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depression

Santé mentale : comment établir le contact avec les seniors

Publié le par Louis Lacaze

Santé mentale : comment établir le contact avec les seniors

Si les états dépressifs entraînent une grande part des suicides chez les seniors, ils sont difficiles à détecter et à traiter. Le senior lui-même n’a souvent pas conscience d’être dépressif. S’il n’a pas le « moral », il pense que c’est dû à l’âge et qu’il doit en accepter les  conséquences.

 

 En parler à un médecin provoque de solides réticences. Ce serait aborder le problème de la santé mentale, dégradant aux yeux de l’intéressé aussi bien que de ceux des personnes qu’il côtoie,  ressasser les clichés périmés du psychiatre qui vous écoute patiemment raconter votre vie pour ensuite vous bourrer de drogues. Rencontrer un/une psychologue  – ou, pire, un/une psychiatre – reviendrait à se reconnaître malade mental, d’où l’échec des expériences menées avec l’installation d’un spécialiste dans des établissements d’accueil de seniors où il restait enfermé la journée dans son bureau et ne rencontrait pratiquement personne.

 

Les programmes actuellement recommandés visent à intégrer au maximum un personnel médical qualifié-  le/la psychologue - dans le quotidien des seniors, au moment des repas, pendant les activités proposées. Un climat de confiance peut s’établir qui permettra de détecter plus facilement  les cas préoccupants, de faire accepter une rencontre avec un médecin.

 

L’intégration totale d’un/d’une psychologue dans le service des soignants représente certes une charge de travail supplémentaire. Pourtant  il est dans l’intérêt de tous d’apporter aux résidents la meilleure qualité de soins possible ; les réticences devraient pouvoir être levées.

 

Commentaires de Bernard Pradines : Jo Anne Sirey nous parle des difficultés qu’elle rencontre pour que sa discipline ne soit pas redoutée. Ceci au bénéfice des personnes âgées et de leur entourage. Il est intéressant de constater que la problématique ne se pose pas souvent dans ces termes dans notre pays, la France. Ce sont bien davantage des difficultés budgétaires qui sont à l’origine de la pénurie de psychologues. Ceux-ci étaient absents de ma pratique en 1991. Ils sont devenus à juste titre indispensables dans le parcours de soins et l’accompagnement des personnes âgées.

 

Source

Jo Anne Sirey, Ph.D., Professor of Psychology, Weill Cornell Medical College, Dept. of Psychiatry

Reaching Older Adults We really need to work together—mental health and the aging service providers.” 

Older adults have a higher rate of suicide than the general population. The oldest old, the 85 and older, have the highest rate of all adults. I think one of the things that’s most important when we think about late-life suicide is understanding that depression is a major risk factor.

Le script de l'exposé ci-dessous est ici :

http://www.sprc.org/sites/default/files/spark-talk/JoAnne%20Sirey_transcript.pdf

Transcript of SPARK

Talks Speaker: Jo Anne Sirey, Ph.D., Professor of Psychology, Weill Cornell Medical College, Dept. of Psychiatry

 My name is Jo Anne Sirey. I am a professor at the Weil Cornell Medical College, Department of Psychiatry. And I do research and implementation projects to bring mental health services to community settings where older adults are seen.

Publié dans Alzheimer, aidants, dépression

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Plainte : l’éteindre ou l’entendre 

Publié le par Bernard Pradines

Image issue du site : http://www.soccermascouche.com/www/SiteWP/formuler-une-plainte/

Image issue du site : http://www.soccermascouche.com/www/SiteWP/formuler-une-plainte/

La pratique gériatrique nous apprend que la plainte des personnes âgées, surtout quand elle est répétitive, est mal vécue par leur entourage. C’est le cas des familles qui supportent mal des lamentations, des gémissements qui peuvent littéralement les hanter. D’autant plus que la plainte est ressentie comme un appel à l’aide que l’on ne peut pas satisfaire. C’est aussi le cas des soignant·e·s quand elle prend l’aspect d’une revendication permanente qui accroît la culpabilité et l’impuissance face à la souffrance, remet en cause les sentiments gratifiants d’utilité.

Dans ces conditions, tous les facteurs inducteurs potentiels d’inconfort doivent bien sûr être envisagés, qu’ils soient considérés comme organiques, psychopathologiques ou environnementaux : douleurs, dyspnée, nausées, dépression, troubles anxieux ou psychotiques, maltraitance.

Pourtant, la tentation d’éteindre la plainte est souvent prioritaire sur tout diagnostic étayé. Ainsi, toute anxiété pourra être rapidement et durablement traitée par des anxiolytiques, au premier rang desquels les benzodiazépines ou les molécules apparentées. Tout trouble d’allure psychotique et tout comportement agressif, même verbal, risque d’indiquer immédiatement la prescription d’un neuroleptique. Toute tristesse pourra relever d’un antidépresseur.

C’est malheureusement sans compter sur les nombreux effets secondaires des médicaments. Si ceux-ci demeurent souvent indispensables, leur prescription systématique doit être interrogée : à qui sont-ils destinés ? Au patient ou à son entourage ? Après tout, n’est-il pas normal de se plaindre de tout nouveau renoncement imposé par la maladie et par l’âge ? Faut-il éteindre systématiquement la plainte ? Ou vouloir l’entendre et y répondre par l’écoute qui permet d’élaborer un indispensable diagnostic ?

 

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