L’interdit positif
La place des religions dans le débat public français relatif à la fin de la vie est certes contestée mais ne peut pas être occultée.
Aussi, un texte a particulièrement retenu mon attention, celui de la Fédération Protestante de France du 6 mai 2025 dont j’ai relevé l’extrait suivant :
"L’interdit du meurtre ne peut être réduit à une contrainte négative, il est à comprendre comme un commandement positif qui énonce l’impératif de prendre soin les uns des autres afin de s’entraider à vivre."
Cette phrase lourde de sens est précédée d’un paragraphe faisant état d’un débat à l’intérieur du protestantisme français où il est question de vieillesse, de dignité, de maitrise et de dépendance :
« Le document poursuit en évoquant les différentes sensibilités théologiques qui existent au sein de la Fédération protestante de France. Si ces dernières opposent parfois les protestants luthéro-réformés et les protestants évangéliques, force est de reconnaître que ces différences traversent aussi les luthéro-réformés et les évangéliques eux-mêmes. Pour les uns, les appréhensions liées à la vieillesse, la peur de connaître une situation de dépendance, de perdre la maîtrise de leur vie sont insupportables et font qu’ils sont d’avis que le choix du suicide assisté ou de l’euthanasie relève de la liberté et de l’autonomie de chaque personne qui fait son choix en toute lucidité et responsabilité. Pour les autres, réfractaires à un changement de la loi, la légalisation de l’assistance au suicide impliquerait la transgression de l’interdit biblique et social structurant « tu ne tueras pas » et contredirait le principe de la dignité intrinsèque et inviolable de toute personne humaine. Pour ces personnes une éthique de la vulnérabilité est essentielle à la vie aujourd’hui dans la société française. »
Référence :
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