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Mourir sur ordonnance ou être accompagné jusqu’au bout ?

Publié le par Bernard Pradines

Sortie le 19 avril 2023 de l’ouvrage suivant :

Mourir sur ordonnance ou être accompagné jusqu’au bout ?

En France, la convention citoyenne s'est prononcée en faveur de la mise en place d'une « aide active à mourir », ouvrant la voie à une possible assistance médicale permettant d'abréger la vie de malades qui le demanderaient.

La mort, devenue taboue dans notre société, s'est médicalisée et sécularisée, positionnant ainsi les questions de la fin de vie au cœur des débats. Pourtant, c'est le « mal mourir » qui fait peur : seul, dans des souffrances physiques et psychiques non contrôlées, dans une agonie qui n'en finit pas…

Soins palliatifs, sédation profonde, euthanasie, limitation et arrêt des traitements… De quoi parle-t-on exactement ? Qu'est-il possible de faire aujourd'hui en France, quels sont les autres modèles ? Peut-on anticiper son décès, le choisir, le maîtriser ?

Dans cet ouvrage bouleversant, le Dr Lefebvre des Noëttes aborde les problématiques existentielles, éthiques, philosophiques, médicales et sociétales liées à la mort. En dépassant les clivages du « pour » ou « contre » l'euthanasie, elle ouvre en douceur la voie d'un accompagnement dans des conditions dignes, en maintenant les liens d'humanité jusqu'au bout.

Le docteur Véronique Lefebvre des Noëttes, spécialisée en psychiatrie du sujet âgé, est aussi docteur en philosophie pratique et éthique médicale. Elle accompagne depuis plus de trente-cinq ans, avec tendresse et passion, les patients d'un des plus grands hôpitaux de gériatrie de France. Elle a reçu le prix Littré-Paul Fleury 2020 pour son premier livre aux éditions du Rocher, Que faire face à Alzheimer ? et a également publié Vieillir n'est pas un crime (2021) et La force de la caresse (2022).

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Le chagrin tenace est reconnu comme une pathologie aux Etats-Unis

Publié le par Louis Lacaze

Le chagrin tenace est reconnu comme une pathologie aux Etats-Unis

Après plus de dix ans de réflexion, les psychiatres américains ont reconnu officiellement que les symptômes d’un chagrin tenace (prolonged grief) étaient distincts de ceux d’une dépression, pouvaient avoir des effets secondaires graves, et devaient faire l’objet d’un traitement médical. Les conséquences pratiques ont leur importance : les soins peuvent dorénavant être pris en charge financièrement par les organismes payeurs du pays.

La société a longtemps considéré que la souffrance d’un deuil prolongé était naturelle, illustrée par les veuves habillées de noir à vie, par les parents ayant perdu un enfant à qui, en guise de consolation, on peut déclarer qu’on ne se relève jamais de la mort d’un enfant.

Les chercheurs estiment que si la souffrance atteint un pic au bout de 6 mois avant de décroître, 4% des sujets ne connaissent pas cette évolution. Toutefois ils ont préféré retenir un délai de 1 an, les personnes touchées estimant que leur chagrin est toujours aussi vif 6 mois après la perte d’un être cher.

Le Dr Katherine Shear, professeur de psychiatrie, après avoir noté que les personnes concernées présentaient des symptômes plus proches du stress post-traumatique que de la dépression a élaboré à partir de cette constatation un programme de psychothérapie de 16 semaines qui conduit à des résultats positifs, supérieurs à ceux des traitements faisant appel aux antidépresseurs et autres thérapies antidépressives. Des surprises sont toujours possibles en ce domaine : un patient souffrant depuis des années peut subitement réagir de façon imprévisible, tirer un trait sur le passé et connaitre une nouvelle existence.

Commentaires de Bernard Pradines. Intéressante publication qui pose une fois de plus le problème de la définition des symptômes et des syndromes. Où se situent les frontières entre le deuil, le chagrin et la dépression ? Quand doit-on proposer un traitement médical médicamenteux en urgence ou en cas d’échec d’une psychothérapie de première intention ? Des débats qui sont parfois tranchés un peu vite, de manière péremptoire dans un ferme reproche à la médicalisation excessive. A l’inverse, la pression des compagnies pharmaceutiques est forte pour faire reconnaitre la nécessité de médicaments « pris en charge financièrement par les organismes payeurs du pays ». De plus, au-delà des critères établis par des groupes d’experts, l’analyse clinique au cas par cas, l’évaluation du risque des conséquences fâcheuses au premier rang desquelles le suicide, la qualité de la relation entre le médecin et la personne soignée, l’observance du patient, sont autant d’éléments qui sont à prendre en compte dans l’attitude thérapeutique proposée. Sans compter le rôle indispensable du médecin généraliste dans le dépistage du deuil pathologique et l’accompagnement de la souffrance des endeuillés.

Sources :

Ellen Barry The New-York Times How Long Should It Take to Grieve? Psychiatry Has Come Up With an Answer

After more than a decade of argument, psychiatry’s most powerful body in the United States added a new disorder this week to its diagnostic manual: prolonged grief. The decision marks an end to a long debate within the field of mental health

Pour aller plus loin

  1. Maciejewski PhD et al. JAMA An Empirical Examination of the Stage Theory of Grief

Context The stage theory of grief remains a widely accepted model of bereavement adjustment still taught in medical schools, espoused by physicians, and applied in diverse contexts. Nevertheless, the stage theory of grief has previously not been tested empirically.

Objective To examine the relative magnitudes and patterns of change over time post loss of 5 grief indicators for consistency with the stage theory of grief.

Et un texte du JIM nuançant fortement la publication de JAMA DSM : chronique d’une guerre prolongée

« On ne guérit d’une souffrance qu’à condition de l’éprouver pleinement » écrit Marcel Proust dans Albertine disparue. Voilà donc une manière bien française de faire que de considérer que les leçons de la littérature valent mieux que toutes les analyses cliniques et biologiques

 

 

 

 

 

 

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