le risque d’effets secondaires peut être plus important que la possibilité d’éviter la maladie.

Des biais peuvent affecter le jugement clinique. Plus un médecin s’attache à son patient, plus il aura tendance à être optimiste dans l’estimation de son espérance de vie. D’un praticien à un autre, les estimations peuvent varier. Ces constatations ont conduit à l’élaboration de tables de risques à partir d’analyses rétrospectives, censées prédire la date du décès, le temps qui reste avant de ne plus pouvoir marcher et l’impossibilité d’effectuer les actes de la vie quotidienne (la dépendance dans le sens habituel du terme) :

https://eprognosis.ucsf.edu/calculators/

Si les prévisions de la mortalité sont présentées comme robustes, celles des deux autres items, fonctionnels, le sont moins. La mortalité est binaire : mort ou vivant. Définir la marche est plus flou : on peut n’utiliser un déambulateur qu’une partie de temps, se faire plus ou moins aider dans son quotidien pour des fonctions de base. Dans son ensemble, l’apport de ce logiciel est jugé positif par les cliniciens qui l’utilisent comme base de prise de décision.

Communiquer un pronostic au patient est toujours un exercice difficile. Parfois il aimerait le connaitre mais n’ose pas le demander. Ou bien il pense que le docteur n’en sait rien, pas davantage que quiconque. D’autres fois, aborder le sujet ouvre une porte en grand : « enfin on aborde la question !». Les deux-tiers d’un groupe de seniors de 65 ans et plus ont demandé s’ils avaient moins de cinq ans d’espérance de vie, non pour des raisons de décision médicale mais pour préparer leur décès sur d’autres plans : financier, religieux, familial. Plutôt que de s’intéresser à leur espérance de vie, certains s’inquiètent de la qualité de vie restante. Combien de temps pourront-ils rester indépendants, sortir, promener leurs petits-enfants, cuisiner leurs repas ?

Face à ces questions, le médecin pourrait se référer à la table des risques. « Votre santé est très fragile, vous êtes tombé plusieurs fois, une étude montre qu’il peut vous arriver de sérieuses complications. Voulez-vous qu’on en parle ? ». La qualité de la relation soignant-patient doit être préservée, le médecin évitant bien sûr d’être un oiseau de mauvais augure.

Commentaires de Bernard Pradines. Il convient de rester extrêmement prudent avec ce type d’outil qui semble plus approprié aux assurances-vie qu’à la possibilité de déterminer une attitude médicale précise, qui plus est annoncée au patient à coup d’algorithmes dont le résultat, plus ou moins fiable, pourrait avoir des conséquences des plus fâcheuses. J'ai simulé un patient habituel venant d’entrer en EHPAD ; la réponse donne 49% à 62% de probabilité de décès dans les six mois. Qu'en déduire ? Les variations de durée de vie d’un tel résident sont considérables car liées à de nombreux facteurs connus ou inconnus. Autant dire que l'on ne peut pas répondre à la question posée. En France, ce sont les hommes de plus de 85 ans qui constituent la population la plus à risque de suicide réussi. Que penser d’un pronostic incertain qui fixerait un horizon indépassable pour certains patients et leur entourage ?

Sources :

Lee AK, Diaz-Ramirez LG, Boscardin WJ, Smith AK, Lee SJ. A comprehensive prognostic tool for older adults: Predicting death, ADL disability, and walking disability simultaneously. J Am Geriatr Soc. 2022 Oct;70(10):2884-2894.

James Deardoff gériatre, chercheur universitaire, Alex Lee épidémiologiste, professeur de médecine, Sei Lee gériatre, spécialiste des soins palliatifs, invités de Geripal, podcast animé par Alex Smith MD et Eric Widera MD New Prognostic Models for Older Adults: Alex Lee, James Deardorff, Sei Lee

En français, dans la revue médicale suisse en 2012 (l'adresse du calculateur a changé, voir ci-dessus) : 

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