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depression

Plainte : l’éteindre ou l’entendre 

Publié le par Bernard Pradines

Image issue du site : http://www.soccermascouche.com/www/SiteWP/formuler-une-plainte/

Image issue du site : http://www.soccermascouche.com/www/SiteWP/formuler-une-plainte/

La pratique gériatrique nous apprend que la plainte des personnes âgées, surtout quand elle est répétitive, est mal vécue par leur entourage. C’est le cas des familles qui supportent mal des lamentations, des gémissements qui peuvent littéralement les hanter. D’autant plus que la plainte est ressentie comme un appel à l’aide que l’on ne peut pas satisfaire. C’est aussi le cas des soignant·e·s quand elle prend l’aspect d’une revendication permanente qui accroît la culpabilité et l’impuissance face à la souffrance, remet en cause les sentiments gratifiants d’utilité.

Dans ces conditions, tous les facteurs inducteurs potentiels d’inconfort doivent bien sûr être envisagés, qu’ils soient considérés comme organiques, psychopathologiques ou environnementaux : douleurs, dyspnée, nausées, dépression, troubles anxieux ou psychotiques, maltraitance.

Pourtant, la tentation d’éteindre la plainte est souvent prioritaire sur tout diagnostic étayé. Ainsi, toute anxiété pourra être rapidement et durablement traitée par des anxiolytiques, au premier rang desquels les benzodiazépines ou les molécules apparentées. Tout trouble d’allure psychotique et tout comportement agressif, même verbal, risque d’indiquer immédiatement la prescription d’un neuroleptique. Toute tristesse pourra relever d’un antidépresseur.

C’est malheureusement sans compter sur les nombreux effets secondaires des médicaments. Si ceux-ci demeurent souvent indispensables, leur prescription systématique doit être interrogée : à qui sont-ils destinés ? Au patient ou à son entourage ? Après tout, n’est-il pas normal de se plaindre de tout nouveau renoncement imposé par la maladie et par l’âge ? Faut-il éteindre systématiquement la plainte ? Ou vouloir l’entendre et y répondre par l’écoute qui permet d’élaborer un indispensable diagnostic ?

 

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Jeux d’argent - des seniors vulnérables

Publié le par Louis Lacaze et Bernard Pradines

Jeux d’argent - des seniors vulnérables

Un groupe de chercheurs britanniques a voulu savoir s’il existait chez les seniors une corrélation entre l’addiction aux jeux d’argent et une éventuelle fragilité physique, une douleur chronique, la solitude ou un état dépressif.

 

 Ils ont pu interroger 595 seniors âgés de 65 à 94 ans dont l’âge moyen était de 74,4 ans. Ces derniers ont été soumis à des batteries de tests classiques visant à mesurer les niveaux de leurs éventuels handicaps et une possible corrélation avec leur participation aux jeux d’argent.

 

Les résultats de l’étude ont montré une nette addiction chez 16% des participants, de haut niveau chez 7.6% des sujets. La solitude peut être à elle seule inductrice de l’addiction aux jeux. Contrairement à l’hypothèse de départ la dépression isolément n’a pas eu d’effet observable. Les effets de la fragilité physique et de la douleur chronique, relativement modestes mais statistiquement significatifs, en sont responsables par le biais de la dépression et de l’anxiété (voir schéma ci-dessous). Ainsi, l’incapacité de gérer les troubles accompagnant le vieillissement, l’impossibilité de lutter efficacement contre l’isolement et la dépression peuvent provoquer un échappatoire  vers le jeu de hasard. Selon l’étude, cette évasion n’entraine pas d’effets inquiétants dans la grande majorité des cas. Dans ce contexte, elle apporte évasion, stimulation, excitation, un moyen d’échapper à la solitude et aux états dépressifs.

 

Sur un plan pratique, lutter contre cette addiction au jeu suppose une recherche des motivations profondes et des solutions de correction visant à créer un environnement rassurant et stimulant qui font défaut à ces personnes âgées.

 

Schéma (cliquer pour agrandir l'image ci-dessous) extrait de la publication publique et gratuite référencée ci-dessous.

Pour les non anglophones :

Pain : douleur

Frailty : fragilité

Loneliness : solitude

Gambling : jeu de hasard

Mécanismes aboutissant à l’addiction aux jeux de hasard évoqués par Parke et al en 2018.

Mécanismes aboutissant à l’addiction aux jeux de hasard évoqués par Parke et al en 2018.

Source

 

Parke A, Griffiths M, Pattinson J, Keatley D. Age-related physical and

psychological vulnerability as pathways to problem gambling in older adults. J Behav Addict. 2018 Mar 1;7(1):137-145.

 

Publication complète de Adrian Parke et al :

Age-related physical and psychological vulnerability as pathways to problem gambling in older adults

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